‹ TurgotChapitre 21 sur 79 · Histoire naturelle des Bœufs-tigres, avec figures · texte numérisé non relu

Histoire naturelle des Bœufs-tigres, avec figures

2. Turgot se moqua aussi des Sociétés d’Agriculture dont pourtant son maître et ami, Gournay, avait favorisé la création; sa fausse bibliothèque contient un Cours complet des découvertes île ces Sociétés. A cette époque, la Société d’Agriculture de Limoges était en décadence. (Voir à ce sujet Lal’arge, l’Agriculture du Limousin au xvnre siècle et l’intendance de Turgot).

3. Mirabeau ( l’Espion dévalisé) a imaginé un autre catalogue :

D’Angiviller, surintendant des Beaux-Arts et ami de Turgot, aurait fait mettre sur les portes du Cabinet de Louis XVI, en

Pour ces adversaires, Turgot ne fut qu'un politicien sans sincérité. 11 est ainsi représenté dans les Mannequins , pamphlet 1 écrit d’une plume alerte et dont Soulavie a attribué sans vraisemblance la paternité à Monsieur, frère de Louis XVI. « Togur, y lit-on, était un homme gauche, lourd, épais, né avec plus de rudesse

vue de le convertir aux idées nouvelles, des panneaux où il était question du Salut du pauvre peuple, de l'Impôt unique, de la Liberté indéfinie, etc... Mais ces panneaux auraient été mis trop haut et Louis XVI, qui avait la vue basse, n’aurait pu les lire.

i. Le texte donné par Soulavie est inexact et incomplet; il ne renferme pas un passage sur Louis XV qui ne permet pas d’admettre sa supposition à l’égard de Monsieur. Voici ce passage :

« La Perse venoit de perdre un bon roi ; c’était la meilleure pâte humaine que la nature eût pris plaisir à composer, mais elle ne s’était pas entendue avec les destinées, qui par une étrange méprise en avaient fait un roi. Sous son règne, les dissensions domestiques avaient été fréquentes et les guerres étrangères malheureuses; on avait beaucoup disputé sur la nature et la force des lois fondamentales de l’état que personne n’entendait, parce que les annales de la Perse olFraient peu d’uniformité dans sa constitution. Ce combat avait échauffé tous les esprits, une grippe politique s’était établie dans toutes les têtes, l’autorité était devenue violente et la soumission chagrine; le bon roi, au milieu de toutes ces convulsions, allait toujours son train, promenait ses ennuis, végétait dans son sérail, s’abandonnait aux savantes complaisances d’une sultane qui créait les désirs et nuançait les voluptés, payait 1 oisiveté de ses courtisans, l’insolence de ses ministres, et la bassesse de ses favoris; enfin, il était mort. »

que de caractère, plus d'entêtement que de fermeté, plus d’impétuosité que de tact, plus d inquiétudes que de vues, charlatan d’administration ainsi que de vertus, du reste sauvage par amour-propre, timide par orgueil, aussi étranger aux hommes qu il n avait jamais connus qu à la chose publique qu’il avait toujours mal devinée... » Ce pamphet fut distribué sous le manteau dans la dernière période du ministère de Turgot. Un an auparavant l’épithète de charlatan qui s’y trouve avait été mise dans un ouvrage plus sérieux, dans la Législation et le commerce des grains . de Necker, à la suite d’un passage qu’il était facile avec tant soit peu de malveillance, d’appliquer aux projets du Contrôleur général. Ce passage renferme une déclamation contre « le faux éclat de ces expédients hardis qui appartiennent encore plus à la confiance aveugle qu’au courage éclairé ». Necker, « l’homme aux enveloppes », ainsi que l’appela désormais Turgot, dit ensuite : (( 11 est des charlatans dans toutes les sciences et dans tous les projets1. »

Si l’on en croyait Morellet, Necker aurait eu

i. 3e parlie, p. Si, edition de 1770.

Scheli.e.

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