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COTÉ DE DEUX

Quand le nombre des pages est suffisant pour en former une feuille, on procède à l'imposition. Le chapitre suivant expliquera ce qu’on entend par ce mot.

LA MISE EN PAGES

L’imposition terminée, le metteur en pages transporte les formes à une presse spéciale, où un employé est chargé d’en faire la première épreuve, qui prend le nom de première typographique ; puis elle est remise au correcteur avec les feuillets de copie qui ont servi à l’établir; sur le dernier de ces feuillets le metteur en pages indique par un trait le point exact, la ligne, le mot, la fraction de mot même, où se termine cette feuille, et inscrit le nom du compositeur à qui appartient cette composition. Voici comment se formule en marge cette indication après la feuille première :

[ feuille 2 — f° 17 — M. Leroux.

Ce point d’arrêt prend le nom de réclame; il a une sérieuse importance ; c’est l’indication certaine de l’endroit où finit cette feuille et de celui où commence celle qui suit ; l’omettre serait s’exposer à de graves erreurs, à des solutions de continuité qui peuvent avoir des conséquences fâcheuses. Le même soin doit être pris pour chaque feuille.

Le correcteur, après avoir lu la feuille et reporté sur la grande marge les noms des compositeurs à mesure qu’il les rencontre sur la copie, l’envoie au metteur en pages.

LA MI S K EN PAGES

Celui-ci remet alors les formes sur le marbre 1 , les desserre et appelle chacun des paquetiers à corriger, tour à tour, la part de composition qui lui incombe.

11 est essentiel que le compositeur ne quitte pas le marbre sans s’assurer préalablement de la bonne exécution de ses corrections; il n’est pas rare, malheureusement, de voir des compositeurs, négligents ou inhabiles, commettre, en corrigeant, des fautes nouvelles, parfois plus graves que celles relevées par le correcteur, ou omettre une partie de celles indiquées sur l’épreuve.

En cas de malfaçon, le metteur en pages oblige le compositeur à réparer le mal; car le paquetier doit une composition bien faite et bien corrigée, et la rectification de ses fautes, nous ne saurions trop le redire, est un temps complètement improductif pour lui; il a donc un puissant intérêt à livrer au metteur en pages une composition , sinon entièrement irréprochable, du moins aussi pure que possible.

Après la correction des paquetiers, le metteur

1. Le marbre est une espèce de table sur laquelle on place les formes pour effectuer les corrections. Ces tables, dans l’origine, étaient recouvertes d'une plaque de marbre ; plus tard , le marbre fut remplacé par des pierres épaisses et dures que l’on faisait polir; aujourd’hui la fonte est substituée avec avantage à la pierre, mais le nom de marbre est resté.

LA MISE EN PAGES. 83

en pages, à son tour, corrige tout ce qui lui est personnel, les notes, titres, sommaires, titres courants, etc., enfin tous les détails se rattachant à la mise en pages; puis il resserre les formes, fait faire une nouvelle épreuve, et cette épreuve, adressée pour la première fois à l’auteur, prend le nom de première d’auteur.

Jusqu’à la fin de l’ouvrage, on opère successivement pour toutes les feuilles comme nous venons de l’indiquer pour la première.

Le plus souvent un auteur demande à revoir plusieurs épreuves de la même feuille, et il n’est pas rare que, chaque fois, il trouve de nouvelles corrections à y faire. Dans ce cas, le metteur en pages donne un numéro d’ordre aux épreuves, et, selon leur rang, les désigne par première, deuxième, troisième d'auteur ; on les corrige à nouveau, pour être renvoyées à l’auteur avec l’épreuve précédente, jusqu’à ce que celui-ci, n’ayant plus besoin de les revoir, les retourne à l’imprimerie après y avoir ajouté ces mots : Bon à tirer.

« De toutes les opérations relatives à la composition, dit très- justement M. Fournier, la mise en pages, par la variété et la multiplicité de ses fonctions, est celle qui exige au plus haut degré les connaissances typographiques. L’ouvrier auquel on la confie doit s’être préalablement exercé à tous

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les genres de travaux qui entrent dans la composition. Si son expérience ne le place au-dessus des difficultés qui s'y présentent fréquemment, et ne le met à môme de les résoudre avec sûreté; si ce tact et ce goût qui doivent toujours présider aux dispositions qu’il crée, ou aux améliorations qu'il découvre, ne le distinguent des simples compositeurs; enfin s'il n'est doué de l’intelligence et de l’activité nécessaires pour diriger la marche d’un ouvrage et la suivre dans ses différentes périodes, il ne peut occuper convenablement parmi ses confrères le rang à la fois honorable et avantageux de metteur en pages 1 . »

La page ci -contre offre le tableau des folios correspondant à chaque signature des feuilles, quel que soit leur format.

t. Traité de la Typographie , par Henri Fournier , 3' édition.

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