CHATEAU DE TIIORNBIRV, COMTÉ DE GLOCESTER
Il n'csi point (l';iilmii';il(Hir do notre vieilli; ;ircliitL'clurc nniioiialc (|iii ne connaisse les mines de ce cliùlean si icmnrqimlilc pnr in beauté, la richesse et le fini de son orncmenlalion , nolaninicnt en ce ([ni cnnccinc les fenêtres et les clieniinécs. De nombreuses vues pittoresques et d'ensemble en ont été publiées, mais jusqu'ici aucun (le ses admirables détails n'a été géométralement reproduit pour l'instruction de raicliilccle ou de l'arcliéologue. Les parties encore dLi)oul de ce vaste édilicc datent du règne d'Henry \Ul ; elles eurent pour fondateur Edouard duc de Buckingliam . comte d'Ucrcford, de Slaiïord et Norlhampton , qu'une fin prématurée cl tragique empêcha d'achever cette splendide œuvre arehitcclurale, à laquelle il avait fait travailler liemlaiit dix années. Le domaine de Tlioinhury était passé dans la famille de cet infortuné gentilhomme par le mariage de l'un de ses ancêtres, Ilalpli comte de Siafford, avec Marguerite, fille et héritière de Hugh d'AudIey , comte de Glocestcr , le même qui mourut en 1572 a|)rès s'être illustré eoninie homme de guerre sous KdouartI IH. Le due de Buckingliam fut un des seigneurs les plus riches et les plus puissants de son temps. Chevalier de l'ordre royal de la Jarretière, il avait hérite des Boliun , comtes d'IIereford, l'importante charge de connétable d'Angleterre, dont il l'ut le dernier titulaire , car , supprimée à sa mort , cette charge ne fut jamais rétablie. Sa disgrâce eut à la fois pour causes l'ombrageuse tyrannie d'Henry \ HI envers toutes les personnes alliées à la Couronne et les ressentiments du trop fameux cardinal Wolsey , qu'il avait offense en lui faisant sentir le mépris que son insolence de parvenu inspirait à toute la vieille noblesse du royaume. Arrêté en son château de Thornbury, le duc lut emmené à Londres et traduit , du chef de haute trahison, devant un tribunal composé de 20 pairs et présidé par Thomas Howard , duc de Norfolk, créé grand-mailre d'Angleterre à l'occasion de cette importante procédure. Le principal témoin à charge que produisit l'accusation fut un misérable gentilhomme du nom de Charles knevet, ancien intendant que le duc avait chasse de son service pour cause d'inconduite.
Buckingham se défendit lui-même avec beaucoup d'habileté; mais, comme on avait résolu sa perte, il n'en fut pas moins condamné à mort, et l'impitoyable Henry,
irrite de ce que sa noble viclinie avait refusé d'implorer sa grâce, fit lomi)er sa tète sous la hache du bourreau à Tower-llil! , lu 17 mai la21 (1 ).
( I ) Voir, à ce sujet, les chroniques de Hall et d'Hollingshed, où Sliakspeare a puisd pour sa tragédie d'Henry FUI. Le docteur Fiddes a vengé la mémoire de cette victime de Wolsey en prouvant, dans la biographie qu'il a écrite de ce prélat, combien était peu fondée la charge la plus grave de l'acte d'accusation. Trompé par de folles spéculations astrologiques , il est vrai que Buckingham nourrissait l'espoir de succéder à Henry sur le trône , et qu'il avait commis la haute imprudence d'en parler : mais, bien qu'en disent Hume et d'autres historiens , le duc n'avait posé aucun acte qui pût motiver une accusation de haute trahison envers son roi. Le Gentleman's Magazin du mois de mars 1851 contient une relation de ce procès célèbre d'après des documents authentiques empruntés aux manuscrits de Landsdown ; les noms des pairs qui ont siégé comme jurés y sont donnés avec plus d'exactitude que dans les chroniques précitées.
