‹ Typhonia. Avec la règle esthétique du second Salon de la Rose CroixChapitre 24 sur 73 · LE PALAIS DE JUSTICE · texte numérisé non relu

LE PALAIS DE JUSTICE

On leur a laissé un costume, tellement le rôle est difficile à tenir, et le personnage à jouer. Ils ont des rabats, des toques et des robes, un crucifix dans leur salle, et on les prendrait pour des prêtres, s’ils n’étaient pas d’aigres bourgeois, rhumatisants ou graveleux.

Ils sont hommes de loi, comme les militaires sont gens de guerre, et ils appliquent un texte élaboré par le plus insigne brigand que la Révolution ait enfanté.

L’officier a fait remise de sa conscience à son supérieur, et le juge de la sienne au législateur ; et la légalité, en leurs arrêts, remplace la justice qui est un des noms divins, Géburah !

Ils sont pour l’ordre, et trouvent cependant les dynamiteurs de crânes individus, qu’ils condamneraient du reste : malgré qu’ils ne s’illusionnent pas sur eux-mêmes, ils se haussent à penser que, pour défectueux, ils n’en sont pas moins nécessaires ; et ils profitent de leur connaissance de la partie pour ne jamais avoir affaire comme plaignants à leurs collègues, quel que soit leur bon droit.

Les magistrats, comme les femmes, ne sont bien jugés que par eux-mêmes.

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