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Différente direction du symbolisme et des métaux

Je reviens aux Biturigs et aux Carnutes qui , selon toutes les traditions accréditées, avaient anciennement une prépondérance politique et religieuse sur la Celtique.

La prépondérance antique des Biturigs , certes , ne dura pas toujours , et céda à la force majeure de l'esprit d'indépendance des peuples gaulois , ou à l'empire éphémère de quelque autre état. Le type monétaire imposé par les Biturigs fut plus durable, et soutenu par l'influence religieuse du pays des Carnutes , il ne put fléchir aussitôt , cependant il ressentit quelque modification. L'enseigne du cheval et la tête mystique , restèrent comme

(16^) PenclaTO ici (es Santons, parce qu'on trouve des phitippes clanft le Saintoiige.

(i6ô) Nous ferons plus tacd des hypothèses sur les Senons.

(i66) Plin. XXXTV, 17.

(167) Voyea revue numism. , t. J, pi. II, 5. EfFectiTement la Cgure de ceUe petite bête ressemble au saucier d'Udecom, ohef des TouronaU. Voyez nospl. II, 30; 111,44.

réminiscence des anciennes relations , rrnnwp le eoin national engendré par rimitation , formé dans son adolescence, sous la direction do symbolisme. Ce symbolisme exerçait son influence partout, mais là ou le progrès de la civilisation avançait plus rapidement, fl fusait des ooncesskM» i Fart, qui Tadaptait à des formes pins natnrdks. Or, chei les Bitnrigs et dans le centre delà Gaule, la tète et le cbeval, même le cheval androeéphaie, nVilËrent rien de rebutant ; au contraire, ils ont une figure mieux fiiç«»née, qui peut prouver un progrès avanta^jenx ([ri. II, 2S, SO, M;in,S4-S8).

Le symbolisme imprime plus de bixarrerie, i^ns de monstruosité partout ailleurs où Fascendant rdigi«ix demeurait plus fort , où le préjugé était plus enraciné , où la Imniëre et la civilisation rencontraient plus d'obstades. L*Arm<Mik entière , depuis Fembouchure du Liger , jusqu'aux Moriniois , se trouvait dans ce cas. n est {dus que prdnMe que le cheval de la race originaire, y reprenait sur certains points , ses courses, avec sa vigueur naturdie (pi. n, M, 96, 18; oomp. pi. 111,89; IY,SS,40,5i;Yni, 19); mais ce lut assex tard , lorsque le potin armorikain et For bdg achevèrent leurs opérations symboliques.

Cette marche différente et contraire des pays maritimes avec le centre plus méridional , est encore évidente parla comparaison du gros argent des tétradrachmes ou didiachmes de F^Mique avec For. Celui-là étant plus répandu vers le midi, selon nos conjectures , est réellement moins symbolique. Aussi on y rencontre moins d'accessoires; surtout le cavalier en est privé (pi. ni, 10-1 1, 16). Les marques secondaires du gros a^ient, pea firéquentes, se réduisent en effet au Xoudre, à la roue, à Fépi près d'un cavalier ; à la lyre près d'un coursier, et eUes peuvent tirer leur origine du type macédonique. On compte encore parmi les marques secondaires du grosiirgent près du coursier et du cavalier, un serpent, une oéphalette humaine et un sangler. Aussi le coin du cavalier et du cheval qui appartient aux cantons rapprodiés des Cévennes , est peu symbolique (i68). Cette marche différente et contraire , en égard au symbolisme , dans les deux portions de la Keltique, se prolonge dans la période suivante , et se déclare d'une manière plus tranchante.

(i68) CoDbr. 54, 57 et 67 ; tnr les pièces en or ; — 124, 142, 156 el 1 15; pièces en aident.

Ail midi le seul coin des Volks est envahi par le symbolisme, ce qui ne dura qu'un siëde.

Ges variations du typese laissent expliquer par des dispositions, et opinions populaires qu'on jcroit deviner avoir prévalu dans diiSérentes parties de la Celtique : mais il est plus difficile d'expliquer pourquoi les monuments monétaires qu'on retrouve, ne nous «durent partout de juste balance entre les métaux.