La notice qu'on vient de lire sur le duc de Buckingham est trop incomplète pour suftire à donner une idée; exacte de cette intéressante figure historique ; et comme il s'y est d'ailleurs glissé quelques erreurs de fait que notre devoir de traducteur ne nous permet pas de corriger dans le texte même de M. Willson , nous y suppléerons par l'extrait suivant de l'histoire d'.\ngleterre publiée par MM. L. Galibert et G. Pelle dans l'Univers pittoresque :
« Edouard Stafford, duc de Buckingham, exprimant hautement sa désapprobation sur les dépenses n inutiles et ruineuses dans lesquelles se plongeait le gouvernement , encourut à ce titre la disgrâce " du roi. Le duc , en raison de sa descendance en ligne directe d'.\nne , fille aînée de Thomas »Woodstock, dernier fils d'Edouard III , causait, en outre, de l'ombrage à Henry. C'était un seigneur « riche et puissant, brave, généreux, que la nation aimait à cause de sa libéralité et de ses largesses. » Tort plus grand encore , le duc venait de blesser vivement l'orgueil du cardinal. Un jour qu'il » présentait un bassin rempli d'eau au roi , Henry s'y lava les mains. Le cardinal Wolsey, s'avançant » ensuite, voulut y plonger les siennes. Le duc, indigné, laissa tomber le vase sur les pieds du «cardinal : « Je pourrais bien un jour châtier les dédains orgueilleux du duc, » s'écria Wolsey. Ces » menaces ne furent point vaines. Buckingham vivait paisiblement dans sa terre de Thornbury, dans » le Glocestershire , lorsqu'il rc^ut l'invitation inattendue de se rendre ù la cour. Le duc, qui n'avait «aucun soupçon, se mit en route. Quelques craintes commencèrent à l'assaillir lorsque, arrivé à «Windsor, il vit, dans l'hôtel où il était descendu, trois hommes de mauvaise raine qui l'avaient n constamment suivi depuis son départ. Buckingham partit pour Westminster, où il prit un bateau » pour se rendre par eau à Greenwich , résidence de la cour à cette époque. En route , il s'arrêta )) au palais de Wolsey et demanda à parler au cardinal ; on lui répondit que Wolsey était indisposé. M Eh bien ! s'écria-t-il , je boirai toujours un verre de vin de milord cardinal en passant ! » L'air morne et «silencieux de celui qui lui présenta le verre réveilla les craintes du duc, et il eut le pressentiment «du sort qui l'attendait. Sa barque fut bientôt hélée par un oflîcier des gardes, et lui-même fut
Selon la fouliimc du lfin|)S , l'irnniciisc fortiiiir de Hiiikingliimi lui cini(iM|iRc au |inilit (If la (Inui-Diinc. Ilonry Slad'oni , son (ils iirii(|ii(' , <|iioi(|ii'iiiiinrilialciii(ril ri'li.iliiliU' comme genlilliomme {trsiored in hlood) , n'Iiciila ee|ieii(laiil pas des lilrcs de son |»ere, et fui réduit à vivre d'une petite pension (|ui lui fui faite sur les vastes domaines «oinbés en forfaiture. Dix ans après, le roi lui restitua le château de Stafford . ainsi que quelques autres des propriétés confisquées. A l'avéncmcnt d'Kdouard \'I , il reçut de nouvelles lettres de réhabilitation, et il mourut en 1503, après avoir siégé, sous le litre de lord StalTord , dans les divers parlements qui curent lieu sous ce règne et le suivant.
