‹ Turenne en Alsace: Campagne de 1674-1675Chapitre 39 sur 41 · RETRAITE DES ENNEMIS · texte numérisé non relu

RETRAITE DES ENNEMIS

alliés et qui devait amener naturellement, plus tard, la capitale de TAlsace è prendre sa place dans le royaume de France.

A partir de ce moment, Turenne a terminé sa campagne, il donne les instructions nécessaires pour Tentrée des troupes dans les quartiers d'hiver, et laisse, selon les ordres du Roi, le commandement à son lieutenant Vaubrun.

Celui-ci eut la mission glorieuse d'enlever le dernier poste que les alliés eussent conservé en Alsace. Dachstein avait reçu une garnison de 1.000 à 1.200 hommes du régiment impérial de Knigge qui, avec le secours de 11 pièces de canon, auraient pu, derrière les remparts de ce vieux château, offrir à nos armes une résistance sérieuse.

Vaubrun s'avance contre eux le 25 janvier avec des bataillons de Champagne, La Marine, Turenne, Bretagne, Bandeville, Rouergue, Douglas et La Ferté (ces deux derniers venant de Philisbourg) et du canon. Il ouvrit la tranchée dans la nuit même, enleva les dehors le 26 et le 27, donna l'assaut à la ville le 28, y pénétra après une lutte sanglante et amena, enfin, le 29, le gouverneur Contarini à capituler sous promesse de liberté laissée aux officiers. 800 soldats tombèrent prisonniers entre nos mains. Contarini, Vénitien passé, jadis, au service de l'Empereur après avoir rendu aux Turcs la ville de Tenedo dont il était gouverneur, se tua quelque temps après, à la suite des reproches qu'il reçut du duc de Lorraine et du prince de Bade.

Turenne se mit en route, le 20 janvier, pour retourner à la cour; son voyage au travers la Lorraine et la Champagne, fut une longue suite d'ovations et le Roi l'accueillit comme méritait de l'être celui qui venait de rendre une seconde fois l'Alsace à la France.

Les opérations poursuivies dans le courant de 1675 forment la suite naturelle de celles qu'on vient d'étudier. Toutefois elles ont pour théâtre la rive droite du Rhin;

Turenne, qui les dirige au début, a pour adversaire l'illustre MontecuccoUi. Mais bientôt il trouve à Salzbacli une mort glorieuse et le commandement passe aux mains de ses lieutenants. Pour ces deux motifs, il n'a pas paru nécessaire de joindre le récit de ces opérations à celui de la campagne de 1674 en Alsace.

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