‹ Types du règne animal. Buffon en estampesChapitre 28 sur 38 · LE HÉRON-BUTOR · texte numérisé non relu

LE HÉRON-BUTOR

Cet oiseau, de l'ordre des échassiers, a la taille moins élevée et plus mince que la grue.

Son bec fort aigu, dont l'ouverture est très-large, est fendu jusque sous les yeux ; la couleur en est verdâtre comme celle des pieds, l'ouverture de l'oreille est grande, la tête estrîoire à son sommet; des plumes longues et touffues garnissent son cou en descendant par devant la poitrine; sa démarche et sa pose sont singulières; il tient le bec en l'air, et rejette en arrière son cou enfoncé dans les épaules. Son plumage est parsemé de taches disposées plutôt en pinceaux qu'en étoiles, qui chargent tout le corps de mouchetures ou hachures noirâtres ; elles sont jetées transversalement sur le dos, dans un fond brun fauve, et tracées longitudinalement sur un fond blanchâtre au devant du cou, à la poitrine et au ventre.

Les hérons-butors sont d'une nature triste, solitaire et sauvage.

Ils n'habitent que les marais où se trouvent beaucoup de joncs ; là ils restent

des jours entiers dans la même attitude, et semblent se plaire dans la retraite et l'inaction.

Le soir, ils prennent leur vol et vont à la chasse. Ils se nourrissent de grenouilles, de petits poissons et de rats qu'ils avalent tout entiers. De leur cri sonore ils appellent leurs femelles, qui se trouvent souvent très-éloignées d'eux.

La femelle fait son nid au milieu des joncs et des roseaux, et pond quatre à cinq œufs, d'un cendré verdâtre; l'incubation dure pendant vingt-cinq jours.

Ces oiseaux se défendent et défendent leurs petits avec courage, lorsque leurs ennemis les attaquent; ils leur lancent avec persistance de rudes coups de bec qui suffisent quelquefois pour les mettre en fuite.

On les rencontre en France, en Suède, en Danemark, en Angleterre, en Suisse et en Autriche.

LE COUROTJCOU RESPLENDISSANT.

Cet admirable oiseau, de l'ordre des grimpeurs, est originaire du Brésil ; ce nom de couroucou représente son cri d'une manière sensible.

Il a le bec court et gros, crochu et dentelé, plus large en travers qu'épais en hauteur, et assez semblable à celui des perroquets. Ce bec est entouré, à sa base, de plumes roides et effilées. L'œil est brillant. Son plumage, touffu et doux, brille des plus riches couleurs. La tête, le cou, le manteau et la queue sont d'un beau vert émeraude glacé d'or a reflets pourprés, et d'un éclat extraordinaire. Le dessous du ventre, jusqu'aux pattes, est d'un rouge brillant mêlé de jaune.

Les pennes qui terminent la queue du couroucou sont d'une longueur extraordinaire ; elles sont jolies, gracieuses et légères à la fois.

Ces oiseaux ont cela de particulier qu'ils ont les pieds fort courts, terminés par deux doigts en arrière et deux en avant.

Ils vivent solitairement dans l'épaisseur des forêts humides, où ils se tiennent pendant le jour.

Ce n'est que le soir et le matin qu'ils prennent leur vol pour aller à la chasse des insectes dont ils font leur nourriture.

Les couroucous, dont on ne connaît guère que deux espèces, construisent

leur nid d'une manière toute particulière; ils cherchent un trou d'arbre, le garnissent de poussière ou de bois vermoulu, et la femelle y vient pondre trois ou quatre œufs blancs de la grosseur de ceux du pigeon.

Pendant que la femelle couve, l'occupation du mâle est de lui porter à manger, de faire la garde sur un rameau voisin, et de chanter; il est silencieux et même taciturne en tout autre temps; mais tant que dure celui de l'incubation de la femelle, il fait retentir les échos de sons languissants.

Les petits, au moment de leur éclosion, sont entièrement nus, et on ne distingue pour ainsi dire que deux choses, c'est-à-dire la tête et le bec, qui sont d'une prodigieuse grosseur.

Du jour où les petits sont éclos, le mâle cesse de chanter pour s'occuper entièrement de la nourriture de ses petits.

Le couroucou, oiseau très-rare, n'a jamais pu être acclimaté; aussi n'en a-t-on jamais vu en France de vivant.

Ils sont de la grosseur d'une colombe. Ce sont les plus beaux oiseaux de l'Amérique méridionale, et on les trouve communément dans l'intérieur des terres.

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