"aussitôt arrêté au nom du roi. Le duc fut conduit à la Tour. On y enferma aussi son intendant, » qu'il avait renvoyé de son service et dont il s'était fuit un ennemi , ainsi que Gilbert » Parke , sou chancelier , Jean Lccouri , son confesseur , cl un moine nommé Hopkins. Le >i duc parut devant ses juges le 12 mai 13-21. On l'accusa d'avoir engagé le moine Hopkins à faire » de fausses prophéties , d'avoir essayé de corrompre les serviteurs du roi et les soldats de la garde » par des présents et des promesses; d'avoir déclaré que, si le roi venait à mourir, il ferait tomber » la léte du cardinal et s'emparerait du irùne , et enfin d'avoir reçu chez lui un certain William » Balmer, qui avait encouru la disgrûce du roi. Toutes ces charges ne reposaient que sur des témoignages "Suspects, el il n'y avait aucun acte accompli; aussi Buckingham se prévalut-il de celte circonstance » avec beaucoup de force. Fineux , qui remplissait les fondions de grand-juge et d'avocat de la » Couronne , lui répondit que tramer la mort d'un roi en idée équivalait à une trahison réelle cl » consommée par des actes ; el , en conséciuencc , le malheureux fut condamné. Quand le duc de "Norfolk prononça la sentence, Buckingham lui dit d'une voix ferme : « Vous m'avez traité comme » un traître; mais je n'en suis pas un ! Cependanl, je ne vous en veux pas. Que Dieu vous pardonne » ma mort comme je vous la pardonne moi-même ; je ne demanderai point au roi grâce de la vie. » » On le ramena dans sa barque , el sir Thomas Lowell , qui était chargé de le garder , respectant » son malheur, l'invita à reprendre sa place sur les coussins qui avaient été préparés pour lui : « Non , n répondit-il avec douleur, lorsque j'arrivai à Westminster, j'étais duc de Buckingham ; mais maintenant »je ne suis plus qu'Edouard Stafford, le plus malheureux des hommes.» Quelques Jours après, on » le conduisit à l'échafaud. Dans ce moment suprême, Buckingham conserva son sang-froid et déclara » fièrement qu'il ne s'abaisserait point h demander grâce au roi. Une foule immense assistait à son » exécution. Quand sa tête tomba , un murmure de douleur circula dans la foule. « Que Dieu ait » pitié de son ûme , s'écrie avec regret un historien de l'époque , car c'était un sage el noble » personnage , cl le miroir de la politesse cl de la courtoisie. »
Dans sa tragédie d'Henry nil , Shakspeare a traité cet épisode de la mort de Buckingham avec une vérité historique bien digne d'être rcmarc]uéc.
~ Ci —
Le cliàtcau (le Tlioriibiiry passa alors aux ducs de iNoilolk et ensuite à llcmy Howard , écuyer. Leland , qui le visita environ trente ans après la mort du duc de lîuekingliam , nous en a laissé la notice que voici : " Il se trouvait jadis un manoir « peu considérable tout contre le côté nord de l'église paroissiale de Thornbury. Edouard, » dernier duc de Buckingbam , trouvant à son gré le site et les environs de ce manoii-, •• le fit abattre en grande partie et remplaça les vieilles constructions par les beaux '.< bâtiments en pierre de taille qu'on y voit maintenant, notamment la façade du sud n et la superbe porte d'entrée qui complète le coté du coucliant , et à laquelle il con-
■ scrva le style des anciens bâtiments. Le comble de cet édifice s'est, dci)uis quoique ;. temps, écroulé. Le due fit également commencer la construction d'une très-grande
• cour et de quelques autres tours et portes (|ui restèrent inachevées. Les murs n'en . furent élevés que jusqu'à la hauteur de 4 à 3 yards , et l'on peut aujourd'hui ' encore juger de la magnificence de l'œuvre que Buckingham avait projeté de fonder. •■> Le corps de logis du château était relié au coté nord de l'église paroissiale par une ' galerie en charpente. Pour se former un pare , le duc fit enclore de grandes terres ■< qui furent enlevées à la culture et transformées en vastes plaines pour le courre : ■■> ce qui lui valut les malédictions des habitants de la localité. Comme ce parc est
■ traversé par un petit bras de la Saverne , le duc avait formé le projet d'en changer
• le cours pour en baigner le pied du castcl ( 1 ). >
On trouve, aux annexes du tome II de la Colledanea de Leland, une description très-détaillée du château de Thornbury, laquelle est extraite d'un manuscrit maintenant en la possession de sir Thomas Asile , écuyer , et qui provient du procès-veibal du recensement qui fut fait de ce domaine par ordre de la reine Elisabeth ( 2 ). Il
( 1 ) Voyez V Itinéraire de Leland , tome VII , page 75.
