‹ Turenne en Alsace: Campagne de 1674-1675Chapitre 16 sur 41 · TROUPES A CHEVAL · texte numérisé non relu

TROUPES A CHEVAL

Dragons de la Garde.

Dragons Derflinger.

Dragons Bornsdorf.

Trabans de la Garde.

Régiment du corps.

Prince-Frédéric.

Anhalt.

Derflinger.

Hesse-Hombourg.

Gortzke.

Lûdeke.

Morner.

Printzer.

Brockdorff.

Croy (à 2 compagnies).

La liste que donne M. Tschamber (1) d'après les Archives bavaroises de Bamberg, comprend 13 régiments de cavalerie, plus les dragons et trabans de la Garde, au total 7.500 hommes; 9 d'infanterie, plus quelques détachements, au total 10.400 hommes; 2 régiments de dragons (1.320). L'effectif général s'élève à 19.226, auxquels s'ajoutent 2 régiments d'artillerie à 6(X) hommes environ chacun.

Le même auteur (2) indique une série de documents originaux qui, tous, donnent des chiffres supérieurs à ceux admis par M. de Kortzfleisch.

Ce dernier cite de nombreux témoignages de contemporains qui vantent la belle apparence, l'excellente tenue et l'équipement des Brandebôurgeois. C'est l'aumônier de Celle : Berkenmeyer, le chroniqueur strasbourgeois Walter, le Gotterboth Mercur, un officier français, rentrant de captivité, le comte de Bourlémont.

M, Tschamber reproduit quelques-unes de ces citations;

il y ajoute cependant une note moins admirative en signalant que beaucoup d'hommes étaient de nouvelles recrues dont l'instruction laissait à désirer. Il rappelle aussi l'opinion de Verjus, qui raille les Brandebourgeois, ainsi que leur chef, le maréchal Derflinger, et les accuse de commettre des déprédations dans leur propre pays.

Les deux auteurs ne manquent pas de signaler que le Grand Électeur recevait un large subside (200.000 thalers) des Provinces-Unies et de TEspagne.

M. Tschamber ajoute que s'il y eut du retard dans la mise sur pied des contingents brandebourgeois, la faute en incombe aux États contributeurs qui apportaient eux-mêmes du retard dans le paiement de leur quote-part. Si on se souvient que les traités conclus par le Grand Électeur avec la France en 1673, puis avec l'Empire et les Pays-Bas, l'année suivante, comportaient pour lui l'allocation d'un fort subside par ses alliés, on ne pourra manquer d'admirer l'ingéniosité d'un prince qui sut si bien allier le souci de ses intérêts matériels à celui de sa gloire. D'autres ont pu follement jeter l'or sur les chemins le long desquels ils moissonnaient les lauriers;' le Brandebourg, au contraire, réussit le plus souvent à faire de la guerre- une industrie lucrative.

Les troupes de Brandebourg étaient sous les ordres du vieux maréchal Derflinger, alors âgé de soixante-huit ans, qui comptait peu de sympathies autour de lui. Autrichien d'origine, d'extraction très modeste, la haute situation à laquelle il était parvenu excitait l'envie de son entourage, qui ne dissimulait pas ses sentiments. Il inspirait peu de confiance à la cour de l'Empereur.

La marche des Brandebourgeois à travers les pays allemands fut lente et tout d'abord indécise. L'Électeur était sollicité de se porter de divers côtés (1). Monterey, gouverneur des Pays-Bas espagnols et le comte de Souches l'appelaient dans les Flandres; les princes de Lunebourg.

(1) Voir Waddington, op. cit., t. II, p. 350.

le Palatin et la cour de Vienne réclamaient sa présence sur le Rhin moyen. C'était de ce côté que Frédéric-Guillaume se sentait attiré et qu'il se porta définitivement, mais la réunion de ses forces à celles des alliés ne devint effective que vers le 15 octobre, après l'occupation de Strasbourg.

La Bavière, le Wurtenxberg et le Hanovre restèrent fidèles à l'alliance française et refusèrent de fournir à la coalition le contingent qui leur était réclamé.

L'attitude des deux premiers de ces États inspira quelques inquiétudes à l'Empereur qui, on l'a vu plus haut, immobilisa un régiment (Bade) et 5 compagnies de dragons pour observer la frontière bavaroise.

Le Wurtemberg s'opposa au passage des forces saxonnes par les ponts de Lauffen, sur le Neckar. Cette hostilité se justifie lorsqu'on connaît les déprédations que les troupes impériales commirent sur le territoire wurtembergeois au début de la campagne.

Le Prince-Électeur de Mayence, contraint de laisser traverser ses États par les troupes alliées, mit peu d'empressement à accorder cette autorisation; il se conduisit avec assez d'adresse pour ne pas fournir de troupes sans encourir de représailles de la part des Impériaux.

Le landgrave de Hesse trouva également moyen de s'abstenir.

Enfin, révêque de Paderborn resta dévoué à la politique française et* s'efforça d'intervenir auprès des tièdes pour les maintenir dans la neutralité.

Aux États germaniques unis contre la France, s'était joint le duc de Lorraine. On a vu plus haut l'importance du contingent qu'il amenait. Les hommes qui le composaient étaient mal équipés, au dire de Persode de Maizery, notre envoyé à Francfort, mais « paraissent être de vieux soldats et fort zélés Lorrains ». Ils combattirent bravement partout où ils parurent et infligèrent à notre arrière-ban, un sanglant échec à Bénaménil. Mais le dévouement qu'ils marquaient à leur prince, n'impliquait pas nécessairement fidélité à la cause impériale. La preuve du contraire est

donnée par ce fait, qu'après Toccupation de Remiremont par les troupes de Turenne, la garnison lorraine de cette ville passa en partie dans nos rangs.

Leur chef, le duc Charles IV, voulait rentrer en possession d'États qu'il avait cependant cédés au roi de France (1). Il fut, dit M. de Kortzfleisch, le partisan déterminé de l'offensive dans le conseil des alliés, mais la considération dont il y jouissait fut insuffisante pour vaincre l'inertie des lourdes masses impériales. Il tomba malade à la fin de la campagne et se retira de la direction des opérations.

Si, après cette énumération des forces des divers contingents alliés, on cherche à déterminer l'effectif total de l'armée opposée à Turenne, on éprouve un véritable embarras. Laissant de côté le corps de réserve du margrave de Bade et ne tenant compte que des forces rassemblées en Alsace, on trouve les chiffres ci-après :

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