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LA DISTRIBUTION

fiance pour les lettres régulières, elles leur seront substituées, et c’est cette substitution qui s’appelle coquille.

De toutes les fautes occasionnées par la mauvaise distribution, la coquille est celle qui se produit le plus fréquemment. En apparence, elle présente peu de gravité, et cependant elle a de véritables dangers; c’est une de celles dont il faut phis particulièrement se défier, car elle a des traîtrises inattendues; par elle, un mot est transformé en un autre, qui produit un non-sens, ou parfois présente un sens diamétralement opposé à l’idée émise par l’écrivain; tantôt elle lui fait dire une sottise, tantôt elle produit une monstruosité ' .

I. On a pris l’habitude, et les journaux plus particulièrement, d’appeler indifféremment coquille toute faute d’impression quelconque ; c’est là une erreur. Ainsi c’est à tort que l’on appelle coquille cette charmante et fraîche image qui a fait dire à Malherbe :

Et rose, ello a vécu ce que vivont les roses,

L’espace d’un matin.

Malherbe avait écrit :

Et Rosette a vécu ce que vivent los roses.

Ici, ce n’est plus une coquille, mais une inadvertance du compositeur, qui a mal lu, a cru voir rose elle, et a fait deux mots de Rosette.

Malherbe lui sut gré de cette erreur, qui ajoutait singulièrement au charme de sa pensée.

La coquille est une faute qui ne porte que sur une seule lettre

LA DISTRIBUTION

Un point essentiel, que négligent trop if-ouvriers, c’est, en distribuant, de remettre les espaces, selon leur force, dans leurs eassetins respectifs. On peut reconnaître un compositeur soigneux à l'attention qu'il apporte au triage des espaces en distribuant; ce soin, il est vrai, réclame de sa part du temps et des précautions; mais, en composant, il retrouve une large compensation, parce qu'il n’est plus obligé à des recherches qui ralentissent toujours la justification.

mise à la place d’une autre. Ou conçoit donc qu’elle puisse échapper facilement à l’attention du correcteur, et plus encore quand cette malencontreuse lettre laisse un sens à la phrase. Au risque de distraire mon lecteur, voici dans ce genre quelques méfaits de la coquille.

Dans un journal sérieux de Paris, on a pu lire un matin cette petite nouvelle :

« M. Guizot s’est pendu aujourd’hui à Saint-Cloud près du Roi. »

Eh bien , ce vilain p a eu le pouvoir, pendant quelques heures, de jeter l’épouvante dans les esprits. M. Guizot s’était tout simplement rendu près du Roi.

En voici une autre du même journal, qui, parait- il, était coutumier du fait. Un de mes amis, qui avait été décoré la veille, a eu la satisfaction de lire dans le journal du lendemain :

« M. Delsarte , capitaine de la garde nationale , a été dévoré hier à la tête de sa compagnie. »

Enfin, sous le règne de Louis-Philippe, une coquille a fait dire à un grave ministre, dont les forces étaient épuisées par une discussion de tribune et un discours très -étendu :

« Messieurs, je demande que la discussion soit renvoyée à demain, je suis à bout de mes farces. »

6l> LA DISTRIBUTION.

Lorsque, dans la distribution, il se rencontre de l’italique, des petites capitales, etc., il est de bon ordre de les distribuer ou mettre en place surle-champ. Si elle contient des caractères ou des signes particuliers, tels que ceux de l'algèbre, du grec, de l’arabe, etc., ils doivent être remis aussitôt au chef du matériel.

Pour distribuer avec plus de facilité, il faut mouiller préalablement la composition avec une éponge. L’eau pénètre entre les lettres et leur permet de glisser plus aisément dans les doigts.

Les caractères, après avoir servi, se noircissent et s’encrassent, de telle sorte qu’il se produit parfois entre eux une adhérence qui rend la distribution difficile. Il est bon, dans ce cas, de mouiller la lettre avec une eau dans laquelle on aura fait dissoudre un peu d'alun. Cette précaution a pour effet de tenir le caractère toujours propre et de le faire sécher plus promptement dans la casse.