(2) Il s'est glissé un gros anachronisme dans ce manuscrit en ce qui concerne l'dpoque du recensement ici en question. En elïet, en l'y fixant aux 6, 7, 8 et 9 mars 1582, cinquième année du, règne d'Élisabelfi , on a perdu de vue que cette reine est montée sur le trône en novembre 1538 , et que, par conséquent, la cinquième année de son règne correspond à 1562 et non à 1582. Cette erreur a été reproduite par Gough dans ses suppléments aux Antiquités de Britlon ; et le même auteur en a commis une autre en répétant, d'après Rudder, que Henry VIIl et Anne Boleyn furent magnifiquement traités pendant dix jours au château de Thornbury en 1539, attendu que la décapitation de cette infortunée reine eut lieu le 19 mai 1556. On retrouve la même erreur dans VlUsloire du Gloceslershire , publiée en 1803 par Hudge (tome II, page 5i3).
— fi!) —
résullc lie co ilocumonl olliciol (|iie los l);'itiiiicrils du cIk'iIcuu ruiciit liissés à l'iibiiniloii clos la mort du duc. it (jinls t()inl);iiciil d('j;i eu luiiic ;i rc|ioiiut; où le rccenscinciit tut liiu. Depuis lors, iion-sculciiicnl (nul ce <|ui av;iil t-té conservé de l'îuiliiiue niaiioir a éié démoli, mais il on a été de même diuie grande partie des eoii'ilruclioiis érigées jiar Buckingliam et .pii sont menlioniiées dans le procés-verbal des recenseurs.
Essayons maintenant de donner une idée complète de ces ruines , dont le plan par terre figure à la planche VIII. On entrait au cliàteau par une avant-cour située du coté du eouelianl. D'après le proeès-verlial en (jueslion , cette avant-cour ou bassecour, grande de :2 l/"2 acres environ, était entourée de bâtiments en pierre, (pii devaient servir au logement des domesiiiiues , et dont les murailles , liautes de 1 4 à 1.J pieds au-dessus du sol , ne furent jamais achevées et restèrent sans charpente ni toiture. Toutes les fenêtres étaient en pierre de taille, et plusieurs d'entre elles étaient garnies d'un barrage en fer. Les frères Samuel et xNathanie! Buck ont publié , en 1752, une vue à vol d'oiseau du château de Thornbury, dans laquelle on remarque qu'il se trouvait alors dans cette basse-cour plusieurs grandes portes à guichets latéraux , ainsi que des tourelles en saillie sur les façades — toutes choses qui n'existent plus actuellement. On passait de l'avant-cour dans la cour intérieure par la grande porte d'entrée qui occupe le centre du coté occidental du quadrangle formé par cette seconde cour. L'aile gauche de ce côté se composait . au rez-de-chaussée , de trois pièces formant la loge du portier et d'un appartement dit Garde-robe du Duc, et composé de deux pièces, dont l'une occupait la tour angulaire I. Il y avait sous ce corps de logis deux souterrains , dont l'un servait de prison et l'autre de cave ; (juant à l'étage , d comportait quatre belles chambres à feu, La construction de la tour octogonale I ne fut jamais poussée au-delà de la moitié de la hauteur totale qu'elle devait atteindre. A main droite du grand passage d'entrée se trouvaient , au rez-de-chaussée , un appartement de deux pièces appelé Garde-robe de la Duchesse et , à l'étage , dcu\ chambres pour l'intendant du château. Le corps de bâtiment formant le coté nortl de la cour intérieure était une suite d'offices surmontés de chambres à coucher an premier étage et d'un grand galetas sous les combles.
Au côté oriental du quadrangle se trouvaient la grande cuisine , la grande halle, la chapelle et quelques autres offices que surmontait un appartement composé de quatre pièces et appelé Logement du comte de Slafî'ord. L n arrière de ce corps de logis on remarquait
les ruines d'une boukuigerie el d'une aunionerie , où se l'uisuient jadis les distribution.de vivres aux pauvres. Un vestibule séparait la halle de la chapelle. Celle-ci était meublée de vingt-deux stalles lambrissées , et son porche intérieur était surmonté d'un double oratoire pour le duc et la duchesse. La halle était belle , grande et chauffée par un foyer central ; son porche se trouvait presqu'en face de la grande porte d'entrée du château , el son extrémité sud était en communication directe avec une autre salle dite vieille halle. Comme tout ce côté oriental du quadrangle n'existe plus, il est difficile d'en préciser la distribution, et la' description qui en est faite dans le document où nous avons puisé les détails qui précèdent n'est ni assez complète ni assez exacte pour pouvoir y suppléer. Il nous reste maintenant à décrire !c côté sud de ce quadrangle. Le corps de logis qui le compose, et qui est appelé le Bâtiment neuf , est tout entier en pierre de taille ; il est crénelé et couvert de plomb. La pièce A était un grand salon dont le plafond et la charpente tombaient en ruine à l'époque du recensement. Elle communiquait avec un bel appartement, celui de la Duchesse, composé des deux pièces 15 B et du rez-de-chaussée de la tour octogone D. La chandjre à coucher du duc occupait le premier étage de cette tour, tandis que son étage supérieur servait de dépôt aux archives. Enfin , le premier étage de tout ce côté sud du quadrangle était une suite de salons à dincr et de cérémonies.
