‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 75 sur 113 · Développement du système denarial et de répigrapbique · texte numérisé non relu

Développement du système denarial et de répigrapbique

L'explosion d'un semblable sentiment pour le libérateur , rejaillit sur la monnaie avec la même ostentation et avec un effet plus varié sous d'autres rapports. Des magistrats, au nom dapeopie, inscrivaient les noms des localités ; ils inscrivaient leurs propres noms changeant le nom du peuple en leur patronymique. L'épigraphique monétaire prît le caractère de lïndividualisme de chefs, de fonctionnaires souverains. Cesty^dietuanm sotîota , sotîotanus, qui frappe la monnaie, et non les Sotiates; c'est un anonyme , mantuhinus , kaletedus , qui la fabrique, auquel elle appartient, et non pas au peuple ; c'est un ationyme epenus (pi. VI; 44, 45) , epilltis (pi. VI, 50 ; VII, 2), un rex, un vercobret, un ambacte (pi. K, 9). Il n'y a pas de carnut, biturig, éduen, arveme, senon , bellovak , car l'individualité des chefs n'était pas si large qu'elle pût braver la hauteur des grands peuples : mais les noms des peuples de second ordre, séqnanai's, rémois, médiomatrîks , véliocasses , surtout ceux chez lesquels de nouvelles monnayeries venaient d'être établies , leurs noms disje, se prêtent à servir d'épithète, de patronymique aux chefs.

Désormais chez les Biturigs , Pictavins , Cambioviks , la monnaie blanche au coin de la tête papillotée , va se fabriquer au poids denarial, et elle y est inscrite ^tiro. Cam. Ka/Ao(pl.I,10; VIII, 2, 8). Le même système pour la monnaie blanche est introduit chez les Kalètes où leur nom fut inscrit KccX. Ka}^, KaÀ£T6^ou (pi. IV, 40, 41); et chez quelques-uns de leurs voisins qui imitaient leur manière sans inscrire le nom (pi. IV , 42-44). On y voit le casque romain , et la romanisation de la monnaie est déclarée.

(734) Conbr., 537, 567, 590.

(735) Nous essayerons dans le chap. 139, de séparer quelques pièces ou verrat des années 52, 51 .

L'apparition du nom du vergobret Lisk (pi. L 16) sur le bronze édueo, enhardit un autre vergobret, le vergolwet des LiiLovîens, à prendre ses titres, et ses noms, Cimmb CaUvera^ret, et à proclamer dans la légende de la monnaie , que son cuivre était le smnisptAHc de Lixavio (pi. Vil , 41 , 42). Comme la qualification de semis est romaine, et manifeste la romanisation , aussi l'aigle romain f^lapit la servilité ; car sa présence certainement n'est plus le témoignage de l'allégresse que les Lixoviens pouvaient éprouver avec tout le monde , elle n'est que la manifestation de la soumission (en 57).

L'ëpigrapfaique , goûtée par grand nombre de chefe , retentit d'un bout à l'autre de la Celtique. On pourrait su]qM)S6rque, chez les Rémois, qvdqnes chefs ne discontinuaient pas de se nommer, au moins le bronze d'un cheval inscrit VARTICË (j36) , rappelle le nom du vieux Fwti$k. Il pourrait lui être attribué, si les symboles ou la race du cheval rattachaient la pièce au pays rémois (737). Il est certain que dans l'année d'agression de César, plusieurs chefs s'empressaient de faire circuler leur nom sur la monnaie. Le roi sotiat jédiétuan forgeait une très-grande quantité d'argent , encore au poids de 40 à 50 grsAm ; la tète d'un lion marquait ces espèces d'un côté, et un quadrupède, loup ou chien les marquait de l'autre; son nom royal y est titré rex(738).

Il est plus singulier et plus significatif , quand on voit le chef des sauvages Nerviens, qui défendaient aux marchands l'entrée de leur pays, réprouvaient toute idée de commerce et des objets de

(786) Conbr., 597, Akerm., ISl.

(787) Suétone (Vil, 2) dit : cognomen Galbae putant non nuUi quod propinquis f^erit visus quem galbam Galli vocent. Le roi des Siiessions, Galba, prouve quiB ce mot exiêtait chez les Gaulois ; on nVi pas encore retrouvé son élyoïologîe celtique; peuMtre qu*U est un de ces mots de caprices qui Abondent dans toutes les langues. La calebasse en est une consonnance. Dans Tinceriitude où Ton esta la lecture de Auloib^ PauUib^ GauUnb (pi. III, ^1), si l^on trouve quelque dérivation celtique de jfat</oi&, désignant un homme excessivement gras, on pourrait attribuer la pièce avec beaucoup de probabilité au roi sueaaion Galbtt,le nom de Galba n^oflVe aucune incertitude d«ns les menutcrits dee commentaires de César : le seul texte de Dio Cassîus rappeUa'AX^. Cette différence, certainement provient de ce que dans la première copie, partant peut-être de Dio Gassius lui-même, ou de son premier copiste qui avait sous ses yeux le nom de TAABAen lettres grecques peu lisibles, il aura déchiffre AàPjV* Cette différence, résultant d*un accident, ne peut aucunement tourmenter les numismatistes.

