‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 101 sur 113 · Gui · texte numérisé non relu

Gui

Depuis que la hiérarchie druidique avait été abolie, on ne sait si la cérémonie du coup de gui a été encore répétée. Si effectivement elle était pratiquée par quelque portion des druides déguisés, la Gaule n'y participait plus comme autrefois ; la céré* monie n'avait plus tant de célébrité et avec la marche du temps, elle tomba en désuétude. Le christianisme, combattant les pratiques contraires à sa doctrine , n'avait pas besoin de disperser le peuple réuni sur un seul point dans des forêts ; il ne condamnait que quelques usages résultant de l'ancienne solennité du gui, qu'on observait le premier jour de janvier , comme jour de la nouvelle année (54). On voit que, s'il n'y avait plus de solennités centrales pour toute la Gaule, quelques usages s'étaient dispersés en particulier.

Malgré les anathèmes, le peuple n'a jamais consenti à renoncer à ces usages , ainsi que des souvenirs de la fête du gui se sont perpétués comme un divertissement innocent , jusqu'à nos jours, dans beaucoup d'endroits. Dans le Périgueux, les habitants de la campagne se visitent mutuellement au premier jour de l'année nouvelle en s'offrant le guiliangnaud ; les fermiers vont le porter à leurs propriétaires. A Château Landon et les villages environnant Fontainebleau , les enfants cueillent une baguette de coudrier ou de saule, ils en détachent l'éeoree à moitié et la recoquillent légèrement de manière à simuler un feuillage du gui ; ils vont ensuite de porte en porte faire hommage de cette baguette, qu'ils nomment gui la née^ en chantant en chœur une vieille chanson portant aussi le même nom, et en échange des souhaits qu'ils débitent, on leur donne des présents. En d'autres cantons , à Angers plus particulièrement , fa gui Van neuf, était une quête que les jeunes gens de l'un et de l'autre sexe firent jusqu'en 1395 dans les églises au milieu des extravagances les

(54) Indiculus 8uper8titionum,du concile de Leptine en 743, ne fait aucune aUusion au jour du gui.— Burchard de Worms (mort 1024), réunit dans sa collection quelques décrets et canons relatifs au jour de la nouvelle année. Est aliquis qui in cal. jan. aliquid fecerat quod a*paganis inventum est (Burch. interrogatio 50). Si quis calendas januarias ritu paganorum colère , vel alia quid plus novi facere, propter novuro annum aut mensas cum lapidibus vel epulis in domibus suis praeparare et per yicos et plateas cantatores et choros ducere praesuinpserit, anathema sit (Burch. , 10 , 16 , e decreto Zachariae papae cap., 2; 1(2, p. 193 c, 195 d).

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plus bonffones et les plas ridicules ; puis jusqu'en 1668 hors de relise. Elle fut supprimée au xyu!*" siècle, ayant donné lieu à de honteux désordres. Dans le Maine, le peuple courait la nuit de la veille de l'an , chantait et terminait par demander la gui de Pan neu. Aux environs de Chartres, on nomme encore aiguilabs, les présents que les parents et les amis se font au jour de Tan. Dans le pays de Vendôme, les enfants, les ouvriers et les domestiques disent i leurs parents et à leurs maîtres, aux personnes qu'ils servent : salut d Van neufs donnez-mot une gui Van neuf {55).

Puisque le souvenir de la fête du gui se perpétua tant de siècles , il est incontestable qu'anciennement tout ce qui se relatait à cette plante était plus répandu dans le peuple, et que cette plante jouissait d'une considération particulière dans certains cantons quiaimaientlesrémîniscencesdesayeux. Nous avons observé une branche du gui dans le coin des Gaulois Horins (pi. VI, 28.) Nous l'avons remarquée réapparaissant sept sièdes plus tard du temps des Mérovingiens sur un tiers de sol fabriqué par Dagnlf, dans un vie Donicia (pi. XII , âS), peut-être proche de l'ancienne Morinie ; on pourrait donc conclure que le peuple de Morinie , et dans tous les alentours , n'abandonna point ses pratiques touchant le gui, à l'époque où cette monnaie était forgée (vers 680).

Dans le même temps que Dagulf frappa son tiers de sol, à peu de distance des frontières de Morinie, sur le sol des anciens Atreba tes s'éleva un château, ou plutôt ce château fut reconstruit par Erchenvald, maire du palais de Neustrie, et par son frère Adelbald. Ce château avait ses châtelains et son enseigne. Une commune se forma près du château, et acquit les droits conmiunaax qui la mirent en possession du pouvoir que les châtelains avaient antérieurement, et l'enseigne de la chàtellenie devenait l'enseigne de la coounune. Ce château et cette commune s'appelaient Duacum, Douai, et les monuments aussi bien que les chartes postérieures prouvent que leur enseigne, l'enseigne douissienne portait une branche de gui identique avec celle des anciens Morins. Cette branche, empreinte sur des bâtiments, sur des sceaux, sur des vaisselles et sur toute sorte d'objets , marquant la bannière locale, fut aussi placée dans le coin de la monnaie doulsieniie

(55) Diction, pittor. d'hist naturelle, gui. — Dom Martin.

(pi. XII, 42) (56). Or, douze et treize cents ans postérieurement, réapparut sur le petit argent la même branche du gui morin ; un des coins gaulois réapparut dans son entier (57).

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