Les Massaliens et les Ibères suivent im autre système monétaire ; ils n'ont que del'argentdrachmal ou des c^les^ encore très-peu de cuivre. Les Volks et les Tektosags semblent être d'accord quant à l'argent.

Les Belgs n'offrent que de l'or ; la péninsule armorikaine , presque exdusivemeait le potin.

Au centre, les monuments monétaires en or dont la fabrication peut être attrilniée à cette époque, reparaissent très -nombreux , et plus nombreux que ceux en argent.

Je conviens qu'il circulait beaucoup d'and^ines .pièces en argent , qu'on en fabriquait de nouvelles au coin du coursier ou du cavalier , mais je n'ai pas l'avantage de les connaître ; je sais que la circulation de la monnaie des Yolks et des Ibères pouvait contre-balançer l'or du septentrion , mais elle ne parvenait pas jusque dans TArmorik ou la Belguique , on n'en trouve pas la moindre trace. Enfin , il manquerait toujours du numéraire de moindre valeur , de billon , de potin , de cuivre.

L'Armorik du couchant étant rapprochée des mines d'étain , que les Bretons exploitaient dans leur péninsule de Bélérion , et dansles petitesiles adjacentes, en a retiré l'avantage. Une manquait pas de cuivre en Gaule (169); les Armorikains avaient beaucoup de plomb qui abondait dans toute la Celtique (170); et par le commerce direct dont la meilleure portion faisait profit aux Yenètes , ils recevaient des Bretons l'étain (171) : ils &i* saient donc un mélange de ces trois métaux : six parties de ouîvoe, deux de plomb et une d'étain composaient leur potin. C'était donc le billon delà monnaie gauloise dont la valeur .ne*dii!érait guère du cuivre; et il ne pouvait se placer au niveau de l'or, cependant il reçut l'empreinte de l'or. Comme dans l'histoire monétaire, on voit ordinairement que chaque métal a son {^qpreooin , on

(169) Pfin. XXX1V,2.

(170) Plni. XXXIV, 40.

(171) Arifiot. inisab. ausc. &1 ; Sirabo III, p. Iif6, 197; Ca»sar 11,34.

pourrait dire que la péninsule armorîkaine introduisit sur son potin le coin de Tor, par abus , et que dans les autres parties de la Gaule , il existait une quantité d'espèces inférieures à d'autres coins, que nous n'avons pas encore distinguées. A monjavis, bien que des découvertes très-importantes peuvent survenir, on ne retrouvera ni coin des espèces inférieures , ni ces espèces d'un type quelconque. Rien ne ùdi présumer leur existence et toutes les dates monétaires que l'histoire nous a conservées , que les monuments nous fourmillent, y sont contraires. En premier lieu, l'invention armorikaine du potin s'y of^se irréfragablement. L'Armorikain, imitant le monnayage de ses confrères, s'il avait connu chez eux des espèces inférieures et leur coin spécial, ne l'aurait-il pas suivi? par quel hasard aurait -il conçu l'idée de négliger un coin convenu à son métal, pour le décorer d'un autre. Mais il ne voyait que l'or et son coin , et forcé à changer le métal , soit à cause de la privation de métaux nobles , soit par suite du besoin de petite monnaie, il inventa le potin, sans créer un coin différent; il marqua son potin du coin de l'or.

Cette translation du coin ancien de l'or, a eu des conséquences remarquables dans l'histoire monétaire, car nous remarquerons que désormais le coin postérieur de l'or, sympathise plus avec le potin et le cuivre , qu'avec l'argent ; il se trouvait également plutôt sur ces métaux, que sur l'argent, pour lequel il semMe témoigner une certaine aversion.

Je ne puis nier qu'un autre coin antique au cavalier ou an coursier , coin spécial pour la monnaie blanche , ne remplisse les lacunes de la balance de cette époque , lorsqu'on l'étudiera mieux. Il n'a pas pénétré trop au nord , ainsi que le potin , et FArmorik entière ignore son existence : mais il existait , car on le connaissait incontestablement du temps de la création du monnayage , et il se montrait assez répandu, comme nous le verrons à la formation du nouvau type et à Tintroduction du coin romain, dépendant il ne pourra pas tout à fait remplir le vide qui se présente à nos observations.

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