‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 55 sur 113 · Jargon monétaire · texte numérisé non relu

Jargon monétaire

Le plus grand radoteur de la monnaie dans la Gaule et même dans toute ranllquité , est sans contredît , un fonctionnaire ou magistrat de Lixovio , bourg ou peuple. Sur sa monnaie de cuivre, qu'il frappait, il inscrivit: Ctsiambos Cattos vercabreto, simissos publkos Lixovio (pi. YII, 41, 42) (5i7.)

Si nous voulons nous instruire sérieusement , nous apprenons beaucoup de choses dans cette longue inscription.

D*abord , qu'il se servit du caractère latin et de la langue latine : mais son jargon suit quelques règles , et observe quelques désinences grammaticales , que n*ont remarquées ni Varron, ni aucun autre granmiairien de son siècle : ce sont des terminaisons et des formes grecques ou plutôt barbares , peut-être gauloises, mixtes, fantastiques.

Puis, nous devons notifier qu'il a nommé le lieu , où il a fabriqué la monnaie. Le nom de Lixovio , répond ou au peuple Lixovien (Lisieux), ou à la ville de Luxovium (Luxeuil). Dans le second cas , ce n'est pas le nom de Tétat entier des Séquanals. où avant Finvasion des Romains régnèrent, de longues années, Catamantaled et son fils Castlcus (5i8), mais de la ville , de la

pi. XXIX, 3, 4), e«t d*«utaiit plus conforme avec Boduognai^ nervien, que le cheval de ta monnaie est de U race symbolique^de la Belgique. Cette moonaie était attribuée a Baodicéa, reine en Bretagne, par les savants de la Grande-Bretagne. Évidemment, c'était peu d^accord avec l'inscription : aussi John Yonge Akerman, en donnant tout récemment (octobre , 1839) , legends on British coins (numismatic chronicle, vol. II , p. 75, n« 24), proteste : vre require more évidence respecting the origin ofthe coins with this type. Its appropriation to Britain is very questionable. The type is of Gaulich characler. Ruding(annals ofthe coinage of Britain, seconde édit., 1819, t. V, p. 84, noie)^ se montra pins explicite , quand il disait : I rather incline to think them C allie , and struck by Boduognatus, who is mentioned by Cassar. La méoie raison nécessite d'attribuer la monnaie de CATTI (numism. chronicle, oclobre, 1838) , à Cativulcua , éburon : son cheval est aussi beig, symbolique. Aussi de la Saussaye, en reproduisant cette monnaie (revue numism. , t. IV, pi. XIII, 8), en a très-bien jugé le coin, quand il dit (p. 317) : je n'hésiterais pas areconnailre dans la IJgende Ca//»' les premières lettres du nom de Ca^li- \olcus, chef des Eburons. La conformité du coin de Boduoc et de Caiti, donne une mutuelle garantie , que les explications de ces deux pièces sont Justes et ne pourraient souffrir aucune objection.

(5i6) Revuenumism, t. V, p. 184, 185, pi Xll.

(5i7) Revue num., t. II, p. 13.

(5i8) Cœsar, I, 35.

commune , du canton spécial , ou de la province d'une portion deFétat desSéquanals , où il était magistrat.

Il nous enseigne qu'il avait ou s'arrogeait le droit de placer son nom et le titre de sa dignité sur la monnaie ; qu'en usant de ce droit , il s'y nomme de son double nom , nom et prénom , ou nom et surnom , comme faisaient les Romains sur leur monnaie consulaire.

Enfin, il nous avertit qu^il a fait frapper les espèces du cuivre sur le pied de celles des Romains, en les qualifiant de semis romain ou italique, et en les marquant de l'aigle romain. Il nous assure de cette manière , que l'introduction du système monétaire romain, avait lieu sous sa magistrature^ ou bien qu'elle était toute récente, car ce système, une fois établi et consolidé après un certain laps de temps, ne demandait plus de semblables explications officielles: il était tout nouveau pour les Séquanais ou Lexoviens.

Toutes ces conditions sont d'une certaine importance pour les investigateurs.

Cisiambos €attos, vergobret dans un pays de la Gaule <, dit qu'il a frappé semissis publicus en cuivre m Ltxovio : mais dans les deux nominatifs, sans égard pour la terminaison différente de semis ou semissis et de publicus , il les termine également en os. n est difficile d'attribuer cette désinence au mode gaulois, elle est plutôt grecque , asiatique , introduite dans Fidiome gaulois , pour terminer tous les mots étrangers qui se naturalisaient à cet idiome, et pour terminer presque tous les mots ou noms gaulois, qui allaient se mêler aux langues étrangères, et étaient destinés à prendre une forme étrangère. Or, cette désinence prouve que les Gaulois Séquanais , en se servant de la langue latine, grécisaient. C'est avec cette terminaison, qu'il y a trois mots gaulois , soumis aux règles latines : Cisiambos Cattos ou Cisiandms Cattus, frappant la monnaie funetus vercobreto , c'est-à-dire honore , nmnere vereobreti; in Ltxovio.

On sait que vergobret était le titre du magistrat suprême chez les Éduens et chez quelques-autres peuples , qu'il a sa racine dans ridiome celtique, fear-go-breith ou breut^ c'est-à^ire, rfaomme du jugement de la justice. Les Romains, en le prononçant, ajoutaient leur terminaison en us, vergobretas. Or, cette terminaison est évicfemment suivie sur la monnaie de Lixovio. Aussi nous pouvons douter, qu'en pur idiome celtique, le nom

2Sâ TïPE Gaulois.

de Cisiambiis fût terminé en us, ou os, c*est encore la désinence latine, mais grécisée par os, bos. Ce singulier mélange prouve que les Gaulois se sont singulièrement familiarisés avec les terminaisons grecques, avant d'admettre la langue latine dans leur monnaie.

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