SUPÉRIEUR
Admirer est plus doux que créer, et le discipulat nous donne plus de joies que la maîtrise, mais où sont les supérieurs ? Ceux qui remplissent quelque fonction n’y sont parvenus que par médiocrité ; il faut discerner soi-même, parmi les inclassés sociaux, ses maîtres, et on les choisira selon sa propension et non d’après leur hauteur.
Les examens les plus compliqués ne prouvent que de la mémoire , la supériorité se voit aux œuvres. On vaut suivant ce que l’on crée ; mais la plus utile rencontre ne sera jamais celle d’un grand artiste. Boileau, ce médiocre écrivain, a rendu à Racine, par son goût, le plus grand des services, et Goethe n’aurait pas reçu d’un autre Goethe les profits reçus d’Eckermann.
Il faudrait d’abord se juger et se mesurer, et, si on se sacre supérieur, chercher un confident ou devenir le confident d’un être supérieur, et la formule serait : On doit porter les couleurs d’un autre jusqu’à ce qu’un autre porte les vôtres.
TYPÏIONIA
XY