‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 100 sur 113 · Coin delà Lorraine et de cantons avoisinants · texte numérisé non relu

Coin delà Lorraine et de cantons avoisinants

Je ne sais que dire de la monnaie gauloise muette , ayant un symbole pareil au râteau champenois (5o) ; je ne sais si l'on pourrait conclure que ce râteau est d'origine gauloise , mais je vois que la monnaie de Lorraine , d'Alsace , et de Suisse , inspirée par des traditions populaires , reproduisit une foule de manières gauloises, connues parla monnaie gauloise de ces pays ou des cantons peu éloignés.

Le coin du moyen âge offre grand nombre de saints. Partout ce sont les images des saints, comme objet de vénération, comme patrons et protecteurs directs, tout- puissants. Le type de Metz, d'Ëpinal , de Rémii^mont , ne les représente que comme médiateurs entre le ciel et l'homme. Saint-Etienne s stephaicvs mbttis (1042-1115) (pi. XII, 85), s. STEPHAKVS SPINAL, saint-PioFre s. pb- T&ys nQMA&iGi y sont agenouillés, invoquant la protection divine (Si). On retrouve jusqu'aujourd'hui depuis Beauvais jusqu'à Trêves , le bronze gaulois offrant des figqres agenouillées dans l'attitude suppliante (pi. VI, 25 ; IX , âO, âl ) ; ces figures purent suggérer l'idée aux coins de Rémiremont , d'Ëpinal et de Metz , comme elles l'ont suggérée aux tiers de sols de Rubeaco(pl. XII, 22) du temps des Mérovingiens.

Les Médiomatriks seuls dans la Gaule antique , plaçaient sur leur cuivre un cavalier brandissant l'épée (pL YI , 42 ), il faut qu'en Lorraine , à Neufchàteau novi castri , à Mirecourt mvricoaT, à Nancy nancei, à SierkciRREs, reparut un cavalier à l'épée tout à fait identique ( pi. XII , 36) ; il est seulement couvert d'un bouclier selon la mode du siècle. Il est le même en Luxembourg henr ( 1226-1275 ) , â Namur marg (122^-1287 ) , dans le Brabant bastiiï ; â Liège , sur la monnaie de convention lOHAN . Dvx (1229-1238) et autres.

(5o) Mionnet, Conbrouse., 235.

(5i) De Saulcy, monnaies des évêqiics de Metz, Metz, 1833; siippl., 1835, 8^.

La tête bifrons de Janas(pl. VI, 6, 7, 57 ), devenue gauloise, se disséminant vers le haut Rhin par la circulation du numéraire , reparut à Zurich zv&ich ( pi. XII , 37) , où elle reçut une autre interprétation et représentait les tètes de saint-Félix et de sainte-Regule (52).

L'agnel de saint Jean-Baptiste , ailleurs regardant devant soi , prit une autre attitude à Strasburg, à saint-Gallen , à liége, dans le Brabant. Il y tourne sa tète, et regarde par derrière, rappelant Fattitude de ces quadrupèdes gaulois, qui sur tous les métaux , or , argent , cuivre , signalent les monnaies fréquentes dans les cantons de la Meuse etde la Moselle (53). Je pourrais disserter encore davantage sur Torigine gaulois de la pose des quadrupèdes regardant par derrière, si j'étais à même de déterminer la localité de certaines pièces du moyen-àge inobservées et empreintes de la physionomie gauloise.

Uours de Berne en Suisseï, rappelle Fours du bronze gaulois ^ d^autant plus qu'il a souvent une tète humaine superposée (pi. XD,S8), comme'en ont au«dessus des chevaux certaines pièces gauloises, qu'dn retrouve dans le sol des Trevères (pi. VI, %^). -

Je ne puis retrouver un bouc santon connu aux Helvètes, reproduit dans les monnaies de Suisse, comme il était dans des sceattas heptarchiques (pi. XII , 11). Peut-être qu'on avait horreur de le reproduire depuis qu'il était devenu animal possédé des sorcières.Cependantle coin du Goire en Suisse, a une chèvre.

Ces analogies peuvent paraître de la création d'un pur hasard,, mais lorsqu'elles se présentent en une grande quantité , lorsqu'on les rapproche à d'autres offrant plus de ressen^lance, résultant indubitablement de la reproduction des images celtiques , on ne peut se refuser à s'arrêter et à leur supposer la même origine celtique.

Parmi les quadrupèdes que le moyen. âge dressa dans les armoiries et dans le coin de la monnaie, le lion belge, à mon avis^ tire son origine du lion celtique des Véromanduins. Un jour , j'espère disserter sur cette supposition, et trouver des arguments assez forts en sa faveur.

(52) D. £. Beyschlag, Mûntzgesch. Angiburgs, nebst ûbrigen Alemannisch- Suevischen Lande, 1835, 8». — H. Meyer, die atteste Mûntzen Ton Zurich , Zurich,. 1840, 8°. — Hottinger.

(53) Cependant il faut observer qu*on voit Pagnel regardant par derrière, antérieurement, en Sicile et à Naptei .

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