MANOIR
N". 29. PtAricuE IIL — Plans par terre et de premier étage du manoir.
Le plan par terre est celui teinté en noir. Les murs au pointillé et marqués xmx ayant été démolis , il en est résulté que l'escalier qui menait à l'aile gauche de l'étage a dû être déplacé. La pièce principale du rez-de-chaussée est la halle ou grande salle des banquets , à laquelle on accède par un beau porche voûté. Dans le mur de droite de ce porche on remarque un \>eùl ivas-ist-das , ou plutôt une toute petite meurtrière qui servait à recevoir les lettres du dehors et à reconnaître les gens qui se présentaient pour entrer, et cela, afin d'éviter de devoir manœuvrer le pesant fléau de chêne qui assujettissait la lourde porte en chêne ; pour compléter ce système de précautions, on avait pratiqué dans cette porte un tout petit guichet qui permettait à peine l'entrée à une personne à la fois. Un bel écran en chêne sculpté formait antichambre au bas côté de la halle , et il se trouvait , à l'opposite du porche et dans cette antichambre, une porte donnant accès à la cour intérieure , et qui était abritée par un petit porche qui n'existe plus. On passait de la halle dans la salle ordinaire à manger par la porte qui débouche dans la cage actuelle de l'escalier à l'angle sud-ouest de l'antichambre. Au sud de la salle à manger, on remarque une longue pièce à foyer et qui n'est éclairée que par deux meurtrières ; et comme il se trouve encore , en contre-bas de
cfllo lie CCS mcurtricrcs (]iii est siliicc ù l'iinglc sinl oiicsl , une longue moiliiise pratiquée clans l'épaisseur du mur pour loger le lourd né;ui (pii fermait la porte d'entrée siluée aulretois i"i ee même angle, on suppose que cette longue eliandire était la loge d'un portier, et que le passage, éclaire par trois meurtrières, qui y déhouclie , était une galerie de laquelle le portier pouvait observer tout ce qui se passait dan^ la cour intérieure.
A l'ouest de la salle i!> manger et au sud tle la susdite galerie se trouvait rap|)arlcmcnl du chapelain du manoir. Le haut bout de la halle était éclairé par deux fenêtres en loges richement voûtées et munies chacune d'une porte latérale menant, d'une part, aux offices maintenant démolis, et, d'autre part, au grand escalier de l'aile gauche, en passant par un vestibule voûté qui recevait son jour par les deux étroites fenêtres qui encadrent le contre-fort servant de soutien à rencorbcllement de la fenêtre semicirculaire du premier étage. Il se trouve encore, en c, une porte tpii menait sans doute à ce grand escalier , car le mur qui conlieut celte porte était autrefois une partition intérieure. Les pièces qui forment actuellement l'aile gauche du manoir, n'étant pas munies de foyers, il est plus que probable que ce sont d'anciens dégagements et vestibules par lesquels on communiquait au grand escalier et aux offices maintenant démolis. Le long bâtiment de l'aile droite (construit au temps d'Elisabeth) sert aux écuries, remises, étables , etc. L'emplacement qu'il occupe semble avoir été choisi pour dérober aux habitants du château la vue de la ferme et de ses dépendances.
