PORCHE D'ENTRÉE, RÉFECTOIRE ET PASSAGE DE JONCTION
N". 15. Planche XIII. — Plan par terre de ces trois parties de l'édifice.
On voit en AB que le porche d'entrée du clos est voiilé d'arête à nervures cl qu'il présente , du côté de la rue , une grande porte cl un guichet , tandis qu'il débouche dans le clos par une seule arche — disposition que nous avons plusieurs fois
( I ) Voir l'ouvrage publié en 1828 par M. Nicolas Harkis, esquire, sous le titre de: A Jvuntal vf oiie of tlie suite of Bcckinglon.
signalée dans les Types de nos tomes I et II. Sons ce porclie, à main ganclie, se trouve une porte qui donne accès au cellier EF, dont il a déjà été question, ('e cellier conimuni(|ue , d'une part, avec le réfectoire qui le surmonte, au moyen d'un escalier en hélice dont le point de départ se trouve dans l'une des quatre embrasures à voussure pratiquées dans le mur nord du cellier, et, d'autre part, avec l'intérieur du clos par deux portes qui se trouvent à droite et à gauche de l'avant-corps formé |tar la cage du grand escalier et la tour. La cave I , située sous cet escalier , a l'une de ses entrées qui occupe l'une des embrasures précitées. La pièce G II est un porche voùlé au-dessus duquel se trouve la cuisine et qui mène à celle-ci et à d'autres offices, nommément à la boulangerie. Sous le porche d'entrée A B s'ouvre, à main droite , une porte qui donne accès à la petite antichambre dont il a déjà été question à propos de la jolie fenêtre en encorbellement que voulait abattre le vicaire-boulanger. Le porche CD, qui occupe le premier ordre de la tour et dans lequel débouche le grand escalier du réfectoire, a pour plafond une voûte d'arête d'une grande richesse ornementale ; les détails en sont donnés à la planche XXVI. Au sud du réfectoire se trouve le passage de jonction déjà décrit. Son arche centrale est un parallélogramme oblong en voûte d'arèle, semblable à celle du porche d'entrée du clos et au centre de laquelle on remarque un joli médaillon ayant pour sujet l'écusson de Beckington supporté par le rébus de son nom (voir planche XXVI). Nous donnons à côté du plan ici en question les profils des piles et des principales moulures que comporte le passage de jonction ; ces détails étant suffisamment spécifiés par la légende de la planche, il serait superflu d'en donner ici plus ample explication.
N". 14. Planche XIV. — Plan du premier étage correspondant au plan par terre de la planche précédente.
Le réfectoire est la pièce principale de cet éiage. Il est borné au couchant par la cuisine et par d'autres offices , et au nord par le grand escalier , dont le plafond est projeté sur celte planche. Dans la tour et immédiatement au-dessus du porche se trouve une chambre servant à la fois d'archiverie et de trésorerie, et à laquelle on ne peut accéder que par la longue pièce située au-dessus de la cage du grand escalier et à laquelle on monte au moyen du petit escalier en hélice E qui débouche dans le réfectoire ; à l'autre extrémité de cette pièce se trouve un autre petit escalier F par lequel on descend dans la trésorerie. Il serait difficile d'imaginer un dispositif
mieux onti'iuiu pour mettre un dé|Kil préeieux en [Kirfiiite sûreté contre l'inceiulie et le vol. Celte pièce enrréc , qui n'o que 8 pieds de coté , est meublée de solides armoires et casiers. D.ins le réfectoire et en face de la porte du palier du grand escalier se trouve une autre porte s'ouvrant dans la petite anlicliambre A, qui conduit du réfectoire à la galerie de jonction B du clos avec la cathédrale. A l'extrémité sud de cette gilcrie se trouve également une petite antieliambre de forme irrégulière et à laquelle prend naissance un escalier qui , dans sa descente vers le transept nord de la cathédrale , rencontre un autre escalier par lequel les chanoines du chapitre se rendent au même transc|)l. Par cette ingénieuse disposition , les chanoines et les vicaires pouvaient en tous temps se rendre commodément à l'église pour y faire leur service. Voir la légende pour les parties de celte planche qui ne sont i)as ici mentioimécs.
-N". 13. Planche XV. — Façade sur rue du corps de bâtiment qui comporte le réfectoire et la grande entrée du clos ; coupe transversale du passage de jonction.