Quand les caractères neufs et ceux qui sont restés longtemps sans emploi présentent le même inconvénient, il faut faire tiédir la dissolution.

LA MISE EN PAGES

Des diverses opérations qui constituent la profession de compositeur d’imprimerie, la composition proprement dite, qui tient cependant la plus large place dans les travaux, est peut-être celle qui, à l'exécution, présente le moins de difficultés; car, en y apportant de l'attention et de la volonté , on arrive assez promptement à bien faire ce qu’on est convenu d’appeler des lignes.

Savoir composer simplement des lignes, et les composer purement surtout, est un excellent pas de fait; mais dans cette voie ce n’est que le premier.

Il faut se familiariser avec bien d’autres connaissances, telles que la mise en pages, l’imposition, la correction, les tableaux, la composition des litres, des ouvrages de ville, et enfin une multitude de

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travaux de genres divers qu’on ne saurait énumérer, mais qui exigent de la part de celui qui exécute la connaissance parfaite du métier et une somme de goût qui ne s’obtient que par la pratique.

Quand il s'agit de commencer un volume, quel qu’en soit le format, plusieurs compositeurs prennent ordinairement part à ce travail ; le prote remet le manuscrit ou la copie à l’un d’eux, qui est chargé spécialement de la direction, de la bonne exécution du travail et de ce qu’on appelle la mise en pages, d’où lui vient son nom de meneur en pages. Les autres s’occupent plus spécialement de la composition du texte, qui constitue le fond même de l’ouvrage, et n’ont à se préoccuper d’aucun des détails qui peuvent s’y rattacher.

Plusieurs conditions sont indispensables pour qu'une mise en pages soit exécutée convenablement dans toutes ses parties.

Le premier soin du metteur en pages est de prendre une connaissance au moins sommaire du travail qui lui est confié ; il doit se rendre compte du sujet traité, savoir s’il comporte des divisions et subdivisions, des tableaux, des notes, etc., et si, par certains côtés, il ne présente pas quelques difficultés d’exécution. Un bon metteur en pages se familiarise d’abord avec toutes les parties du manuscrit, le régularise, et au besoin cote les

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feuillets avant de les remettre aux compositeurs, et fait exécuter par avance les parties qui pourraient arrêter ou ralentir le travail. Cette connaissance du manuscrit lui est nécessaire à un autre point de vue : il faut qu’il puisse en raisonner sciemment avec l’auteur, dans le cas où il serait mis en rapport direct avec lui, ce qui peut arriver dans le cours de l’impression d'un livre.

Cette connaissance une fois acquise, il délivre à chacun des compositeurs, par fractions et successivement, les feuillets du manuscrit, en leur donnant, s’il y a lieu, les instructions particulières relatives à la composition ; car il est des écrivains qui parfois repoussent les habitudes admises, et certains ouvrages spéciaux en exigent de nouvelles. Il écrit sur le premier feuillet de chaque part de copie le nom de celui à qui elle est remise, et prend soin de l’inscrire sur son cahier de notes, de manière à savoir à qui elle est confiée.

Lorsque ces diverses parties sont composées, elles ne représentent encore que des fragments épars; elles ne forment pas des pages régulières, et sont désignées sous le nom de paquets; de là celui de paquetiers donné aux compositeurs.

Quand le paquetier a terminé les feuillets de manuscrit, il doit les rendre aussitôt au metteur en pages pour en recevoir de nouveaux.

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Quel que soit le format d’un livre, la feuille étant considérée comme l’unité, c’est par feuille qu’on procède. Quand la composition exécutée permet d’établir une feuille, le metteur en pages réunit tous les éléments qui lui sont nécessaires, et procède à la mise en pages. A cet effet, il recueille et met en ordre les feuillets de la copie et demande aux paquetiers les compositions qui correspondent à ces diverses parties du manuscrit.

