LA MAIRIE
Quelques individus faisant leurs affaires sous couleur de celles de la ville ; un vaniteux imbécile le plus souvent qui n’est que le syndic d’avidités locales.
L’élection, en démocratie, n’a lieu qu’à renfort d’engagements, de promesses, si multipliés, que la meilleure volonté serait barrée par les auxiliaires.
Il y a plus à piller dans une mairie que sur les routes d’Espagne. Le maire est celui qui distribue les lots aux voleurs; serait-il honnête, on vole autour de lui fonctionnellement : c’est une ferme générale à deux cents têtes.
Aucune initiative ne peut se produire, car ce sont les avocats qui emplissent les municipes, et ces gens-là sont ennemis de toute réalisation noble : l’homme qui n’apporte aux affaires que le parlage n’est pas un artiste, c’est un discoureur ; il ruinera toutes les assemblées qui ne le banniront pas. L’avocat n’est qu’un commis-voyageur sédentaire, mais il opère au détriment de la cité et de l’État, par instinct et sans thèse, comme un animal qui se jouerait mieux dans la bourbe.