ACTE PREMIER
Donne qui veut le plus beau de son aage
Aux Peo^asides sœurs Et d'un vain nom s'esleve le courage,
Fantasque en ses humeurs :
Trompe qui veut de quelque art mechanique
La dure pauvreté Ou des-ja riche aux recherches s'applique
De toute volupté.
Coulons nos jours, compagnons tous ensemble
A la suite de Mars, L'honneur nous poind, nostre art est ce me semble
Le plus noble des arts.
Si le péril et le travail d'aquerre
Rend un prix plus prisé.
Combien est beau le plaisir de la guerre
Tant cher et mal-aisé !
» Puis qu'à Pluton nous voyons asservie
» Toute chair icybas, » Heureux l'humain qui honore sa vie
» D'un louable trespas !
» L'homme n'est point de nature divine » S'il n'est ambitieux » La lente paix soubs terre l'achemine, » Les batailles, aux cieux.
» Le dard cruel de la Parque certaine
» Le renom n'amortit » Du généreux qui, prodigue de peine,
» Soubs les armes patit.
Le droit le nombre et la valeur cognue Nous jugent les lauriers,
608 nobles 1608 Jean de Schelaiidre. 4
Ja de long-temps nostre Tyr est tenue Pour mère des guerriers.
Le seul bon-heur du Macedon monarque 630 Nos remparts a forcés,
Comblant Thetis d'un travail de remarque Par arbres entassés :
Mais nul exploit ne luy fut impossible Des qu'il le projetta, 635 Ny le Persan, ny l'Indois plus horrible
Tant ne luy résista.
» Ceux prennent part au bien de la victoire
»Qui se deffendent mieux, » Car du vainqueur la non-mourable gloire 640 » Les rend plus glorieux.
Terrible Dieu qui gouvernes les Thraces
Soubs un sceptre de fer.
Cache de nous tes sanglantes disgrâces
Et fay nous triompher :
645 Sois nostre chef et pour nostre couronne
Prens le glaive et l'escu, Si que bien tost nostre Empire fleuronne Sur le monde vaincu.
Lors nous ayans ces grâces resenties 650 Dresserons tes autels.
Ou tomberont pour plus dignes hosties.
Les rebelles mortels.