‹ Types d'architecture gothique, empruntés aux édifices les plus remarquables construits en Angleterre pendant les XII, XIII, XIV, XV, et XVI sièclesChapitre 16 sur 20 · VA · texte numérisé non relu

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(Icntf^llc (le l'ninorlisscincnt de la porte que nous nvons cssnyû de rétablir ici nii pointillé. Les cinq éciissons qui en décorent la corniclie, seront blasonnés à la planclic suivante. Les détails qui complètent celle-ci , sont des coupes de la corniche , de l'appui , du slylobalc, du jambage cl des meneaux.

W. 52. Pl\nciie VI. — Détails décoratifs du même écran.

Les cinq écussons ici reproduits sont ceux des Tropenell et des familles leurs alliées. Celui central est aux armes du fondateur, savoir : de gueules, à fasce d'argent engrelée cl licrminée, entre trois tèlcs de grillon. Le jjremier écusson de droite porte en parti, à dextre , les armes des Tropenell , et, à seneslre , celles des Percy , qui sont : d'azur , six fusées en fasce d'or. Cet écusson rappelle le mariage de Walter Tropenell avec Catherine , fdle de sir William et sœur de sir Henry Percy, tous deux anciens seigneurs chevaliers de Greal-Chalfield, et c'est du chef de ce mariage et à défaut de progéniture mâle d'un sir Henry Percy, troisième du nom, que ce domaine échut , ainsi (juc nous l'avons déjà dit , à sir Thomas Tropenell. L'écusson n°. "l est aussi en parti: il porte, à dextre, les armes des Tropenell, et, à scnestre , celles des Rous, qui sont : d'azur à trois lions rampant d'hermine.

Cet écusson se rapporte au mariage de Roger Tropenell , petit-fils de Walter , avec Christine, fille désir Joiin Rous d'Imber. L'écusson n°. 5 porte, à dextre, les armes des Tropenell, et, à scnestre , celles des Roche, savoir : d'azur, trois rougets d'argent dans une bordure d'or ; il indique le mariage de Henry Tropenell, petit-fils de Roger, avec Edith , fille de Walter Roche , frère puîné du chevalier John Roche , fils de Jolin Roche de Bromham. Enfin , l'écusson n°. 4 est celui déjà décrit de Thomas Tropenell, fondateur de la chapelle et du manoir, et d'Agnès, sa femme, quatrième fille de William Ludiow de Hill-Ueverell. Mort en 1490, sir Tliomas fut inhumé à cote d'Agnès sous le magnifique autel-tombe qui fait l'objet de la planche VHI ci-après. Les patères en qualrefeuillcs qui se trouvent au bas de celle-ci , décorent la corniche de l'écran , à l'inléricin' de la cbapelle.

N". 55. Planche VH. — Banc d'œuvre avec pupitre en chêne ; piscine en pierre.

Celte piscine est maintenant appliquée sur le mur sud du chœur , mais c'est une pièce de rapport qui provient de l'église primitive.

N". î)t. l'i.ANciiF. \'lll. — AulcI-tiimbL' de Tlionins Tiopciioll cl d'Agnes, sa l'cmme.

Cet élégant julii niontimcnl se trouve à l'église de Corsliain , dans la cliapeilc de cliantrerio l'ondée par la famille Tropenell. On lit rinseri|)tion suivante sur la l'rise supérieure de la corniche : 3. €}. S. .VtUS na)arcuU9 , i^ilius Dfi, S'ûiw^ Da^)i^, J'iliu? iUariiV l'irginis. Silluct nos; tandis (|uc celle iid'ériiure jiorle sur les quatre faces de l'édiculc une suite continue de lleurons alternant avec la devise des Tropenell : Ce joug tura bclcmCUt. Les panneaux polylobés du corps du tombeau ont en ed nr les mêmes écussons que ceux ([ui ont été décrits à la planche VI. O monument porte encore de nond)rcuses traces de peinture et de donne. Les écussons étaient autrefois blasonnés en couleurs.

MVNOIR DE SOITII-WKAXII.VLL,

COMTK l)i: WILTS.