Au sud du quadrangle que nous venons de décrire , se trouvait une troisième cour ou plutôt un jardin de plaisance , entouré , sur trois de ses côtés , de cloitres surmontés d'une galerie. Celle-ci communiquait , d'une part , avec les appartements du due et de la duchesse , et , d'autre part , avec un bel oratoire d'où ils pouvaient assister aux offices de l'église paroissiale ( I ). Le côté oriental de ce jardin de plaisance était occupé par un corps de logis , appelé Appartements du duc de Bedfort , et qui se composait de 15 pièces, dont six au rez-de-chaussée et sept à l'étage (2). Les
(1) Voir, relativement à cette église, ce que dit Leland au tome VII de son Uinéraire.
(2) On s'explique difficilement pourquoi le nom de Bedford fut donné à ce bâtiment. Rappelons cependant que Jaspar Tudor , oncle d'Henry VII et qui avait été créé duc de Bedford par ce prince , épousa Catherine , veuve d'Henry Stafford , duc de Buckingham , que Richard III avait fait décapiter en 1485. A la mort de Jaspar, qui survint en 1493, le titre de duc de Bedford s'éteignit, et ce ne fut qu'en Jot9 qu'Edouard VI le ressuscila pour le conférer b sir John Russell.
icccnsmirs cvahièroiu ù 12 acres le lerniti compris dans rcneeiiile du clu'ileau , sans y compter le verger, de 4 acres environ, iiui n'était cl<)< ipie par une palissade ( I ).
\". ÔO. Pt.wciiK F. — Farade et plan du colr sud du iirand (piadranglc.
Cette l'arade est celle ipii donne sur le jardin ilc plaisance. La belle tour octogone (jui en termine l'aile gauche est la seule partie de celte farade tjui eut été achevée au temps du fondateur. Il y a plus d'un siècle que le couronnement crénelé de cette tour tt la tourelle d'escalier qui y était accolée ont été détruits ; mais nous les avons ici reproduits en nous aidant de types similaires. La coupe qui ligure à l'avant-pian de la tour est celle du cloître et de la galerie (|ui communiquaient , ainsi qu'il a été dit plus haut et comme on le voit, d'ailleurs, aux deux portes qui figurent dans l'élévation , avec les grands appartements du château et avec l'église paroissiale. Les souclies de cheminée de ce corps de logis sont remarquables par le fini de leur ornementation ; celle qui surmonte la tour est en pierre de taille , tandis ([ue la souche qui en est la plus rapprochée sur le corps de logis est construite en briques. La petite souche en spirale que l'on voit ensuite est également en pierre ; elle était autrefois surmontée d'un pinacle , ainsi que le montre l'estampe déjà citée de Buck. Cette souche correspondait à la cheminée située dans la trésorerie du due , c'est-à-dire dans la chambre dont on voit les nombreuses fenêtres à l'étage supérieur de l'avantcorps le plus rapproché de la tour de l'aile gauche. D'autres souches encore décoraient autrefois cette partie du château , mais elles ont été démolies. Les traits les plus remarquables de cette laeade sont les deux grandes fenêtres en saillie et à étage qui en occupent la partie centrale. Ce sont des types de ce genre de fenestrution si compliqué et si tourmenté qui caractérise la dernière période de notre architecture domestico-gothique. On en verra les détails dans les planches suivantes.