Il suffit d'être un peu au courant des principaux traits qui différencient entre elles les périodes successives de rnrcliileclure ogivale pour reconnaître , d'une part , que la lancette ù épais meneau et traverse , qui se trouve vers le milieu de la façade ici reproduite, est un reste des constructions primitives fondées par Ralph de Shrewsbury ; et , d'autre part , que la fenêtre en encorbellement appartient , ainsi que le porche entier qu'elle surmonte , au style pur des Tudors.
lyo. 16. Planche XVI. — Élévation et coupe de la fenéire en encorbellement située au-dessus du porche d'entrée du clos.
Cette fenêtre, qui occupe le haut bout du réfectoire, a pour pendant une pareille
fenêtre ayant vue sur l'intérieur du clos. Elles sont toutes deux d'une date postérieure
au reste de l'édifice : ce sont des pièces de rapport qui y ont été introduites après
coup , et l'on en voit la preuve dans l'entaille qui a été faite au contrefort qui bute ,
du coté droit, la grande porte d'entrée. Or, comme il se trouve scellé, dans l'embrasure
de l'une de ces fenêtres (voir la coupe), un écusson en pierre portant le nom di\jà cité
de Ricus jpomcrou , il est probable que c'est ce bienfaiteur , maintenant inconnu .
qui fit construire non-seulement les deux fenêtres ici en question, mais aussi d'autres
ouvrages ([ui leur sont contemporains , nommément la cheminée et le lambrissage
sculpté à rouleaux qui décorent le réfectoire.
IN". 17. Planche XVII. — Détails de la même fcnèlre. La légende indique suffisamment quelle est la nature de ces détails. N°'. 18 et 19. Planxiies XVIII et XIX. — Coupe transversale du réfectoire.
Cette coupe , prise suivant l'axe du porche d'entrée du clos et ayant pour fond le mur de pignon occidental de cette grande salle, est encadrée, à gauche, par la façade orientale du passage de jonction , et, à droite, par l'une des façades de l'avant-corps qui comprend la cage du grand escalier et la tour ( F K au plan général de la planche I). Le passage de jonction est, dans son genre, un type d'une beauté sans égale. Comme Beckington avait été l'élève et le protégé de l'illustre William de Wickliam et qu'il avait appris l'architecture à l'école de ce grand maître de l'art chrétien en Angleterre, quelques archéologues ont admis qu'il a été non-seulement le fondateur, mais encore l'architecte de cette belle œuvre , qui appartient au style appelé perpendiculaire ou tiidor dans son plus haut période, c'est-à-dire avant qu'il dégénérât par le fait de cette exubérance ornementale qui le caractérise dans les derniers temps de sa vogue.
La façade occidentale du passage de jonction est symétrique dans son dessin et contient encore, dans l'une des niches qui la décorent, une statuette de saint André , patron de l'église de Wells. Quant aux deux figures qui garnissent les niches de la façade reproduite sur cette planche, elles sont tellement détériorées qu'il est impossible de les déchiffrer. Nous avons donné à la planche XIV , lettre N , les détails des fenêtres h tympan rectangulaire qui éclairent la cage du grand escalier.
N°. 20. Planche XX. — Travée centrale de la galerie du passage de jonction.
Les deux jours de cette fenêtre , qui sont séparés à l'extérieur par une niche à dais , forment à l'intérieur de la galerie deux fenêtres distinctes. Nous avons donné , planche XIV , figure K , un plan du jambage de cette fenêtre , et nous en reproduisons ici d'autres détails. On remarque, dans l'ornementation du cordon d'allégé , les attributs héraldiciues de Beckington , à savoir : un pheon , au centre ; deux têtes de cerf de chaque côté ; un ange tenant ime banderole flottante ; enfin , les pièces de son blason sont complétées par la mitre tenue par deux anges et qui est sculptée sur la pierre, qui sert à la fois de clef à la grande arche du passage et de console d'appui au pilier-pinacle central de la façade.
N". ^21. Planche \\I. — Knijade nord ou inléiicure du corps do bàlimeiU (lui comprend le rélecloire ; coupe iransvcrsnle de la cngc du grand escalier. On remaniuc sur cclto coupe la porte tlu réfectoire , ainsi que la pièce située au-dcssu': de la cage d'escaiior et par huiuclie on va du réfectoire à l'arcfiivcrie ou trésorerie.
