‹ Types du règne animal. Buffon en estampesChapitre 30 sur 38 · LE DINDON · texte numérisé non relu

LE DINDON

Le dindon est originaire de l'Amérique septentrionale. Cette race comprend deux espèces : l'une sauvage et l'autre réduite en domesticité. Cette dernière est acclimatée en Europe depuis le seizième siècle. C'est le plus remarquable et l'un des plus grands de nos gallinacés.

Le beau plumage du mâle, son œil vif, sa démarche fière le distinguent particulièrement.

Sa tête, qui est fort petite à proportion de son corps, entièrement dénudée de plumes, est, ainsi qu'une partie du cou, recouverte d'une peau bleuâtre chargée de mamelons rouges dans la partie antérieure du cou, et de mamelons blanchâtres sur la partie postérieure de la tête. De la base du bec descend par le cou, jusqu'au tiers environ de sa longueur, un appendice charnu, rouge et flottant, composé d'une double membrane. Si le dindon est irrité ou contrarié dans ses amours, aussitôt la caroncule qui recouvre son bec se déploie, s'allonge, toutes les parties charnues de sa tête et de son cou se colorent d'un rouge plus vif, les plumes du cou et du dos se hérissent et la queue se relève en éventail, tandis que les ailes s'abaissent en se déployant jusqu'à traîner par terre. Sa démarche devient fière et grave, il jette un cri ou gloussement perçant, qu'on peut lui faire répéter en sifflant; il recommence à faire la roue, qui, suivant qu'elle s'adresse à sa femelle ou aux objets qui lui font ombrage, exprime tantôt son amour et tantôt sa colère. S'il s'irrite ou entre en fureur, il s'élance alors et attaque à coups de bec, faisant tous ses efforts pour éloigner l'objet qui lui paraît insupportable.

Les orifices des narines du dindon sont dans le bec supérieur et ceux des oreilles sont en arrière des yeux fort couverts et comme ombragés par une multitude de petites plumes suivant diverses directions.

11 a une touffe de soies longues et roides qui flotte au-devant de sa poitrine.

Cet oiseau s'appelle aussi coq d'Inde. C'est aux noces de Charles IX (1570) qu'il figura, dit-on, pour la première fois comme un mets digne d'un roi. Il ne devint commun en France qu'à partir de 1630.

Dans l'état de domesticité, le dindon est timide et craintif et ne fraye pas avec les autres oiseaux de la basse-cour.

Les œufs de la dinde sauvage, s'ils sont donnés à couver par une poule domestique, produisent des sujets très- recherchés.

La chair du dindon domestique est excellente ; celle de la dinde a quelque chose de meilleur encore.

Il y a plusieurs variétés de dindons : la noire, la blanche, la grise et la pourprée.

A l'état sauvage, les dindons vont ordinairement par troupes de cent et plus ; ils sont plus gros que ceux que l'on voit en France et pèsent jusqu'à 18 kilogrammes.

Ils ont le plumage plus noir et ont les mômes mœurs et les mêmes habitudes; ils ne manquent pas d'instinct et ne sont pas si stupides qu'on a bien voulu le dire.

Il n'est pas avéré non plus que les jésuites aient importé le dindon en

Europe.

Imp .M ecja et a IWs .

:ji.

Page 1