( 1 ) Ainsi qu'il a déjà été dit plus haut , le recensement des propriétés du duc de Buckingham eut lieu peu de temps après la fin tragique de ce gentilhomme. On trouve à ce sujet de curieux détails dans le tome XXV de V Archœologia. Rappelons, en passant, que c'est le duc de Buckingham qui fonda le collège de la Madelaine , à Cambridge ; mais que , par suite de l'insuffisance de la dotation qu'il avait affectée à cet établissement, celte dotation fut fondue dans celle faite en loii par sir Thomas .\udley.
Le plan qui (igurc à la présenle planche est pris , dans le sens longiludinal , mi partie au rez-de-chaussée et mi-partie au premier étage. En le rapprochant du plnn partiel et du plan d'ensemble de la planche VIII , on peut se faire une idée complète de la belle œuvre architecturale qu'avait entreprise le duc de Buckingham.
IV". 31. Planche II. — Elévations extérieure et intérieure de la plus grande des deux fenêtres étoilées et à étage de la façade représentée à la planche I.
On est tout étourdi du luxe de composition et de la dllficulté d'exécution de ce fenètrage ; son plan, au rez-de-chaussée, est un polygone étoile à faces rectangulaires, tandis qu'à l'étage les côtés du polygone sont en ares de cercle. L'ornementation intérieure est d'une grande richesse, surtout à l'étage, car les meneaux en sont tout chargés d'attributs héraldiques des Buckingham et de leurs alliances.
La fenêtre étagée qui occupe le centre de la façade est dans le même genre que celle-ci , mais elle est plus simple dans son ornementation et surtout dans son plan , car, à l'étage, sa projection n'est plus qu'un simple redan.
N°. 52. Planche III. — Détails du fenètrage représenté à la planche précédente. Ces détails s'expliquent d'eux-mêmes.
N°. 53. — Planche IV. — Autres détails du même fenètrage. La légende des figures suffit à s[)écifier ces détails ( 1 ).
N°. 34. Planche V. — Élévation et coupe de la porte sud du cloitre et de la fenêtre en encorbellement qui la surmonte.
C'est par cette porte que l'on allait du jardin de plaisance (appelé cour principale dans la légende de la PI. VIII ) au cimetière de la paroisse. La galène de l'étage , située du même coté, était éclairée par trois fenêtres en encorbellement pareilles à
( i ) Nous avons dit plus haut que ce genre de fenestration , plus remarquable par l'exubiîrance de sa richesse et par la diflîcullé vaincue dans l'exécution que par son bon goût , constitue un trait caractéristique de la dernière période du gothique anglais. On en voit encore de curieux spécimens dans la chapelle d'Henry 'VII , à Westminster , et il s'en trouvait un grand nombre dans l'ancien palais de Richmond , que ce monarque avait fait construire aux bords de la Tamise et qui n'existe plus. On en voit aussi quelques autres spécimens dans la galerie dite d'Henry VII , au château de Windsor.
it'lk' ici ic|tivseiuée. L'orncimnliiiion en csl simple et sévère comme il coiivcntiil :i in situation. Les profils et projections tracés sur cette planclie suffisent , croyons-nous, pour l:i taire eoniplètement ap|)réeier.
.\". Tr,). Pi,.\Nr.iiE ^l. — Elévation, eonje et pluii d'uiie elieniinée de salon.
Celle eiieminée en pierre est empruntée au grand salon nianiné A il appelé grande halle an plan d'ensemble de la planche VIII. Elle est appliquée au centre de la muraille du sud. tout contre la grande fenêtre en loge. Composition, ornementation, exécution . tout y est remarquablement beau et de bon goût. C'est un type bien digne d'être imité.
i\". ÔC). Planche VII. — Parapet à mâchicoulis de la tour octogone de l'angle
sud-ouest.
Ce couronnement réunit toutes les (jualités d'un type de l'espèce , c'est-à-dire la hardiesse, la beauté et la solidité : aussi l'avons-nous fait lever et dessiner avec toute l'exactitude possible. On fera bien de le comparer aux couronnements du même genre que nous avons empruntés aux châteaux de Ilerstmonceaux , de Warwiek e' de Raglan. Il ressemble beaucoup à celui de ce dernier château , mais il lui est supérieur son-; le double rapport des proportions et du profilage des corbeaux.
N». 57. Planche VIII. — Plan d'ensemble du cbâieau ; élévation et plan de la façade qui forme le côté nord de la cour intérieure ; plan du corps de logis dans lequel se trouve l'entrée principale du cliàteau.