N". 22. Planche XXII. — Klévations intérieure et extérieure, et détails de l'une des trois fenêtres ù lancette dont il a été (piestion à propos de la planciie XV. On se rappelle ce que nous avons dit de ces fenêtres en ce qui conecrnc leur origine et leur ùge. Voir , quant à leur eniplaeemeni , les façades et coupes des planches XV , XXI et XXIII.
N". 25. Plasche XXIII. — Coupe longitudinale, comprenant le réfectoire, la cuisine, les pièces qui leur correspondent au rez-de-chaussée et le porelie d'entrée du clos.
On remarquera au fond de la coupe du réfectoire la fenêtre en encorbellement, la cheminée et l'entrée de rantielunnbre (jui mène à la galerie du passage de jonction. Dans le jambage de la première fenêtre , à droite de la elieminée. se trouve pratiquée une petite tribune dans la(iucllc se lisaient autrefois les grâces pendant les repas de la communauté ( 1 ) ; on en voit l'ouverture carrée au-dessus de la cheminée. N". 24. Planche XXIV. — Cheminée et chenets du réfectoire. Cette cheminée, quoique peu ancienne, mérite cependant d'être remarquée pour le bon goût de son ornementation. Sur son manteau se déploie la banderole déjà citée, et dont l'inscription sollicite les prières des vicaires pour le salut de l'àme de sir Richard Pomeroy. Les cinq écussons qui la décorent, sont blasonnés comme suit : Le premier, à compter de la gauche, cinq barres or et azur, trois coquilles de scalope en chef de gueules , chargé d'un demi-cheval issant rampant d'argent. Le second est aux armoiries déjà décrites de Beckington. Le troisième est l'écu royal écartclé
(1) La stricte observance de la lecture des grâces avait été réglementée par une ordonnance royale qui contenait, entre autres prescriptions, que, pendant les repas, aucun vicaire ne pouvait se lever de table ni quitter le réfectoire , avant que les grùces eussent été dites, sans en avoir obtenu la permission de l'un des Principaux ou de leurs suppléants , et ce , sous peine d'une amende (le quatre deniers. ( Voir The Statutes and Charter of close hall , p. 28 , M S.
trAngleterrc, tel que le porlèieiit Henry V et ses successeurs jusqu'au règne d'Elisabeth : un cl quatre, azur à trois fleurs de lis d'or ; deux et trois , de gueules , chargé de trois lions gardant-passant en pal d'or. Le quatrième est aux armes déjà décrites des sièges réunis de Bath et Wells. Le cinquième est celui de Pomeroy : champ d'argent , chargé d'un lion rampant d'or dans une bordure engrèlée d'azur.
N°. 2S. Planche XXV. — Coupe transversale du réfectoire.
Cette coupe , qui a pour fond le coté du couchant, est prise suivant l'axe des portes ; elle comprend , d'une part , la petite antichambre qui mène du réfectoire à la galerie de jonction , et, d'autre part, la coupe longitudinale complète de l'avantcorps qui contient le grand escalier et la tour. Il est probable que la chambre située au-dessus du grand escalier servait de demeure , ainsi que celle qui surmonte la trésorerie , au receveur de la communauté ( fonctionnaire qui était élu chaque année au jour de la St. -Mathieu par les vicaires principaux). La charpente à nu qui sert de plafond à la première de ces deux chambres , est remarquable par la richesse de son ornementation ; on en a vu la coupe transversale à la planche XXI.
N°. 2G. Planche XXV^I. — Détails divers mentionnés dans la description des planches précédentes.
Les dei]x panneaux qui occupent le haut de cette planche , sont aux armes déjà décrites de Beekington. Celui de gauche , qui a des anges pour tenants et deux banderoles extérieures , décore le mur d'allégé de la fenêtre orientale de la petite antichambre qui mène du réfectoire à la galerie de jonction (voir planches XVIII et XIX ) ; celui de droite est placé à la clef centrale de la grande voûte du passage ( voir planche XIV ) ; il a pour supports deux tonneaux flamboyant montés sur chevalets et qui forment rébus sur le nom de Beekington ( beacon , de beconmg, faire des signaux, et ton, tonneau). Au bas de la planche se trouve le plan de la voûte du porche situé sous la tour, avec indication de la courbure de son arche. Enfin, les autres figures de cette planche sont , d'une part , cinq patères et un profil de nervure de la même voûte . et , d'autre part , divers spécimens du couronnement des lambris du réfectoire.