Pour opérer avec certitude , le metteur en pages doit avoir une bonne galèe, pourvue d’une équerre en fer parfaitement juste; c’est sur cette galée qu’il va faire passer successivement toutes les compositions pour en former des pages régulières; cette régularité s’obtient à l’aide de ce qu’on appelle la réglette de longueur ou de mise en pages : c’est elle qui va lui servir à justifier les pages sur la galée, car il faut qu’elles présentent dans leur longueur autant de rectitude qu’une ligne bien justifiée. Voici comment on fait cette réglette :

On établit une page provisoire en mettant sur la galée le nombre de lignes convenu, on y ajoute en tête une ligne de folio ou de titre courant, sous laquelle on place au moins deux interlignes pareilles à celles qui sont adoptées pour le texte, et l’on met en pied une ligne de cadrais du corps; ensuite on redresse la page pour que les lignes

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soient bien d’aplomb, puis, de la main droite, on applique sur l'extrémité libre des lignes une réglette en plomb, tandis que la main gauche imprime à la page une pression qui fait disparaître l’élasticité des interlignes; la page ainsi maintenue, on indique par un trait sur la réglette la limite extrême où elle se termine, et l'on y pratique une encoche qui devient le point d'arrêt, la mesure fixe à observer pour toutes les pages. Chacune d’elles devra atteindre, sans la dépasser, la marque indiquée sur la réglette.

Pour éviter toute surprise, il faut d’un coup d’œil s'assurer qu’il ne s’est pas glissé quelque interligne étrangère, plus ou moins forte que celle adoptée couramment dans l’ouvrage ; autrement il se produirait une différence de longueur dont la cause pourrait échapper au correcteur. Les pages doivent présenter une régularité si parfaite entre elles, qu’à l’impression les lignes d’une page verso tombent exactement sur les lignes de la page imprimée au recto.

Au début du travail de mise en pages, il est assez ordinaire de laisser de côté le grand titre , le faux titre, et même les pièces préliminaires, telles que Préface, Avant-Propos, Dédicace, etc. La mise en pages ne commence donc, le plus souvent, qu’au titre de départ du texte; ce titre,

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autant que possible, doit ne pas dépasser le tiers de la page et occuper exactement la place d’un nombre de lignes déterminé. Le plus souvent on le sépare du texte par un filet maigre s’étendant sur une partie ou sur la totalité de la justification. Sous ce filet viennent se placer les mots Livre, Chapitre, accompagnés, s’il y a lieu, de leur sommaire; alors on emprunte au premier paquet de composition le nombre de lignes nécessaire pour compléter cette page, on y ajoute la ligne de pied, et, à l’aide de la réglette, on lui donne sa longueur exacte, puis on la lie solidement, pour la placer ensuite sous le rang après l’avoir mise sur un porte-page.

Commençons par dire que la première page de chaque feuille doit porter une mention particulière. Pour éviter de confondre les feuilles après l’impression, on donne à chacune d’elles un numéro d’ordre, qui prend le nom de signature; ce numéro se place dans la ligne de pied , presque à son extrémité de droite. Si l'ouvrage forme plusieurs volumes, on distingue les feuilles de chaque volume par un second chiffre qui s’appelle tomaison, lequel se place sur la même ligne, mais à l’extrémité opposée à la signature. La tomaison s’indique en chiffres romains et en petites capitales , la signature par des chiffres arabes.

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Quand une feuille est composée de plusieurs cahiers, comme l’in-12, l'in-16, l’in-18, etc., chaque première page de cahier reçoit une signature qui indique son numéro d’ordre.

Lorsqu'un carton, ou encart, doit être placé au centre d'un cahier, il faut que ce carton porte la même signature que celle du cahier, mais ponctuée, c'est-à-dire suivie d’un point.

Pour la deuxième page, comme pour les suivantes, on met d’abord en tête de la galée le titre courant et le nombre d'interlignes qui doivent le séparer du texte; on en rapproche la composition réservée du premier paquet, que l’on fait suivre du deuxième et à l’aide duquel on complète la page ; puis, après y avoir ajouté la ligne de pied, on la passe à la réglette pour s’assurer qu'elle est juste, et l’on continue ainsi successivement jusqu’à la fin de la feuille.