Le plan d'ensemble ici reproduit a déjà été meiitioimé dans la description générale du château. On a vu que le côlé nord de la cour intérieure était composé d'une suite d'offices ; c'en est ici la façade intérieure. La coupe qui en termine l'aile gauche est prise suivant l'axe de la porte principale d'entrée. On peut juger, d'après le plan que nous en donnons ici , ainsi que d'après les détails qui précédent , combien eût été magnifique, si l'infortuné fondateur avait pu l'achever, le corps de bâtiments composant le côté occidental de cette cour, dont la longueur tolale est de 20S pieds. La seide tour qui ait été achevée est celle située à l'angle sud-ouest ; elle était haiile de f)7 pieds, y compris le couronnement. La tour angulaire qui lui fait pendant au
nord-ouest dcv;iii lui être égale en tout point. Coninie la tourelle d'escalier accolée à la première de ces tours était haute de 75 pieds , il est permis de supposer que les tours flanquant la grande entrée , ainsi que toutes les tourelles accolées qui sont accusées sur le plan , auraient eu la même élévation ; et il est probable que la hauteur des façades faisant courtines entre les tours eut été égale à la moitié de celle (les tours, car on trouve ce rapport de proportions dans la plupart des grandes constructions castrales de l'école gothique (1). A l'exception de la tour D et de la tour flanquante E , toutes les murailles de ce côté du eliâteau ne sont actuellement encore élevées que jusqu'à la hauteur de 20 pieds environ , et l'on y voit encore , a main droite de la grande entrée , la toiture provisoire signalée par Leland et qui abrite les pièces dites Chambres de l'intendant. Quant à tous les autres appartements jadis si splendides de cette demeure seigneuriale , ce ne sont plus que des ruines inhabitables , des murailles nues et délabrées.
]N°. 58. Planche IX. — Élévation et eoupe de la principale porte d'entrée et de
son guichet latéral.
Ainsi que le montrent les plans de la planche précédente, il n'y a de guichet ou petite porte pour les piétons que du côté extérieur de cette entrée; de sorte que. vers la cour, l'arcade embrasse toute la largeur du passage. Celte porte était munie d une herse , ainsi que le prouve la rainure qui figure dans la coupe. La grande banderole qui la couronne porte l'inscription suivante . devenue tellement fruste qu'il est maintenant très-difficile de la lire :
Cette. ÎPorlc. fut. fommcncce. m. l'un. ^c. notre. Seigneur. m€€(CmX2.
€a. ii. année îin. règne. li'Cjenru. tJiti. par. moi.
€îi. IDuc. île. 6ukkungl)o. Comte, ^e. i^erforîie. Stoffor^e et nortl)ompto.
(I) Voir, au tome 1" des Types, ce qui a été dit sur ce sujet à propos des collèges d'Oxford, notamment de celui de la Madeleine. Comme il y a quelque légère ressemblance entre les édifices fondés à Oxford par le cardinal Wolsey et les conslruclions élevées à Thornbury par le duc de Buckingham , des auteurs modernes ont voulu y voir une preuve de la rivalité qui régnait entre ces deux personnages; mais c'est là une opinion de pure fantaisie.
L'une lies pililcs banderoles sous-jaceiites porte la devise du duc de liuckiiigliain : Dorcs-Cll-atianl. Au-dessus et au eeiilre de la grande banderole se trouve son écusson éearlelé el orlé de la jarretière ( 1 ); les attributs liéraldiqucs qui décorent les l'cussons de la frise sont ceux de la famille du fondateur.
N°. 30. Planche \. — Détails de la inènie jjorte.
La légende de cette planclic dit quels sont ces détails. On y reniar(|ueia connue chose étrange que le eliapitcau de jambage du guicbel n'est |)as profdé symétri(iuonif ni.
l\\ 40. Planche \l. — Fenêtre en encorbellement située dans la façade du coté sud de la cour intérieure.
Cette magnifique fenêtre éclaire la pièce centrale du premier étage de ce corps de logis. Celle pièce, appelée salle à manger dans le procès-verbal de recensement, est longue de 58 pieds, large de 2(5 el baule de 20 j elle est éclairée à son extrémité sud par Tune des fenêtres en saillie qui décorent la grande façade de noire planche 1 . et la cheminée se trouve précisément en face de cette fenêtre.