MWOIK ET ÉGLISE DE CREVT-CIIALFIELD,
COMTÉ DIÎ WILTS.
(Hcalon Easl-Clialfielcl est une pclite paroisse du canton de Bradford , située à «■•gale distance et à quatre milles environ des villes de Mclksliani et Bradlord. On eniit que ce fut autrefois rcniplacenient d'un avant-poste établi par les Romains pour louvrir le elieniin de communication qui, coupant la grande chaussée romaine cl passant |)ar la station de Vcrlucio, reliait entre eux le camp de Kingsdown , prés Batli, et celui de Roundaway-IIill , près Devizes. On n'y trouve plus aucun vcsiige des fortifications élevées par ces anciens dominateurs du monde, mais on peut encore suivre dans la plaine le tracé en ligne droite du chemin de communication |)réeité , lequel vient couper la grand'route de Bath au nord-est de cette ancienne cité.
Il est déjà fait nicnlion de ChaUield ( ou Caldefelle ) à la rubrique IFillesIdre du rôle du grand cadastre ( Uomesdaybook , 70 A), dressé sous Guillaumc-le-Conquérant. Vers la (in du \\\\° siècle, sous le règne d'Edouard I", le manoir de Grcat- Chalfield était un lief tenu libre de toute taille et à simple service de chevalerie par un .^ir William Kous, vassal du com'.e de Salishury , vassal lui-même de la haute baronnie de Tiowbridge , qui relevait du duché de Lancastre , et c'est du chef de ce manoir que les Ilous , seigneurs de Chalfield , occupèrent en ce tcmps-lù la charge honorifi(|ue de consiable de la forteresse de Trowbridge.
Sous Edouard II , le domaine de Grcat-Clialficld échut à une famille du nom de Percy , qui était une branche eadclle d'une famille normande dont le chef, William de Percy , avait accompagné Guillaume-lc-Conquérant en Angleterre ; et comme la descendance mâle et directe de ce \\'illiam s'était éteinte à la deuxième génération dans la personne de son pciit-fds ^^'iliiam, fils unique d'Alan de Percy. surnommé le Grand, ce fut à Agnès, sœur de ce dernier, qu'échurent les Liens de la famille. .Jocelin Barbalus, ayant épousé Agnès, prit par substitution le nom de Percy, et c'est là la souche de celle branche cadette des Percy qui resta en possession de Great-Chalficld jusqu'en 140i, é|)oque à la(|uclle ce domaine, laissé en usufruit par .lean de Percy à Constance, sa femme, passa abusivement, d'abord, à un chevalier du nom de Henry de la Rivière, que Constance avait épousé en secondes noces; puis, à Robert ^^■ayvilc, évèque de Salisbury, dont cette Constance était la cousine
et l'ancienne mailrcssc. Ce ne fui qu'en I'il8 que le manoir fit retour à son liériticr légitime dans la personne de Tiiomas Tropencli , seigneur d'Imbcr, et cela, du cliel de son ancêtre Walter Tropcnell, qui avait épousé Catherine, fille d'un sir William Percy. Nous verrons, à la planche VI de la monographie de l'église de Greal-Chalfield , un écusson en parti qui rappelle cette union.
Thomas Tropcnell, qui avait épousé Agnès, fille de William Ludiow , seigneur de Hill-Deverell, descendait d'une irès-aneienne famille, déjà en renom au temps de l'heptarehie , et qui s'est alliée , depuis , à de nombreuses maisons connues dans notre histoire nationale, et parmi lesquelles nous devons citer les Rous d'Immer, les Roche de Bromeham cl les Eyre, parce que nous rencontrerons les armoiries de ces familles dans rornemcntation du manoir et de l'église ici en question.
