‹ Types d'architecture gothique, empruntés aux édifices les plus remarquables construits en Angleterre pendant les XII, XIII, XIV, XV, et XVI siècles (volume 2)Chapitre 9 sur 20 · CHAPELLE DE HOIGIITON L\-THE-DALE, COMTÉ DE NORFOLK · texte numérisé non relu

CHAPELLE DE HOIGIITON L\-THE-DALE, COMTÉ DE NORFOLK

FONDÉE VERS lôIJO.

On manque complètement de données historiques en ce qui concerne ce curieux petit édifice. Toutes les rcclierclies faites pour découvrir quelque document relatif à sa fondation et à l'objet de son institution ecclésiastique sont restées sans résultat jusqu'à ce jour. On ignore non-seulement le nom du fondateur . mais encore le saint sous le vocable duquel cette chapelle fut placée. Elle est située dans la paroisse de Houghlon in-the-dale (dans la vallée), et l'on suppose que l'intenlion du fondateur a été d'en faire une station pour les pèlerins qui se rendaient au célèbre prieuré de i\otre-Dame, à Walsingham, lequel en est éloigné de un mille environ , du coté de la mer. ( 1 ) Quoi qu'il en soit , on peut en toute sûreté fixer au milieu du XIV siècle la date de sa construction , car l'ornementation de sa façade du couchant est , en petit , un type parfait de l'élégante architecture ecclésiastique de cette époque. ( !2 ) L'intérieur de l'édilice est maintenant dépouillé de toute décoration ;

(1 ) L'église paroissiale de Houghlon ayant appartenu au prieuré bénédictin de Sle.-Foi, à Horsliam, même comté , il est cependantj'peu vraisemblable que celte chapelle ait jamais été du ressort du prieuré de Walsingham.

(2) On remarque quelque rapport de slyle entre plusieurs détails de celle ornemenlalion el ceux de la porte d'enceinte occidentale de l'abbaye de St.-Edmond, à Bury , comté de Suffolk , laquelle porte fut reconstruite en 1527 , à la suite du saccagement qu'en avait fait une bande de bourgeois révoltés. (Voir page 81 , tome lit, des Antiquilés architecluraies de Brilion >

on y remorque, dans le mur du sud, les traces de deux fenêtres géminées en ogive, mais elles sont bouchées , de même que celle de la façade occidentale. Déconsacréc depuis de longues années , celte chapelle a pendant longtemps été habitée p:ir de pauvres familles, et maintenant elle sert de grange.

N". 2. Planche I. — Façade du couchant.

Elle est aussi remarquable par la régularité de sa composition que par la hardiesse et l'élégance des détails de son ornementation. Ceux-ci ont beaucoup souffert , mais ce qui en reste est heureusement assez marqué encore pour quil nous ait été possible de les rétablir fidèlement dans leur état primitif. Les statuettes qui en décoraient les diverses niches n'existent plus , la main d'un fanatique les en ayant probal)lcment arrachées.

ÎV°. 5. Planche II. — Fenêtre et pinacle de la même façade.

Le réseau de fenêtre ici reproduit , fig. l , est un très-beau type de notre genre curviligne, appelé flamboyant par les archéologues français. ( 1 ) Le raccordement des meneaux avec la broderie du tympan est particulièrement gracieux ; et c'est pour pouvoir en mieux indiquer les points de tracé que nous avons dessiné ce tympan à une échelle très-grande. La fig. 2 indique le profil mouluré du jambage ; le pinacle ou clocheton qui surmonte le gable n'existant plus en entier , on a représenté au pointillé , sur la fig. ô , la partie qui en a été démolie ; rien n'indique que cette chapelle ait jamais eu une cloche ; et c'est d'autant plus étrange que les moindres chapelles en étaient habituellement pourvues, lorsqu'elles ne se trouvaient pas dans le voisinage immédiat d'une église.

( 1 ) Les types les plus remarquables de notre genre curviligne se trouvent dans les fenêtres occidentales des cathédrales d'York et de Durham, ainsi que dans la fenêtre de chevet de la cathédrale (le Carlisle. 11 y a beaucoup d'analogie entre le curviligne anglais et le flamboyant français , ainsi nommé à cause de la ressemblance de ses lignes avec les flammes d'un foyer. (Voir à ce sujet le lome XXV de VJrchœologia , ainsi que les Mémoires de la Société des antiquaires de ta IS'ormandie , année 1824 , page 649. )

N°. t. PiANciiF, m. — Dais dos niilics flanquantes du gable.

L'ornementation de ces dais mérite d elrc remarquée pour la beauté du dessin ; ils sont carrés et placés diagonaiement , ainsi qu'on le voit au plan que nous en donnons à droite et au bas de cette planche. Comme ils se terminent en plate-forme à la hauteur du chaperon du couronnement crénelé , on peut supposer qu'ils étaient primitivement surmontés de pinacles ou statues. On a tracé dans les ligures n"'. 1 et 2 les projections horizontale et verticale des niches , ainsi que leur raccordement avec le chaperon du gable.

N°. K. Planche IV. — Mches de la façade.

On a déjà vu à la figure 5 de la planche II la niche qui décore le sommet du gable. La fig. 1 de celle-ci représenlc en élévation, coupe et plan , l'une des deux grandes niches qui cantonnent la fenêtre, tandis que la fig. 2 donne, dans les mêmes conditions, l'une des petites niches à amortissement rectangulaire qui cantonnent la porte.

L'archivolte à boucpiets , crochets et fleurons de la grande niche de droite est ornée à sa naissance de deux têtes , dont l'une de roi et l'autre d'évêquc ; comme elles sont d'un fort bon goût , on les donne ici au-dessus de la fig. 2.

>'». 0. Planche V. — Détails de rornemcntalion extérieure de la chapelle.

Fi". I. Klle représente la balustrade qui couronne la naissance des combles et les moulures y attenantes.

Fia. 2 et 5. Ce sont les profils des redents en talus et en larmiers des contre-forts angulaires.

Fig. 4. Galbe du chaperon mouluré du gable.

Fig. 3. Profils de l'appui de la fenêtre et de son larmier d'allégé.

Fig. G. Profil du jambage de la porte.

Fig. 7. Profil du couronnement à balustrade et à créneaux des dais des deux niches angulaires.

Page 1