(738) Conbr., 347 j revue num., t. , p.

laxe et d'aisance pouvant amollir leur vertu ( 739) ; le chef de cette nation , le brave Boduognaî suivre l'impulsion donnée , et placer fastidiensement son nom sur la monnaie qu'il allait foirer dans son pays. Dans son or, le coin est purement belg ; il proGte du côté lisse et y place son nom (pi. VIII, 18); dans son ar^nt rien ne décèle la romanisationdu coin; l'art réforme la monstruosité de la race belgue, à la manière celtique biturigue, conservant les accessoires, et exécute passablement et la tète etl'lnsciiptiott du nom (pi. YIII, 19). Je ne sais si le poids répondait an système denarial , qui déjà pouvait être en vigueur sur quelques points lindtropbes , et qui allait s'installer tout prochainement chez les Éburons. L'argent, jusqu'à ce moment, étranger au monnayage belg 9 se balance désormais avec les autres métaux. Le YÎeux CatHvolk, dirigeant de moitié les affaires des Éburons plus reculés, mais plus accessibles à l'ascendance du trafic , imite son brave voisin et observant religieusement le coin belg dans son or, inscrivant son nom au-dessus du cheval belg, place sur le côté lisse, une branche aux baies (pi. YIII, 17). Les monuments monétaires deson collègue Ambiorix et desautres contemporains, décèlent la romanisation, qui se développe dans les années prochaines.

131. Politique de César , sujétion des Belgs et de toute la Gaule (en 57).

La joie ne dura que peu de jours , bientôt le libérateur parut un tyran aux yeux des indigènes. Ses légions ne se retiraient point; cantonnées dans les deux pays affranchis, elles ramassaient des vivres, levaient des contributions. Les magistrats éduens se virent sous la direction des agents militaires, les assemblées du peuple , sous leur influence : rien d'important ne pouvait être décrété sans l'assentiment du général romain. On disait qu'il voulait imposer un roi aux Éduens, et Dumnorix se disait destiné à la souveraineté (740). Ce qui touchait de si près les Éduens, rétablis à la sommité de la Gaule , menaçait les autres , et le sentiment gaulois fut ulcéré au plus haut point par la politique insidieuse du libérateur. Gardant la rancune contre les Séquanais et de la méfiance pour l'amitié des Éduens , il déclara les premiers déchus de leur suprématie, et rechercha à leur place

(739) Cœsar, 11,4, 16,16.

(740) CaBsar, lî, I ; V, 6.

un peuple sur lequel il pourrait compter sans lui causer d'ombrage. Le choix , malheureusement pour la Gaule , n'était pas difficUe; un peuplebelg, les Rémois, se trouve digne de gagner sa faveur. Or, César déclare qu'ils vont remplacer les Séquanais, et que ceux qui , à cause de leur ressentiment ne voudraient point se liguer avec les Éduens , peuvent se ranger sous la clientèle des Rémois (74 0- érigeant ainsi puissance contre puissance qui vont déchirer l'élément celtique, comme les événements prochains le démontrent , il jeta l'alarme dans la Gaule et révolta les Belgs. Ils convoquèrent en 57 , l'assemblée générale de leur confédération. A l'exception des Rémois , les députés de tous les peuples s'y rendirent et décrétèrent une levée générale , donnant le commandement à Galba , roi des Suessions(743). Les Rémois, de leur côté, députèrent au général romain, /ccttis et AnUbrog, protestant de leur dévouement, déplorant l'aveuglement des Suessions leurs alliés et frères, vivant sous la même loi et le même gouvernement, qui, malgré leurs conseils, s'étaient laissé entraîner à l'animosité des autres ; donnant enfin des renseignements nécessaires à César , qui avançait avec son armée (743). Les Éduens se montraient moins empressés à servir dans cette occasion : cependant César insista pour qu'ils envoyassent un corps dans le pays des Bellovaks : le druide Bivitiac est chargé du commandement. En attendant, toute la fureur des Belgs se tourne contre les Rémois. Icdus assiégé , se trouvait aux abois. Quand les légions arrivèrent pour remporter les premiers avantages , la frayeur et le découragement saisirent les confédérés. César en profite. 11 pousse dans le pays des Suessions, et à la prière des Rémois, accepte leur soumission'; puis il va dans le pays des Bellovaks, et à la prière des Éduens , leur accorde la grâce. Les Ambiens ne s'opposent guère à sa marche (744). Il ne lui restait que les sauvages Nerviens , furieux de l'insuccès et de la lâcheté de tant de leurs confrères. Les Atrebates et les Yéromanduins se joignent à eux ; les Aduatiks devaient arriver aussi. Mais le destin funeste se rapprocha précipitamment. La bravoure du chef Boduognat et le courage

(74 1) Cœsar, VI, 12.