Passons au \Ai\n de l'étage. Nous y remarquons d'abord la projection tie la riche voûte de la halle. A l'aile gauche de celle ci vient ensuite l'appartement des c'rangers : il se compose d'un cabinet de toilette situé au-dessus de la fenêtre en loge de la halle (côté du nord) et d'une belle chambre éclairée, au nord, par une élégante fenêtre en encorbellement semi-circulaire, et, à l'orient, par deux fenêtres rectangulaires, dont l'une à quatre et l'autre à deux jours ; cette dernière est maintenant bouchée ; deux portes menaient de cette chambre aux bâtiments contigus qui sont indiqués au plan comme ayant été abattus; et comme le ealiinct de toilette qui surmonte l'autre fenêtre en loge de la halle (coté du sud) a une porte à l'angle marqué d, cela semble indiquer qu'il se trouvait là un autre appartement d'étrangers ou de maîtres. De ces cabinets de toilette, on pouvait voir et entendre tout ce qui se faisait dans la halle au moyen des espions en mascarons qui sont représentes dans les détails de la planche XIX. .A. la droite de la halle se trouve d'abord une grande chambre à coucher
;ivcc un Ciibiiict de loilctlc situe au-iiessus du porche. Celte chambre est éclairée, au ijord , par une grande fenêtre octogonale en encorbellement, et, au couchant, par une fenêtre à deux jours et par une meurtrière; il s'y trouve en outre (enc), un espion semblable à ceux précités. On communique de cet appartement du châtelain avec celui des étrangers au moyen d'un couloir situé dans les combles de la halle et qui aboutit aux deux escaliers dérobés dont les cages , marquées b , ont leur point de départ dans les cabinets de toilette, façade du nord. Comme la charpente des deux appartements que nous venons de décrire est ornée de moulures, il est probable qu'il ne s'y trouvait autrefois point de |)l,ifond. (Voir planche V.)
N°. 50. Planche IV. — Façade nord du manoir et statuettes de couronnement des gables.
On remarque dans celte façade, qui est la principale de l'édifice, plus de symétrie (]u'on n'en rencontre généralement dans les eonstruetions anciennes du même genre. Plusieurs de ses membres méritent de fixer l'attention des architectes , notamment les deux élégantes fenêtres en encorbellement, les statuettes de gables , si spirituelles dans leur expression, et la souche de cheminée de la halle. Nous en reproduirons les principaux détails dans les planches suivantes. Les deux figures de chevalier qui surmontent les pignons de la halle portent des armures du temps d'Henry VI ; le costume de la figure qui couronne le gable de l'aile gauche date de la même époque, sauf la coiffure, qui est plus moderne.
\". ôi. Pla!nciie V. — Coupe longitudinale de la halle et des appartements contigus.
Cette coupe centrale a pour fond l'élévation intérieure de la façnde du nord. On y remarque la porte extérieure du porche d'entrée de la halle, munie de son petit guichet et de son grand fléau de fermeture. L'écran et la galerie d'orchestre n'existent plus. Le mascaron qui surmonte l'arcade de la fenêtre en loge, est celui du cabinet de toilette qui est à l'étage de cette loge. Les plans de la planche III nous ont fait connaître la nature des pièces qui figurent en cette coupe. Les ouvertures que l'on remarque dans les combles de la halle, en ce, sont les débouchés des deux escaliers dérobes dont il a été fait mention plus haut. Les conqiartimenis de combles qui figurent au-dessous de la coupe appartiennent respectivement aux deux grandes chambres à coucher des étrangers et du seigneur châtelain. Ces compartiments sont accompagnés de leurs détails. Le jambage compris au milieu de ces détails est celui d'une porte, maintenant bouchée, qui se trouve au premier étage et dans la muraille sud
lie l'aile gaucho , ce qui prouve, ainsi (iiie nous l'avons dit, que code muraille, maintenant extérieure, était autrefois une luutilion inlériLure.
N". ^'2. Plam.iif. ^ I. — Coupes transversales île la halle et détails.
I.a l'oupc de droite est pi'isc suivant l'axe des l'enétres en loge du haut houl de la halle. On y remarque la eoupe des espions en mascarons qui se trouvent dans les eabinets de toilette qui surmontent ces loges. L'éeusson armorié , que supportent les griffons qui couronnent les deux petits gables de la façade du nord, est celui des Tropenell. Ces ligures d'animaux sont aussi remaniuahUs par le (lui de l'exécution, que par la spirituelle expression de leur composition. Les détails de charpente qui complètent cette planche, appartiennent aux combles de la halle et des cabinets de toilette.
N"'. ôû, 34, 55. Planches VII, MU et IX. — Klévations . coupes, plans et
détails de la fenêtre en encorbellement demi-circulaire située dans la façade du
nord (pi. IV).
