Audritj, p
lance, le khantljar et le bouclier; dans la défense des défilés, ils se servaient du petit nombre de mousquets qu’ils possédaient, d’arbalètes et surtout de quartiers de rochers qu’ils faisaient rouler sur la tète de leurs ennemis. L’exercice chevaleresque des tournois était en grande faveur parmi eux, ainsi que le jeu oriental du djérid ou javelot, pour lequel ils avaient cette passion que les cavaliers turcs ont encore aujourd'hui
Cinq ans après la visite de Bolizza, le tribut était de nouveau refusé et le Tsernogore en guerre avec les Turcs. Méhémet, pacha de Scutari, marcha contre les infatigables guerriers 5 la tête d’une puissante armée. Les Monténégrins l’attendaient à l’entrée du pays, au pied d’une montagne où le combat fut livré. L’issue en fut désastreuse pour les Ottomans, et 300 spahis, sans compter les gens de pied, trouvèrent la mort dans ce combat1 2 .
L’année suivante un nouveau gouverneur, Arslan- Pacha, vint avec 60,000 Turcs venger la défaite de son prédécesseur. Les Monténégrins, joints à quelques tribus voisines qui les appuyaient, n’avaient que 10,000
1. Le manuscrit original tle Mariano Bolizza existe à Venise, à la bibliothèque de Saint-Marc, où il figure dans la classe six:' me, sous le n° 170. Il se compose de 44 feuillets in-4° et est intitulé : Desrrizione <!el Sangiacnto di Scutari. Ce texte capital pour l'bistoiie de l'Albanie du Nord et des populations slaves immédiatement voisines, bien que souvent cité, était demeuré jusqu’à ce jour inédit. Nous le donnons dans son intégrité sous le n° VIII de nos Pièces justificatives. Par cette publication, nous croyons donner quelque prix à notre volume.