(74a) Cœsar, II, 4.

(743) Cœsar, 11,3.

(744) Cœsar, 11,5-14.

extrême des combattants, balaMça longtemps l'issue de la batattle acharnée. A la fin , César sarm<mla le péril et r^nporta la yictoire. La nation nervienne périt tonte entière. De quatre cent sénateurs il n'en resta que trois , de soixante mille combattants il n*en survécut que cinq cents. Le vainqueur se montra magna* nime envers ces âûbles restes , il les prit sous sa sauve-gaide, et voulut former un noyau de la renaissance du peuple ^fgé. Aueun subterfuge ne put sauver les Aduatiks , vaiocns et vendus (74^).

Pendant que César subjuguait avec tant de danger les Mgs , son lieutenant , avec une légion parcourait sans empêchement tout le littoral de TArmorik, et tenait en respect toute la Gaule, le moins préparée à cette invasion (746)* Enfin, l'armée riymaine prit ses quartiers d'hiver chez les Trevëres, el le long de la Loire, chez les Gamutes, Turons et Andes.

César, arbitre de la Gaule, faisait un droit de tout ce qui poumt lui être utile. Il institua des rois, donna Comius aux Atrebates ; imposa Cavarin aux Suessions, à cause qae ses ayeux et son frèrei mort depuis peu, usurpaient la souverainelë. H éleva chez les Camutes à l'autiMrité suprême Taêget'£lke9(n)ix , voulant sati^aire ses prétentions et récompenser les services qu'il avail rendus en différentes occasions pendant la guerre (747)* ^^^^' être que Cantorix chez les Turons , et Udeeom chez les Andes, furent du nombre de ces rois imposés, qui méritaient d'être récompensés partout où les troupes étaient cantonnées. Partout il cherchait à établir des magistrats dociles et dévoués à ses ordres et à ses projets, qui ne voudraient pas rompre avec lui et allu* mer la guerre {^iS). Aussi lorsqu'un soulèvement se déclarait

(745) Cetar, II, 1:^-28; Plat, in Cas., p. 716 ; Flor., III, 10 ; Dio Cw»., XXXIX, U5; Orof,VI, 7| Appian.,bel|.0aU.

{746) CoDsaF., II, 34.

(74?) Comittin qnem ipte Atrebatibut auperatia regem ibi coDstitaerat, onraa et TÎrtuteni et coniilium probabat et quem aibi fideleni arbitrabttar (IV, 2i). — Cavarioum quem apud Senones regem consiituerat, cuios frater Moritasgus ad?entu in Galllam CaBsarig| cuiusqae maiores, regnum obtinneranl (V, 32). — Erot in Carnutibua sammœ loco natas Tasgetias, coiai maiores in sua civitate regnum obtinuenint. Huie Caesar pro cius yirtutc, ii(f^^ in se bene?oIentia quod in omnibus bellis singularî eius opéra fuerat asaS| majorum locum instituerat (V, 25).

(748) Quod auctores belli esse nolebant. Cœsar, III, 17.

QUATRIÈME PÉRIODE , AGE DE FER. Sâl

quelque part , ordinairemeiit le people eoBunençait par le ma^ sacre de ses autorités imposées.

Bien qu'en général , tout seuiblait se plier à la volonté du proconsul , cependant il ne manquait pas de commotions par^ tieUes et graves , qu'il fallait réprimer ou combattre. L'émotion se manifesta dsois l'Armorik surprise tout récemment. Les Yenètes , riches de leur ccumnerce avec la Bretagne , puissants par leur marine et la situation de leur pays, continuaient une résistance fatigante , et les peuples littoraux se liguaient pour agir en commun. Les lieutenants du proconsul parvinrent à vaincre sur tous les points. Brutus détruisit la marine des Venètes , dépouilla des navires^et réduisit lés Santons et les Pictaves incapables de faire aucune résistance; les Venètessont détruits (749)* Sabinus sur le continent, s^gii contre les coalisés Eburoviks, Aulerks, Lexoves , qui après avoir égorgé leurs magistrats : il est probable qu'alors périt le vergobret Cisiamb Catt: se réunirent aveic les Unelles, sous leur chef f^iridoi)ix (760). Sabinus triompha et l'Armorik fut soundse (76 1). Gassius , en même temps, achevait la conquête de l'Aquitaine. Labrave roi Adiétuan, avec ses Sotiates , ne pat résister , et les autres secourus par les Cantabres furent aussi vaincus ( 763 ). César, dans son excursion dans le pays des Ménapes, recevait les nouvelles de tons ces succès.

Page 1