^'°. 41. Planche XII. — Détails de la même fenêtre.
La manière dont les pierres des cordons en relief du socle de cette fenêtre sont assemblées mérite une attention toute particulière. L'encastrement des joints rend toutes les parties solidaires entre elles; le tout devient ainsi comme une pierre unique et offre toute la résistance nécessaire contre la poussée du poids de la fenêtre. \'oir la léirende de la planche.
i\°. 42. Planche XIII. — Cheminée de salon.
Cette cheminée est appliquée sur la muraille nord de la pièce centrale du rez-dechaussée marquée B au plan général de la planche VIII ; sauf quelques différences
(I) Les pariilions de ce blason sont: 1. Woodstock ; -2. Bohun , comte de Herelord , 3. Uohun , comte de Norihamplon ; i. Stafford. (Voir Y Uistoire généalogique de Sandford, page 232, éd. IG77.
de déiail , elle ressemble beaueoup à celle qui figure à la planche VI. Comme à celle-ci , la frise en est ornée de médaillons sculptés, portant des armoiries en cœur. Le cygne blanc , colleté d'une couronne à chaîne d'or pendante, qui décore le premier médaillon de gauche , est un emblème adopté par plusieurs rois d'Angleterre. Le deuxième panneau porte un lambrequin garni d'une ganse et d'attaches ; au cœur du troisième et du cinquième est le nœud des Stafford ( 1 ) ; le quatrième porte un moyeu de roue enflammé ; enfin le sujet du sixième est le cerf blanc colleté et enchaîné . emblème adopté par Richard H. On rencontre ces mêmes armoiries dans l'ornementation de la cheminée de la planche VI et de plusieurs autres parties du château. La disposition de l'àtre mérite d'être remarquée ; son élévation au-dessus du sol et son rebord avaient pour but d'empêcher que des charbons ne missent le feu au plancher du salon ( 2 ).
rV". 43. Planche XIV. — Chambranle d'une porte de salon.
Ce chambranle est celui de la porte qui mène du grand salon à la salle à manger du premier étage. Il est fort élégant et en parfaite harmonie de style décoratif avec les cheminées que nous venons de voir. On remarquera , à la coupe , que le seuil est en saillie sur le sol de l'appartement. Cette disposition , ordinairement suivie dans les anciennes constructions , avait pour objet d'intercepter le courant d'air et de permettre le recouvrement du pavement avec des nattes ou avec une couche de paille assez épaisse que cachaient des tapis.
i\". 44. Planche XV. — Souche de cheminées en briques.
Il est assez étrange que l'on ail construit en briques une souche juchée sur un bâtiment en pierre. L'artiste a probablement été guidé dans ce choix de matériaux
( I ) Quelques nobles familles avaient adoplé pour emblème une figure fantastique formée par une corde et appelée nœnd. Les plus anciens nœuds sont ceux des Stafford, des Bourchier et des VVake. (Voir l'ouvrage publié en 1793 par Dallaway sous le titre de Recherches snr l'origine et les progrès (le l'art héraldique.
(2) On trouve, dans les Speci??ie?i« de Pugin { tome J". planche LUI ), deux irès-belles cheminées du château de Windsor qui ressemblent beaucoup à celles que nous venons de voir et qui datent de la même époque. Le palais épiscopal de Wells nous en fournira ci-après un autre spécimen.
|iiir k désir tic (Idiiiicr à ci'llc soiicIk! une oriit'imiilniion plus in\n- qu'il n'cùl cU'convenal)le de le l'iiiie on cniploy.inl la pierre. Situi'c sur la façade du colé sud di' la cour iiiloricuro, celle souche contient les tuyaux des cheminées de la salle à manger (lu premier étage et de la pièce qui lui correspond au rez-de-chaussée. On voit gravée sur le socle l'année de cette curieuse construction. L(;s écussons (|ui en décorent le compartiment réticulé de g.uichc représentent alternativemenf le n(r'ii(l des StalTord et l'antilope assise des Uoiiun , comtes de Ilereford ( 1 ).