L'ornementation de cette fenêtre est remarquablement belle. Conmie pureté de
dessin, le feuillage à fines découpures qui la couronne, laisse sans doute à désirer,
mais il produit un excellent effet. Le réseau du cul-de-lampe d'encorbellement et les
deux téles-consolcs qui le rattachent au contre-fort d'appui, sont aussi d'un fort joli
dessin. Les soffites de la voussure intérieure sont d'une grande richesse, cl leur
dispositif offre cela de singulier que les nervures des pendentifs viennent s'épanouir
sur les moulures de l'arcade intérieure de la fenêtre. Comme spécimen curieux
d'ancienne serrurerie, nous doimons , planche IX, à réelicUe de demi-grandeur, la
fermeture de la partie mobile du vitrail de cette fenêtre.
I\°. oG. PLA^CI1E X. — Fenétragc de la halle (façade du nord.)
La figure l" représente la fenêtre en loge du haut bout , et la figure 2 l'une des deux fenêtres en ogive surbaissée qui occupent le centre de la façade. Voir la planche pour les détails y relatifs.
X". 37. Planche XI. — Élévation et coupe de la fenêtre octogonale en encorbellement ( aile droite , façade du nord ).
L'éeusson aux armes des Tropenell qui couronne cette fenêtre , parait être d'une date plus moderne que le reste de ce membre. Comme le réseau de tympan de la
fenêtre reclangulaiie qui se Iroiive en eontrc-bas de l'cncorbellemcnl a été détruit , nous l'uvons l'établi , en prenant pour moilcle la fenêtre analogue reproduite à la planeiie XV , figure 2.
N°. 38. Planche XII. — Pians divers et détails de la même fenêtre.
La rubrique de eetle planclie en explique suffisoinment le contenu.
N°. 39. Planche XIII. ■ — Plan , eoupe et détails du porche d'entrée de la balle.
On remarque au centre de la coupe la petite fenêtre servant de ivas-ist-das , qui a été mentionnée plus haut. La voûte de ce porche est d'une grande élégance ; deux de ses consoles de retombée représentent des anges tenant l'écusson des Tropenell. Dans le jambage intérieur de la porte , on remarque la mortaise pratiquée dans l'épaisseur de la maçonnerie pour la manœuvre du fléau de fermeture. Le vantail de la porte est fait d'une double couche de madriers en bois de chêne entre-croisés et assemblés par de gros clous de fer. Nous renvoyons à la planche elle-même pour l'explication des détails.
N°. 40. Planche XIV. — Plan et détails de la fenêtre en loge de la halle, côté du nord.
La voûte de cette loge porte en clef un écusson aux armes des Tropenell ; il en est de même à la loge qui lui fait pendant au côté sud de la halle , sauf une modification dans la forme de l'écusson. Le profil de corbeau qui figure sur cette planche , est un de ceux qui soutiennent le petit escalier dérobé , menant du cabinet de toilette de l'étage aux combles de la halle.
I\°. 41. Planche XV. — Trois fenêtres à amortissement rectangulaire, prises en différentes parties du manoir.
Figure 1". C'est la petite fenêtre éclairant le cabinet de toilette qui se trouve au-dessus de la loge sud de la halle. (Voir pi. VI.)
Figure 2. C'est la moitié d'une fenêtre à quatre jours située dans la muraille orientale de l'aile gauche de l'édifice.
Figure 3. Moitié d'une fenêtre semblable à la précédente , mais de construction moins ancienne, et qui se trouve dans la chambre du chapelain.
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>" 4'-2. Planche XVI. — Éléviilioii , couir' cl ilùliiils du inuiilcuu ilc cliciiiiiiée ilc la |,;,lle ; — ili't;iils de la ■grande soucia' didcui.
Le dessin counuit nui dccore le lynipaii de ce niaiileau esl l'ort original ; il a été pendant longlcnips eaeiié sous une coueiic de plâtre. On rcmanpiera cpic le coté gauche du socle de la grande souche n'est pas prolilé comme celui de droite , ce qui provient du pan coupé qui se trouvait en cet endroit pour la cage du petit escalier dérobé dont il a, plusieurs fois déjà, été fait mention. N°. 43. Planche XVII. — Élévation et détails de leenin en bois de cliéne situé au
bas bout de la liallc.