Pendant cette opération, le metteur en pages a constamment sous les yeux les feuillets du manuscrit; il les consulte incessamment, afin de placer avec exactitude les notes, les citations, les titres de division et de subdivision , les notes marginales si l’ouvrage en comporte, enfin tous les détails qui se rattachent à la mise en pages et dont le paquetier n’a pas eu à s’occuper. Il s’assure' par le rapport du manuscrit avec la compo-

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sition , qu’aucun alinéa n’a été omis. S'il remarque qu’une composition est défectueuse, exécutée contrairement aux règles, mal justifiée ou mal espacée, il adresse ses observations au compositeur; si, malgré ses avertissements, il y a récidive ou incapacité évidente, il peut refuser d’occuper l’ouvrier, car la responsabilité du metteur en pages embrasse l’ensemble des travaux.

Tous les titres ou faux titres des grandes divisions doivent être identiques et offrir le même aspect dans tout le cours de l’ouvrage ; il est nécessaire que les caractères employés, la disposition des blancs, soient constamment les mêmes. Le metteur en pages prend note des conditions dans lesquelles le premier de ces titres a été fait, ou mieux en conserve une épreuve, - afin de reproduire identiquement les autres quand ils se présenteront. Son goût lui indiquera le choix et le genre de caractères à employer, selon la place dont il dispose, de même que la proportion des blancs à répartir entre les lignes.

Il aura soin d’observer une parfaite similitude dans le choix des caractères et dans l’espace accordé à chacun de ces titres, afin d’établir une régularité complète entre eux. De même que la partie supérieure de la page qui commence un chapitre occupera toujours un nombre de lignes

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déterminé, de même la partie inférieure doit présenter un nombre invariable de lignes de texte; malheureusement on est parfois contraint d’enfreindre cette règle, surtout quand les titres ou les sommaires présentent des développements trop considérables.

Ces grandes divisions commencent ordinairement en tête de page, quelquefois en belle page, c’est-àdire au recto; parfois aussi elles sont précédées d’un faux titre ; il n’y a pas de règle absolue à cet égard, ces dispositions étant toutes conventionnelles.

Une fin de Livre ou de Chapitre ne peut former une page si elle ne comporte que trois ou quatre lignes. Dans ce cas on avise à augmenter le nombre de ces lignes, ou à les regagner dans les pages qui précèdent.

Toute note doit être placée dans la page où se rencontre son chiffre de renvoi, ou autrement dit Y appel de noie ; mais lorsque son étendue ne permet pas de l’y faire entrer complètement, on reporte alors à la page suivante la partie surabondante. Dans ce cas, autant qu’il est possible, il faut couper la note en deux parties égales. On peut en voir un exempje, pages 64 et 65.

On emploie toujours pour les notes un caractère de 2 ou 3 points plus faible que celui du texte.

La note ne peut trouver sa place qu’aux dépens

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du texte, dont il faut alors réduire le nombre de lignes; il en est de même du blanc qui doit la séparer du texte. C’est là une opération simple, mais qui demande à être faite avec précision.

Supposons que nous ayons à mettre de longueur une page in- 8° de 30 lignes, composée en dix et interlignée de 2 points; chaque ligne dans ce cas représente 12 points; 30 lignes multipliées par 12 donnent 360 points pour la longueur totale de la page ; c’est à ce chiffre (qui varie selon la nature du caractère) qu’il faut ramener toutes les pages, pour qu’elles soient régulières entre elles.

Supposons encore que la note à placer forme 9 lignes de huit interlignées d’un point et demi; chaque ligne offre alors 9 points et demi, et les 9 lignes ensemble 85 points et demi.

Voici, dans ces conditions, comment la page s’établira :

Texte : 22 lignes de 12 points, ou 264 points.

Note : 9 lignes de 9 points 1/2, ou 85 p. 1/2. Blanc de note 10 p. 1/2.

Longueur normale 360 points.

On comprend que le blanc de note ne saurait être fixe et toujours le même; il est, au contraire, variable et subordonné à la différence produite

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par l’emploi de divers caractères; c’est, en quelque sorte, un appoint qui augmente ou diminue selon la circonstance. Toutefois, à moins d’impossibilité absolue, ce blanc ne saurait représenter moins d’une ligne de texte.

