Formation du type des cbefe
Par ces événements , l'unité de la Gaule se consolida mieux que jamais, puisque l'humiliation et le joug pesaient également sur tous les peuples. Be temps en temps, César convoquait les assemblées de toute* la Gaule , pour arrêter quelques mesures générales (753). Peut-être que le monnayage y fut plus d'une fois sur le tapis, quand les contributions et les subsides pécuniaires avaient été décrétées : mais il suffisait, pour le réorganiser , du
(749) Cœtar, HT, 12-16 ; LWii epit. CV ; Strabo IV, p. 195; Flor., |II, 10 ; Bio Cas8., XXXIX, 40-43 ; Oros., VI, S.
(750) Je Tois dans le catalogue les pièces de bronze signalées par VIRICI tel DIVIO (Gonbr., 609, Mionnei, ), comme si c*étaient des parceUes du nom de ViridoTix, dispersées sur différentes pièces.
(751) Cœsar,ni,l7, l8;DioCass.,XXXlX,43; FrontiDyStrat^ni, 17^7.
(753) Cœsar, III, 20-26; Nicol. damasc. ap. Athen., VI, 7 ; Flor., III , 10 ; Dio Cass., XXXIX, 44^6 ; Oros., VI, 8.
(753) CsBsar, IV, 6 ; V, 5 ; VI, 3, 4. ^
»2â TYPE GAULOIS.
oonsenteneni des dwfii semk» ^quismvaieiittoiiteslesiaainaa* lions et s'accommodaient au nouvel ordre des choses. Le monjiayage dépendait des magistrats, des chefs attaché» par intérêt persMnei , àla domination romaine. H u^^ a donc rien d'étonnant s'ilafurent d*aoeord, et si, d'un commun consentement ils ooopérèrent tous dans le même sens^àromaniser dans leplns court délai, toute la monnaie gauloise, à rendre cette monnaie aussi servHe, qu'ils l'étaient eux-mêmes, à effaoN* son caractère national, oonone ils ral))uraient eux-mêmes : il n'y a rien d'extraordinaire de Yoir apparaître à la fins sur plusieurs points de la Gaule , un coin réformé ou créé i la romaine ; de voir toutes ces nouvelles manières s'amalgamer , sans avoir ni patrie , ni dondcOe fixe , ni localité de prédilection.
^fnèiorix chez les i?6uroiM(vers ISIS), couvrant son sentiment et ses projets patriotiques , suivit l'exemple des autres , et prit ponr rem)>reinte de son argent un lancier et une tête casquée, le casque ailé i la romaine (pi. YIII, SI). En même temps, quelques diefe belgs frappaient la même empreinte : Turaea le verodu» ( pi. YIII, 2S); Dannvs et^uioro, t8rruifcs(p\.ÏV,lS3; VI, 18 ) ; Com , atrebat ( 754 )• Or, lorsqu'on a une monnaie en argent à l'empreinte identique , inscrite ITEMËT ( 755 ) , on Tattribue fiidlemait à Nemetacum des Atrebates. Gependant , il y a des pièces de Solima et de Médiomafrik {'jSG) au même coin: on pourrait donc attribuer JVemet au peuple Nemètes , si Ton pouvait lui assigner à cette époque un domicile fiite, comme il l'eut plus tard (767). En descendant vers le midi, un Coiinoou Cnuo, et un Esol se servirent de lancier à Bowessio, chez les Vivions ( pi. YI , 38 ) (758). Sur un autre PQint de la Gaule , aax confins de l'Aquitaine, CaUtix (Galivix) cosstofi clie? les Yasates, frappait son argent à la même empreinte ( 7^9 ) ; chez lesPitr^' c^rienSy ses voisins, en forgeait aussi à la même i^preinte (760)»
(954) Coabr.,4^6ii.
(^55) Conbr., 516.
(766) Conbr., 572 b, 518 a.
(757) Cœ8ar,T,5l;ÎV,lO;Plin.lV,31;TacUi annal., XlI,27,G«rm.,28; Ptolem., II, 9 j Am. Marcell., XV, 1 1.
(^58) Mionneft, 117; Conbrouse, 558.
(75^) Kevae numism., t. IV, p. 401.
(760) Bovteroiie, p. 57, cité danala revue num., i. IV, p. 403.
Or, guand.Qn auûClonifm bri».,. (pi. lU , 48) ( 761 ) ^oa peut le prendre pour un brigio^ien » l'Qi;iat«ace À0 Br igio^ùm étant suffifiammeat affirmée par des.mooniiwttte oicaiélaires (76a). On a propoôé de le jrélater à Brocomagus, conim phis tard eomme sitaé entre les Nemètes etled TritMiks (763). On«n coÉnait eneore plusieurs autres à laméitieeQiprftiâte (764)* Toutes jcespièces, disses minées par la Gaule aont d'un bon poids approchant de 40^aîn6, et je nç dontapas qu'^es.ne eioiient contemporainesId'Ambiorîx: elie^ paraidatot ciMkulie Fédair, et le coin du' lander ne prolonge pas ison «xistenee au ddà du séjour de César dans la Celtique.
Sa rnàme temps, d'autres eaTâUero sans armes , Fqpée à la main , porte^nâeignes ^ pareouraient la monnaie ( pi. III , 50 ; IV, 58; VI, 4a, 51; VII ,1,7; VIII, 8)* Les tètes casqjoées , ineounues à la monnaie avant fai^rivée de César , peuplent le nu« méraire sur tous les points de la Gaule, sur tous les métaux (pi. IV, 4â-44 ; VI, S) ; et ce sont les cheft , les magistrats , empressés à complaire au proconsul , qui créaient ce coin. Qu'4m qualifiait .tittes éaafnéesde llars^ deHereure, de Pallas, n'importe^ elles seront toujours l!!mage de la condescendance serrHe de ces ehè&ià^ ffien qu'on hbnere le lancier de l-appeUation du lancier celtûpie, il n'en est pas moins l'emblème d^unedisposi* tien à sia0onâer le proconsul , et le manteau distingue ce lancier de l'ancien. Quelques oheb s'aj^uyèrent ayec leurs empreintes sur des coins locaux.