Cet écran se compose de cinq compartiments, dont trois, décorés d'un réseau ornementai, et deux, complètement ouverts et servant de passage. D'après le profilcment des pieds-droits à colonncttes et pinacles , il est plus que probai)le qu'il n'y a jamais eu de portes à cet écran et que celles-ci y étaient remplacées par des portières de haute-lice. Le plancher et la balustrade de l'orchestre étaient assemblés par mortaises dans une poutre portant sur les pieds-droits de l'écran. Cet écran , autrefois ricliement décoré de peintures et d'or , a été pendant longtemps recouvert d'un épais badigeon , qu'on en a enlevé depuis , mais qui l'a complètement endommagé. Il se trouve encore dans la halle du château d'Haddon un écran tout-à-fail semblable à celui-ci. (Voir la Notice publiée sur ce château par Raynes. )
i>i°. 44. Planche XVIIl. — Détails du même écran. On voit que le dessin du réseau est différent pour chacun des compartiments à claire-voie. L'exécution en est d'un fmi bien remarquable , et il en est de même en ce qui concerne les pieds-droits.
N°. 4i). Planche XIX. — Grandes rosaces armoriées en bois de chêne , et autres détails décoratifs du plafond de la halle. Remarquons, d'abord, parmi ces détails la devise déjà expliquée du fondateur du manoir, Thomas TropencU , esq. : le joug et la devise sont sur champ de gueules; le premier est peint en blanc et les lettres de la seconde le sont en azur , hormis IcT, qui est mouciieté. Les trois patères qui occupent le centre de cette planche, sont celles qui décorent la poutre centrale et longitudinale du plafond en ses points d'intersection avec les poutres transversales qui divisent ce plafond en compartiments
carrés et plans , dont chacun est subdivisé en quatre caissons. Des trois écussons autrefois sculptés sur ces patères , deux sont maintenant tellement frustes qu'il est impossible de les déchiffrer. Celui resté intact est aux armes de Hill-Deverell , comte (le Wills , savoir : d'argent, un chevron de sable entre trois tètes de louj) ; c'est le blason d'Agnès , femme de Thomas Tropenell et quatrième fille de William Ludiow. L'écusson central portait très-probablement les armoiries, en parti, de ces deux époux, tandis que le troisième était simplement aux armes des Tropenell. Nous retrouverons ces mêmes armoiries dans la description du tombeau de la chantrerie, déjà mentionnée, de l'église de Corsham. Ces patères étaient , ainsi que la corniche et les autres moulures du plafond , autrefois richement peintes et dorées. IVous avons déjà dit que les tètes saillantes , qui sont ici reproduites en élévations intérieure et extérieure et en coupe, servent de masques aux espions, à travers lesquels les personnes qui se trouvaient dans les cabinets de toilette et dans la chambre à coucher du châtelain, pouvaient voir et entendre tout ce qui se faisait dans la halle , et cela , par les yeux , la bouche et le dessus de coiffure, percés à jour , de ces masques. L'une de ces tètes semble représenter un roi à longues oreilles d'àne, et l'autre, un évèque coiffé de sa mitre.
IV". 4G. Plaxciie XX. — Patères de plâtre du même plafond de la halle.
Comme ces patères menaçaient ruine, ainsi que les nervures auxquelles elles étaient allachées, on a dû les démonter, il y a quelques années; et le propriétaire en a fait don au vénérable évèque actuel de Buth et ^^"ells, qui en a enrichi le cabinet archéologique fondé par lui, dans la cripte du palais épiscopal de Wells. Parmi les sujets décoratifs de ces patères, on remarque la devise des Tropenell illuslrce de diverses façons; d'autres ont pour ornement, soit des feuilles de chêne ou de nénuphar, soit l'inscription votive 3. C). €. (Jesu hominibus crucifixo.) Enfin, nous avons complété celte planche par un compartiment du plafond restauré dans son état primitif.