ACTE SECOND
[II, I.] Marmodon, le Chœur des Soldats.
Marmodon.
Encombre sans pareil à Testât Tyrien !
L'espoir de sa grandeur se dissipe en un rien. 5)5 Grand desastre à son Roy qui doit voir esgaree Sa couronne à sa race, helas ! mal-asseuree !
Chœur.
Quel homme est cestuy-cy qui se plaint et se bat ? N'est-ce point Marmodon que la tristesse abat ?
Marmodon.
Dommage à nos soldats pour un tel capitaine, )6o Double douleur à moy, qui de playe inhumaine Ayant veu trespasser mon maistre, mon support, Suis encore destiné messager de sa mort !
Chœur.
Ne passe point de grâce amy sans nous aprendre D'où naissent tes sanglots que nous venons d'entendre. •65 Un grand dueil par un seul ne doit estre porté.
Marmodon.
Un grand dueil tant plus croit que tant plus est conté.
Chœur.
Nous serons le scachant à ton mal secourables,
[S. J., Il, 6 (4 dans J).] 658-66 remplacés ou entièrement refondus. 667 Je pourray vous estre secourable. (Choeur remplacé par Thamys.)
Marmodon.
Vous serez le scachant vous mesmes misérables.
Chœur.
Qui scait plustost sa perte est plustost consolé.
Marmodon.
670 Tousjours un tel rapport est trop tost décelé.
Chœur.
Nostre penser ne peut si grand malheur se feindre.
Marmodon.
Imaginez en vous le plus grand qu'on peut craindre.
Chœur.
Mille périls divers, mille cuisans meschefs, Des humains en tout temps environnent les chefs, 675 Mais ils sont incogneus et nul tant soit il sage, Avant le coup senti ne prévoit son dommage.
Marmodon.
Ce jeune prince helas ! qui changeant tour à tour Armé n'estoit que peur et desarmé qu'Amour, Vray Soleil d'Orient, flambeau de sa patrie, 680 La fleur des plus parfaits est aujourd'huy flestrie, Leonte ; helas ! Leonte ô dueil sans reconfort !
Chœur.
Dieux qu'est-ce que j'entends, quoy Leonte est-il mort ?
668 déplorable — 669 son mal — 670 Tout funeste rapport 671 Mon penser ne peut pas — 672 Feignez-vous le plus grand que vous auriez peu craindre. — 673-6 supprimes. — 677-80 remaniés et placés entre 688 et 689 :
Ce prince environné de terreur et d'amour. Ardant comme la foudre et beau comme le jour Nostre Soleil levant, lorsque chacun l'adore, A trouvé son couchant auprès de son aurore. 682 Dieux ! que me dites-vous