JSlkeswix Tasgit, imposé (entre 57 et 54) aux Camutes, plaça daï^ie sien un pégase,mais il y.dressasapropretêteàlâ romaine (pi. IV, 57). Un pégase identique apparut sur le bronze des Médiomatrik8{pL VI, 41). D'autres, différents, visitaient la monnaie des contemporains Keiweia et (7ncir(pL LV , 56, 55; VI, 40), ,ou de^
(761) Bodier., p. 52; CoDbrouse^ 39a
(76a) Voyez notre pi. VII, n* 1 ; Tab. peutig. segment, h
(^3) Ptolem., Il, 9 ; itin., p. 252 ; Tab. peuting; Am. Maroeli., XVt, 2 — BirêeOé., fépond qiiflsî peu et aussi bien à Brigio qu*à Broco. St V6n voulait recourir aux dénominations que ]a Gaule foilrnit dans les temps postérieurs, on y trouTCDHlit dtts imiis plus rapproché» 44 même identique» : Bracum aaccum, Brissacleu Attjon ; Brîooiiiam,.S8nnt-BrieuoK en Bretagne, eto.
(764) Une inscrite OCW )( IVOI (Conbr., 524); l'autre VIR<M> (Haterc ad Oros., p. 403); la troisième , RM A ( Conbr. , 555)^ pèse 31 grains ; la quatrième,, dit M. de Lagof (revue num., t. IV, p. 403), sans légende du côté de
KU TYPE GAtJtX)IS.
ctaefo postérieurs (765). Kenveia <rf>senrait lacheveliure nationale rebroumée , qui le rapproche aux frontières de rArmorik(766).
Conune le casque romain était à l'ordre du jour, quelques cfaeb , en se conformant à la mode, aimaient mieux choisir les casques sans visière, œ qui peut-être était plus national; on peut citer de ce nombre Com (pl.»IU, 50; YI, 29), Cricir (YI,li6;yi,40);aiftlonx (uron (pi. IV, 58).
Peut-être que le tnevère JnduHomar ( entre 55 et 5S ) , voulut éviter Tin^lsion générale, ou bien il se laissa diriger par le soufflegrec partantdumidi, car on neconnaltsurson bronze que la tètegrecque et le taureau cornupète (pi. IV, 25), correspondant au bronze séquancy-éduen, deJ^ûonlio (pl.VII,75), deCabillo (767), de AbaUo ( 768 ). La tète de Indutiomar est modelée sor ceUe de MassUia (769) ; si on la confronte avec celle du médiomatrik de l'empreinte du pégase ( pi. VI, 41 ), on remarquera une extrême conformité , qui , réunie avec la conformité du pégase médiomatrik , avec le pégase de Tasgit, fixe l'époque du bnmze médiomatrik à Fan 55.
Des chefe nombreux fabriquaient la monnaie à Vempieinte du lion, du cheval, de l'oiseau, de l'aigle, et dans le courant de ces années de désastres, on peut encore très -positivement,, s'arrêtant sur des localités, rechercher leur domicile par lé com et ses signes acoessmres , surtout , l<N*sque ceux-ci dérivât de temps reculés, et il y en a beaucoup à observer sous ee rapport. Com l'atrebate (pi. VIII, 8, 9 ), Cantorix turon (pi. IV, 68-, V, là), Udécom andeeave (pi. III , 44 ) , fabriquant leurs espèces au coin ilù coursier , distinguaient l'emprdnte par ces marques sacrées
U tète, préfente au reTers le monogramme AP et les lettres IS (voyez Mion., 'suppl., 1. 1, p. 183) ; sur la cinquième, on lit RIGA (Mion., 1. 1, p. 98). Rica pesant 39 grains, n*offre qu^un cavalier selon Gonbr., S5l ; et j'en vois chez lui no 461 hiê^ une autre au cavalier, inscrite £CCA IS-AR, où en effet on a le monogramme et les lettres AP. IS.
(765) Le plus rapproché, Auscro (Gonbr., 381 ) ; celui de Diaulos (Gonbr., 449}, est peut-être contemporain, il faut voir; de Dobno (pi. VIII, 20), vient plus Urd ; et le dernier est de Pixtil (Gonbr., &44 ).
(766) La pièce en argent inscrite VEIA , mérite d*èire confrcMitée avec Kenveia en broaie. Elle pèse 41 grains (Conbr., 600).
(767) Gonbrouse, 396.
(768) Caylus, t. VI, tab. CIX.
(7^9) Comparez sur nos planches, III, 7 ; IV, 25 et 34 j ^I.
qui , depuis deux siècles , donnaient du symbolisme à la monnaie gauloise : le Cambotrien{p[. V , 11), avec le précité Cantorix (pi. .Y, IS), lançaient dans le champ de leur coin Tépée qui coBEiposait l'empreinte des pièces d'or (pLYII, 68). Un peu plus tard, ces signes caractéristiques deviennent incertains pour déterminer les localités, à leur aide. L'instabilité et la confusion du coin , se rapprochent à grands pas , la monnaie étant sous la direction deschefs^qui changeaient souvent, et qui par des revers, sont à chaque moment remplacés par de plus serviles.