Bien qu'on ne connaisse aucun document qui le prouve d'une manière authentique, c'est à ce Thomas Tropcnell qu'est attribuée la construction primitive du manoir actuel de Great-Chalfield. Cette présomption se fonde, d'abord, sur ce que le style de l'édifice se rapporte évidemment à l'architecture de la fin du règne d'Henry VI ; puis , sur ce que les nombreuses armoiries que l'on rencontre dans l'ornementation du manoir et de l'église, sont exactement les mêmes que celles qui décorent aujourd'hui encore le magnifique autel-tombe érigé à la mémoire de ce même Thomas et d'Agnès, sa femme, dans la chantreric que possédait autrefois celte famille dans l'église de Corsham, comté de Wilts. La devise des Tropcnell était: Cc joutj turo bclcmcitt. Nous la verrons inscrite et partiellement allégorisée sous diverses formes et en maints endroits des édifices ici considérés; c'est ainsi que le mot joug y est souvent remplacé par la figure d'un ancien joug à atteler les bœufs. Celte devise , étant en français , doit nécessairement être postérieure au temps de la conquête par les Normands. On ignore complètement son origine ; mais clic jjarait avoir été fatale au dernier rejeton màlc de celle famille, car il est de notoriété certaine que, vers le milieu du XVI" siècle, un Thomas Tropencli , fils unique de John , se trouvant un jour à la chasse et s'étant passé autour du cou les deux laisses ( ou jougs ) de ses chiens, qu'il avait lâchés, eut le malheur de s'embarrasser, en franchissant une haie , dans le branchage d'un arbre et d'y rester pendu.
Nous admettons donc, jusqu'à preuve du contraire, que le manoir actuel et une partie de l'église de Grcat-Cbalfield datent de la fin du règne d'Henry VI, milieu du XV siècle , et que sir Thomas Tropencli en fut le fondateur. Sans compter les
ravages du temps, le ni;iiii)ir n siiM dopiiis lois plusieurs eliangcincnls , (|ui eoii>isleiil priiicipalpiiienl tliiiis la (léiiiolitioii de la p:irlie de l'aile gauche (pii reiileiinail les offices, écuries et auti'cs pièces du service doiiiesiitpic , et dans la coiislruetiuii du long corps de logis, servant aeluelleinent aux niènics usages et qui s'étend depuis le grand porche de l'enceinte jusqu'à l'aile droite du château. Ce bàtiincnt , ainsi (|ue tous ceux composant la ferme , porte le euehet du style dit d'Klisabelh ; et il en est de même du manteau de cheminée qui se trouve dans la belle cliandjrc des étrangers. Tout homme de goiit qui comparera ces dernières constructions avec celles élevées par le fondateur primitif, y verra la preuve de la grande su|»ériorilé de rarchileclure du X> "■ sur celle du \\l° siècle.
Grâce au bon goût de sir Henri JJurrard i\eale , qui possède actuellement le manoir de Great-Chalfield du chef de son mariage avec Gràce-Elisabcth, fille et cohéritière de Robert Neale, csq., dont le père l'avait acheté du duc de Kingston, ce vénérable édifice vient d'être restauré aussi conformément que possible à son état primitif , et c'est à l'auteur de la présente notice qu'on a bien voulu confier cette tache délicate.
L'église de Great-Chalfield est sous l'invocation de tous les saints ; elle porte les signes évidents d'une plus grande ancienneté que le manoir, du moins en quehiues-unes de ses parties. Il résulte d'ailleurs, de documents authentiques cités par sir Tliomas Piiilipp dans ses Institutiones ex Registro Novœ Sarum Episcopi , qu'il existait déjà en 1308 une chapelle à Chalfield dont William de Cumbc était alors desservant, et que cette chapelle devint église paroissiale vers l'an 1549. Nous avons tout lieu de croire que les murailles de la grande nef actuelle sont encore celles de la ciiapelle primitive , sauf cependant la fenêtre du couchant et le clocheton , qui sont évidcnuneiii d'une date postérieure. La belle chanircrie, située au sud de cette nef, a été fondée par Tliomas Tropcnell. Le magnifique écran en pierre qui lui sert de clôture, e>i orné d'une série d'éeussons où figurent les armoiries de cette famille et de ses alliances à partir des Percy. L'élégant porche du couchant et le portail du sud sont de l'époque d'Henry VU. De 1719 à 177u , l'église subit de nombreux cliangcmenis et réparations , consistant principalement dans un nouveau voùlage de la nef et du chœur ; dans la construction de l'espèce de nef latérale , située au sud et dans le prolongement de la ebantrerie des Tropcnell ; dans le déplacement de l'écran de cette chapelle pour en faire la clôture du chœur ; dans le percement d'une arcade à travers le mur oriental de cette même ehapclie , pour mettre les deux nefs en
coiiiniunic;Uion ; dans le rcliausseiiient général du pavement de l'église sur une liauleur de 1 pied 8 pouces ; enfin , dans un ignoble badigeonnage à la chaux dont furent souillées toutes les murailles intérieures, y compris le bel écran en pierre.
