LA PINTADE
Cet oiseau, de l'ordre des gallinacés, nommé aussi poule de Numidie ou de Barbarie, est originaire du nord de l'Afrique; sa grosseur est celle d'une trèsforte poule.
Son corps épais et arrondi, sa tête nue comme celle des dindons, garnie de barbillons charnus, que surmonte une crête cornée, un plumage gris ardoise, parsemé de taches blanches arrondies, faites comme au pinceau, et sa queue courte, font remarquer la pintade parmi tous les autres gallinacés.
Quoique l'ornement d'une basse-cour, on l'y élève rarement et cependant elle pond beaucoup, et sa chair, très-délicate, est très-recherchée. Mais, comme le dit Buffon, « c'est un oiseau vif, inquiet et turbulent, qui n'aime point à se tenir en place, qui se rend maître dans la basse-cour, il se fait craindre des dindons même, et, quoique plus petit, il leur impose par sa pétulance. »
Ses petits sont difficiles à élever dans nos climats et demandent des soins tout particuliers.
La pintade gratte la terre, perche et aime à se rouler dans la poussière ; comme les poules, son vol est lourd, mais elle court rapidement. Elle se nourrit d'insectes, de grains, d'œufs de fourmis, etc.
Elle a été transportée des pays chauds en Europe au commencement du seizième siècle.
Les œufs de la pintade, plus petits que ceux de la poule, sont d'un rouge sombre et n'ont pas de taches. La femelle les cache dans son nid, qu'elle fait dans les buissons ou dans les haies.
A l'état sauvage on la trouve dans l'Afrique méridionale, où elle vit en troupes nombreuses.
Les anciens connaissaient les pintades sous le nom de méléagris ; ils supposaient qu'elles provenaient de la métamorphose des sœurs de Méléagre; les larmes versées étaient représentées par les taches blanches de leur plumage.
LE MESSAGER ou SECRETAIRE.
Cet oiseau, de l'ordre des rapaces, est aussi nommé serpentaire, à cause de son goût spécial pour les serpents. Il a la hauteur d'une grande grue et la grosseur d'un coq d'Inde. Il a le port fier, la démarche vive et rapide; les couleurs de sa tête, de son cou et de tout le manteau sont d'un gris bleuâtre, qui deviennent plus claires sur le devant de son corps. Il a du noir aux pennes des ailes et de la queue, et les jambes emplumées comme tous les oiseaux de proie.
Il est bautmonté sur les jambes commeun échassier, a un bec robuste, crochu et fendu jusqu'au dekà des yeux. L'œil est entouré d'une peau nue de couleur orangée.
Une huppe de longues plumes roides et inégales, de couleur noire, qu'il porte à l'occiput, lui a fait donner le nom de secrétaire, parce qu'il paraît ressembler ainsi à certains écrivains qui portent assez souvent leur plume derrière l'oreille.
Sa queue, très-étagée et noire en partie/porte deux pennes plus longues que les autres.
Avec les armes des oiseaux carnassiers, il n'a rien de leur férocité; doux et
pacifique, il n'attaque jamais que les serpents, qu'il dépèce avec plaisir pour en faire sa nourriture.
Il fait aussi la chasse aux rats, aux lézards, aux sauterelles, aux crapauds et aux petites tortues, qu'il avale tout entières après les avoir brisées.
Comme il ne fréquente que les plaines désertes, s'il s'aperçoit qu'on l'observe, il fuit rapidement par sauts de plus de deux mètres; cette rapidité lui a fait donner aussi le nom de messager. La nuit, il aime à percher sur le sommet des arbres.
La femelle fait son nid dans le haut des buissons ou à la cime des arbres; elle y dépose deux ou trois œufs d'un blanc tacheté de roux, de la grosseur de ceux de l'oie.
Pris jeune, le messager peut s'apprivoiser et s'habitue facilement à la bassecour.
Le cri du messager ressemble assez à celui de l'aigle. Quoique originaire d'Afrique, il paraîtqu'il s'accommode assez bien du climat d'Europe.
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