Los rnros iloLiiiiicnls ptuvcniii? jusiin'à nous en tv ijui concerne ce doinnino répandent peu lie Inniicrc sur son orit;inc : ee qui s'explique par celle cireonslanee (|ue , avant ré|)0(iue de la Uéfornialion. le manoir de W'raxliall élail une dépendance de celui (le nradlbiil , lecpiel faisait lui-niénie partie du leniiinrel de la eélél»re abbaye de Shaftesbury ; aussi est-ce au cartulaire de celte dernière (juc nous avons eu recours pour trouver les premiers éléments de eellc notice iiistoriquc.

l.e manoir de Cradford avait été donne par le roi Ellielrcd à l'abbaye de Sliaflcsbury. et cette donation l'ut ensuite conlirmée par Ilicbard l" cl par Kdouard i"'. La première mention qui soit l'aile de >\'raxhall dans le cartulaire de l'abbaye date du milieu du \III° siècle, et cela à l'occasion de la cession alors l'aile, à charge de renie et à des moines ipii l'occupaient , d'une propriété (composée dune maison avec vingt arpents de terre, prairie et dépendances) qui était enclavée dans le ilomaine de W^rokesliale et ipTun chapelain de celle localité, nonnné Martin, avait antérieurement léguée à l'abbaye. On présume que la petite chapelle de St.-Edwyn . (jUc l'on voit aujourd'hui encore dans le voisinage du manoir, esl un reste de la propriété ainsi cédée. Cette présomption se fonde sur le cachet de haute ancienneté (|ue porte celle chapelle ; et comme il se trouve encore , parmi les ruines qui rentourent , une grande souche de cheminée construite dans le vieux style anglais . cl (jui date positivement de la même époipie que la chapelle elle-même, on suppose (|ue celle-ci avait à l'origine, de même que la chapelle de Plaister, pour destinalion d'héberger les pieux pèlerins (jui allaient visiter les leliques de St. Joseph d'.4rimathée.

La seconde mention que l'on trouve de \\raxhall dans le cartulaire précité remonte à la vingt-cinquième année du règne d'Edouard II (1352); elle a pour objet ralïranchissement d'un nonmié Thomas Scalhclok , jusque-là tenancier en villenage de l'abbaye pour le manoir de Bradford, ainsi que la donation en tenure coulumière au dit Thomas et à sa femme Édithe . fille de Roger le portier , d'un bien de culture el de pâture dépendant du manoir de Bradford, et qui élail situé en partie à \>"rokeshaIe cl en partie sur le territoire de la ville de Lighe. Celte donation e>l irès-probablement le point de dépari , le noyau primitif de la propriété qui devait ,

un siècle plus lard, constituer un domaine seignoun;d dans Im f;imiile des Long et sous le nom de manoir de Wraxliall.

Il est difficile de préciser la maniùrc dont cette liimillo est eiiliée en possession de cette propriété 5 il semblerait toutefois, d'après les versions à peu près concordantes de Leiand et de Camden , que c'est à la générosité d'un lord Hungcrford , trésorier d'Angleterre, qu'un nommé Henry, surnommé le Long à cause de sa haute stature, et qui était au service de ce grand personnage, dut son affrancliisscment ainsi qu'un mariage avantageux qui le mit à même d'user de son droit de propriété. Quoi qu'il en soit de cette question d'origine , un point hors de doute , c'est que le manoir de >\raxliall , désigné sous le nom de Liltle Mimer at If'rexley dans l'Itinéraire de Leiand, avait pour propriétaire, au commencemenl du XN'" siècle, un sir Robert Long, qui fut membre de la commission de paix en 1426 et député de W'ilts à la chambre des communes en 1433. De son mariage avec Alice, fille de Réginald Popham de Xord-Bradicy , comté de Wilts , Robert eut trois fils: Henry, Jean et Réginald. La halle du manoir en étant la partie la plus ancienne , et son style architectonique correspondant à celui en vogue au temps où vécut ce Robert Long , il est probable que c'est lui qui en fut le fondateur ; mais on en est à cet égard réduit 5 de pures conjectures, car il n'existe aucun document qui le constate, et les armoiries qui font encore partie de l'ornenientalion de cette salle gothique . ne peuvent ici nous venir en aide, attendu que, à en juger d'après leur style, elles remontent tout au plus au règne d'Henry ^'H, sinon même à celui d'Henry \\\\. Ces armoiries consistent , ainsi qu'on le verra aux planches X , XIV et XV ci-après , en écussons sculptés sur les culs-de-lampe en pierre qui servent de support aux consoles des retombées de fermes de la belle charpente ogivale à nu de la halle, charpente qui est néanmoins contem))oraine du reste de l'édifice.

