Manque des espèces locales chez plusieurs peuples
Le développement du monnayage , la différence du coin et du métal furent certainement incités parla civilisation, notanmient par le commerce. Or, les plages des embouchures delà Garonne, de la Loire et de la Seine , et la partie centrale de la Gaule ,
noas laissent de nombreux monuments monétaires au type du char. Ne les cherchons pas, à cette époque , chez les Nerviens , qui évitaient le commerce pour préserver leur état sauvage de la corruption des peuples civilisés (172). La Belguique , c*est-à* dire les Bellovaks et les Atrébates , sont peut-être de ce côté les dernières limites du monnayage qui existait alors.
Yers le midi où tout le commerce se concentrait aux environs de l'Aude et du Rhône , le monnayage gaulois au type cruciforme , eut sa consistance , et a enfanté des monuments monétaires , que le temps n'a pas dévorés. Mais on s'explique difficilement pourquoi il ne s'en trouvait pas encore dans toute cette partie de la Gaule, si riche , si animée , si encline à la civilisation étrangère , partie traversée par le Rhône rapide. Les monnayeries commençaient à se multiplier dans les colonies massaliennes , et dans quelques endroits riverains plus rapprochés ; mais un peu plus haut, vers le centre , on ne retrouve encore aucun monument monétaire qui pourrait réclamer la contemporanéité avec ceux du type au char ou uniface : il n'y a pas de monnaie locale.
Aussi il n'y en a pas chez les Gaulois de la haute Italie , auxquels il suffisait de jouir de la circulation de la monnaie étrangère. Les colonies des compagnons de Bellovèse furent séparées par les Alpes du reste de leur race. Les colonies de Sigovèse , donnant l'impulsion au monnayage national , celui-ci passa directement vers le centre , sans toucher les Alpes, et- le monnayage étrusque n'était guère attrayant à l'imitation. Les Gaulois de l'Italie n'avaient donc pas de monnaie , et quand le monnayage étrusque et italique, changeait de système , ce qui pouvait être du goût des Gaulois, alors l'existence des Gaulois en Italie était déjà ébranlée.
Cette époque est encore plus obscure pour le monnayage des Arvemes riches en or, des Éduens et des Séquanais en litige entre eux, au sujet des droits qu ils imposaient sur les marchandises étrangères. Les Arvernes et les Éduens , peuples d'une grande prépondérance dans ja Keltique, partageaient anciennement les expéditions communes avec les Biturigs et les Camutes; ils établirent des colonies, ils devaient donc avoir leur propre numéraire, et le même coin que le centre de
(173) Caesar II, 4, 15, 16.