Miloutinovitj, p. 25. — Andritj, p
y« LES PREMIERS VLADIKAS ÉLECTIFS.
pour faire tlécliir l’ardente animosité du reste du peuple. A tout instant les Monténégrins reprenaient les armes et harcelaient leurs ennemis. En 1604 ils refusaient déjà le tribut, battaient sur les rives de la Moratcha et renvoyaient blessé hors de leurs défilés Ali-Pacha, venu en personne pour les forcer à la soumission ‘.Cette victoire n'aboutit pas à les replacer dans la situation où ils s'étaient trouvésavant 1570, mais elle leur donna une existence politique moins précaire, et amena un accord dans lequel les Turcs leur reconnurent les mêmes privilèges qu’aux tribus quasi-indépendantes de l'Albanie, particulièrement auxMirdites.
Ils étaient dans cette situation, lorsqu'en 1607 ils furent visités par un agent vénitien nommé Mariano Bolizza, noble de Cattaro, qui parcourait toute la céte environnante avec une mission pour régler les frontières entre Venise et le Turc, et dont le rapport contient de curieux détails sur leur organisation à cette époque. Les villages de la Montagne-Noire étaient alors au nombre de quatre-vingt-dix, fournissant 8,027 combattants, dont mille arquebusiers. Le gouvernement intérieur du pays était tout à fait indépendant; le vladika marchait sur le môme rang que les pachas de l’ordre le plus élevé, et le gouvernadourou régentcivil était classé parmi les spahis, c’est-à-dire avec l’ancienne noblesse militaire ottomane. L'usage des armes à feu était encore très-peu répandu dans le Monténégro ; la plupart des ioumiks ou guerriers combattaient à cheval avec la