Heureusement pour les amis de l'art , le rectorat de Grcat-Chalfield est maintenant occupé par un ecclésiastique éclairé , le révérend Richard Warner , qui considère comme un des devoirs de sa charge de faire tous ses efforts pour réparer autant (jue possible le mal fait par ses [irédéccsscurs. C'est à lui que l'on doit de pouvoir maintenant admirer sur les murs de la chantrerie les restes , malheureusement fort détériorés, des élégantes peintures à fresque que les vandales du siècle passé avaient cachées sous d'épaisses couches de chaux , et parmi les autres embellissements (juc M. Warner a déjà réalisés, nous devons citer, en première ligne, la restauration complète de la grande fenêtre du couchant et les verrières peintes dont il a enrichi tout le fenétrage de son église.
iDsaœs'ïïîM m^ mAwmi
{•>. MAÎSOIR ET EGLISE.
N°. 27. Planche I. — Vue piuorcs(|iio du iiuiiioir et do IVglise.
Le point de vue de eelte perspeelivc est situé en © sur le pl;iu généiid de la planelie II ci-après. Le manoir et l'église y sont représentés dans leur état de restauration projetée , et rarchitcctc qui on est chargé s'est conformé autant que possible aux anciennes données qu'il a pu se procurer. Les deux brèches (pie l'on remarque dans le mur de séparation de l'avant-eour et du cimeliére sont fictives ; elles ont pour but de melire mieux à découvert la façade occideiilaie de l'église et l'aile gauche du manoir. Nous avons cru devoir également remplacer le guichet vulgaire qui existe dans ce même mur de séparation par un petit porti(iue ogival mieux en harmonie avec l'ensemble du tableau.
N". 28. Planche II. — Plan général par terre.
Sur ce plan sont compris tout le terrain et tous les bâtiments autrefois entourés de fortifications. Il ne s'y trouve plus aucune substruclion du temps des Romains. Le manoir est couvert , au nord et au levant , par une longue courtine flanfiuée de deux bastions circulaires dont la eonsiruetioa ne peut remonter à une époque bien reculée, si l'on en juge d'après les linteaux en bois qui existent encore aux meurtrières. Il est probable que cette muraille d'enceinte a été élevée sur les fondements d'une enceinte plus ancienne et antérieure à rérccliou du manoir actuel. On remarque en effet , vers le sud de l'église et au point marqué x , les fondations d'une épaisse muraille dont le prolongement en ligne droite irait inévitablement couper remplacement d'anciens bâtiments maintenant abattus, mais qui ont fait partie du manoir actuel. On accède au manoir par un pont en pierre (|ui a remplacé le pont-levis primitif , lequel aboutissait à la principale porte d'entrée, dont le jambage extérieur, quoique détérioré, est encore debout. La voûte du porche d'entrée est d'une date beaucoup plus ancienne que le long bâtiment aux offices qui sépare le manoir et les bâtiments de la ferme; mais, à partir de la hauteur de cette voùle , la partie supérieure de
la loiir d'entrée est d'une coiislruction moitis ancienne que celle de la base. Au côlé sud-ouest du manoir, il y avait autrefois, aux points marqués y et z , deux autres portos d'entrée , celle en z donnant accès à la cour intérieure entourée de bâtiments qui ont été démolis. Comme l'église obstrue en partie la vue de la façade principale du manoir , nous y voyons une preuve de plus de l'antériorité de construction de celle-là relativement à celui-ci. Le moulin à eau (c) qui est situé sur le ruisseau qui borne les jardins au suii-est , a été modernisé , mais il remonte à une haute antiquité , car il en est fait mention au Domesdaj-book , ou rôle du grand cadastre , déjà cité dans notre notice historique. Le grand étang qui borne l'enclos du manoir au sud , est alimenté par des sources naturelles ; sa longueur est de 558 et sa largeur de 51 pieds. Les deux réservoirs à poissons qui y débouchent, ont chacun 83 pieds sur 31. Les eaux de l'étang se déversent dans le ruisseau qui le longe et dans lequel se jettent également celles du grand fossé de défense en passant par le canal du moulin. La terrasse déclive qui se trouve entre le manoir et l'étang, est plantée en verger.