Robert, qui avait épousé en secondes noces xM.irguerite , veuve d'Edouard Wayle de Draycot-Cerne, et fille de Philippe Popham de Berton-Sacy dans le Hampshire . étant mort en 1447, le manoir de Wraxhall échut en héritage à Henry son fils aine. Les deux mariages de Robert avec des femmes de la famille des Popham expliquent la différence que l'on remarque dans le blasonnement de deux écussons aux armes de cette famille qui se trouvent à Wraxhall, diiïérence ijui consiste en un croissant posé en chef et qui, dans l'héraldique anglaise, est une brisure d'armes qui distingue le puiné d'avec la branche aînée.

— :ii) —

D'iipi'i's le IMSS 4Ô." , |). ,")ô (le In Hililioiliriinc liinicicnnc , IIciiin Long, liU ili' Robcrl, l'dl slK'iir de Wills dans les années I4.'i7, 147G cl 1483. Diins son testament daté de I i"('> , .M;irgiicrilc lady de llungerl'ord l'institua l'un de ses fidéienmniissaires. Il eut Mois l'eiiinies , savoir : la première . Jeanne , lllle de J. Krideigli : lii ileuxiéme . iMargiierile . fille de .)e;iii .Newlnngli de I.mIwoiiIi. en Dorselsliiie . et

hi troisième , Jeanne , ijui lui survéeul. Aueune d'elles ne lui donna

d'enfants, et, quand il mourut, en 1490, il fut, d'après ses dernières volontés, enterré dans l'église paroissiale de Wraxliall , en faee de la liante croix [coraiii alla cruce (I). f.e nom de famille de sa veuve n'est pas mentionné dans son testament, mais il est plus que iirobable , d'après le monument funéraire érigé à la mémoire de Jeanne dans la chapelle des Long, en l'église de Wraxliall, par le chevalier Thomas Long , neveu et héritier de Henry , que cette dame np|);irleiiait aux Berkeley par son père et aux Seymour par sa mère ; et en effet ce tombeau , dont nous donnons ci-après une esquisse (planche LXXVII) et qui existe encore aujourd'hui dans la chapelle susdite, est décoré d'un écusson partagé par pal, portant à dexlrc les armes des Long et à scnestre celles éeartelées des Berkeley et des Seymour; et ec (pii confirme notre présomption à cet égard , c'est , d'une part , que la coiffure de la ligure de femme couchée sur ce tombeau est bien celle alors portée par les dames veuves, et. d'autre part, que les arbres généalogiques de ces familles n'indii|uent pour ce temps-là qu'une seule alliance avec un membre de celle des Long , à savoir . avec la liilc de Thomas Berkeley et d'Elisabeth , fille de Thomas Seymour.

Le chevalier Thomas Long , héritier de Henry , du chef de son père , fière puiné de ce dernier , avait épousé ."Marguerite , qui était à la fois sœur cl cohériiière dr Thomas Wayte de Temple et de Draycot , cl sœur cadette d'Edouard Wayte pai- .Marguerite Popham , laquelle, ainsi qu'il a été dil plus haut, avait épousé en secondes noces Robert Long. C'est à raison de ces alliances croisées que le manoir de Draycot échut aux Low^ in jure lixoris ; et comme ce manoir était un l'id iic petite sergenicric , c'est-à-dire donnant à son possesseur la prérogative féodale de remplir la charge de maréchal au couronnement du Roi, c'est ainsi que l'insigne de cette dignité (le gonfanon)

( 1 ) Probablement celle du jubé ou de l'arc triomiitial , à l'entrée du chœur.

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