Pour bien justifier une page, il faut donc se rendre compte des diverses parties dont elle est formée, afin d’atteindre, sans le dépasser, le nombre de points qu’elle comporte ; c’est une simple addition dont le total et les chiffres partiels doivent être exacts. S’il se produit une différence en plus ou en moins sur la longueur de la page, c’est qu’il s’est glissé dans la composition une ou plusieurs interlignes d'un corps étranger, qu’il faut chercher et remplacer.

Quand une citation ou une opération en caractère autre que celui de l’ouvrage se présente dans une page, celle-ci s’en trouve naturellement modifiée; mais, quels que soient les éléments qui la composent, elle doit toujours offrir la même longueur mathématique. Donc il est essentiel de se bien rendre compte du nombre de points de cette intercalation, pour n’emprunter au texte qu’une somme égale de points; toute appréciation faite soit au doigt, soit à l’œil, oîi le calcul aura été négligé, n’offrira qu’une opération douteuse.

Le calcul, nous ne saurions trop le redire, est

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la base de tous les travaux de composition ; aucun ne saurait être bien exécuté s'il n’est établi et compté par points; ce précepte s’applique plus particulièrement encore aux tableaux, puisque toutes les pièces avec lesquelles on opère sont fondues avec une précision qui permet de les combiner mathématiquement.

Ces combinaisons ne peuvent être déçues que si, par la faute du fondeur, quelqu’une de ces pièces manque de précision ; il n'est pas sans exemple que ce fait se produise, au grand regret des bons compositeurs, qui avisent alors à y remédier.

Nous avons dit que la première page d’un livre en reproduit le titre abrégé ou complet; c’est ce qu’on appelle titre de départ , parce que c’est là, en effet, le point de départ du texte ; les autres pages reçoivent en tête soit un simple folio, qui se place au centre de la ligne, soit un titre courant, qui reproduit tout ou partie du titre de l’ouvrage, ou seulement une de ses divisions; cette ligne, selon le format, se compose en grandes ou en petites capitales espacées ; on ne néglige l’espacement que lorsque l’étendue du titre courant s’y oppose.

Parmi les capitales il en est qui, par leur forme, portent plus de blanc que les autres, surtout quand elles se trouvent rapprochées, comme l’A et le V par exemple, comme dans les mots

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suivants : RAVAGE, AVARE, etc. Il faut donc tenir compte de ce fait si l’on veut espacer régulièrement; car le blanc normal, augmenté par la rencontre de ces lettres, oblige à espacer plus ou moins fortement celles qui précèdent et celles qui suivent.

Le titre courant se place toujours au centre de la ligne ; le folio est rejeté à l'une des extrémités de la justification, à gauche quand la page est verso, à droite si elle est reclo, et il est considéré comme faisant partie du blanc à observer de chaque côté de ce titre courant.

Dans les grands formats, à partir de l'in -Z» 0 , les titres courants se font en grandes capitales.

Chaque page se termine par une ligne de cadrais du corps, qui sert à la maintenir, et qu’on nomme ligne de pied.

Aucune page ni aucune colonne ne doit commencer par une ligne qui n’est pas pleine, c’està-dire remplie par le texte jusqu'à l’extrémité de la justification ; c’est au metteur en pages à trouver le meilleur moyen d’obvier à cette difficulté, qui exige parfois des remaniements.

On sait déjà que toutes les pages doivent avoir le même nombre de lignes; aucune ne peut être ni plus longue ni plus courte, à moins d’impossibilité matérielle absolue.

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Si, malgré les efforts faits pour l’éviter, on est contraint de faire une page longue, la ligne surabondante prend la place de la ligne de pied.

Si, au contraire, il s’agit d’une page courte, la ligne retranchée est remplacée par une seconde ligne de pied.

Si l’on fait une page courte ou longue, il faut que celle qui tombe en retiration sur cette page soit dans les mêmes conditions de longueur.

Les pages liées, après mise en pages, se placent sur la tablette du rang, de manière à séparer celles du côté de première de celles du côté de seconde. Voici comment on superpose les pages d’une feuille in-octavo :

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