LE PIC VERT
Cet oiseau, de l'ordre des grimpeurs, est répandu partout où se trouvent des bois et des insectes.
Il a la tête et le cou gros et courts, le bec long, pointu et fort. Il peut, à son gré, redresser sur sa tête les pelites plumes rouges qui en couvrent le sommet. Son plumage est tantôt vert ou noir, tantôt d'une teinte jaunâtre. Les jambes sont couvertes de plumes jusqu'aux extrémités.
Les ongles des deux ergots antérieurs et des deux de derrière sont garnis d'ongles pointus. Les doigts ne sont pas préhensibles.
L'oiseau, quand il grimpe sur un arbre, y semble adhérer; sa queue, taillée en coin ei composée de plumes roides et effilées, facilite son ascension ; il s'en sert comme d'un support. Il se nourrit d'insectes, qu'il poursuit tant sur les branches que dans les trous ou creux, dans lesquels il cherche à s'introduire.
Quand il n'y parvient pas, il frappe le corps de l'arbre ou. les branches à coups de bec redoublés, travaillant avec la plus grande activité; il dépouille souvent ainsi les arbres secs de leur écorce.
On entend de. loin ses coups de bec, et on pourrait les compter. Si le chasseur
l'aperçoit, il lui échappe en tournant autour de la branche et en se tenant sur la face opposée. C'est à tort qu'on a dit que le pic, après quelques coups de bec, allait de l'autre côté de l'arbre pour voir s'il l'avait percé. Il n'agit ainsi que pour recueillir sur l'écorce les insectes qu'il a réveillés et mis en mouvement.
Le pic a la langue fort extensible, gluante, et qui se termine par une partie cornée, dentelée et pointue, qu'il darde conire les insectes qu'il veut atteindre. Il cherche surtout les fourmilières ; il y attend les fourmis au passage, couchant sa longue langue dans le petit sentier qu'elles ont coutume de tracer et de suivre à la file, et, lorsqu'il sent sa langue couverte de ces insectes, il la retire pour les avaler. Mais si les fourmis ne sont pas assez en mouvement, il va sur la fourmilière, l'ouvre avec les pieds et le bec, et, s'établissant au milieu de la brèche qu'il vient de faire, il les saisit à son aise et avale aussi leurs chrysalides.
Ces oiseaux, loin de faire des dégâts dans les bois, détruisent au contraire l'insecte appelé nline-bois qui les attaque. Ils choisissent leurs demeures dans des creux d'arbres ou dans des trous qu'ils élargissent avec leur bec robuste, s'ils ne peuvent y pénétrer d'abord.