‹ Tyr et SidonChapitre 113 sur 166 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

A poussé mon appuy sous la voûte infernale ! to8) O ciel vis tu jamais un si perfide tour ?

O flambeau guide-mois, pasle image du jour

L'as-tu veu sans rougir ? ô puissant fils de Rhee

N'as-tu point escrasé sa teste parjurée ?

O grand porte-trident n'as-tu soudain caché 1090 Sous mille flots bruyants cest énorme péché ?

N'as-tu point englouty, Roy de l'ombreux Tenare,

Sous la terre béante un acte si barbare ?

J'en crevé ! et si l'espoir d'estre bien tost vengé

N'esclaircissoit mes sens, je mourrois enragé. to9) Ha monstre ! quel subjet, ha tygre impitoyable

T'a peu donner de haine un prince tant aimable.

» Tyran je sçay tes meurs, entre les vicieux

» Nul n'est digne de mort que les seuls vertueux,

Son jugement rassis, son innocente vie, :ioo Ses rares dons du ciel ont bouffi ton envie.

Tu le craignois couard, sa valeur te nuisoit :

Mais avant que Titan dix fois plonge se soit

Au repos journalier, tu sentiras cuisante

L'esmeute sans pardon de ma dextre pesante.

Phulter.

10) Armez vos estendarts et portez le brandon

1085 un plus — 1086 O reyne de la nuict, — 1087 N'en as-tu point rougi ? Souverain fils — 1089-90

D'où vient, ô roy des mers ! que tu n'as point enclos Un crime si voisin sous l'horreur de tes flots ? 1091 Que n'engloutissois-tu, — 1094 mon sang, j'en — 1096-9 Peut t'avoir fait haïr une humeur tant aimable ? C'est que chez les tyrans vicieux et brutaux Les plus belles vertus sont crimes capitaux. Ses héroïques mœurs, sa glorieuse vie — II 00 ont esmeu ton envie.

1 102-8 Ce qui plaisoit à tous à toi seul desplaisoit.

Mais dans bien peu de jours j'espère que ta fraude Se verra descouverte et punie à la chaude.

Portez le fer vainqueur dans les murs de Sidon,

Qu'il n'en eschappe rien, c'est par dix mille encombres

du'il vous fait expier de Leonte les ombres :

Quand il pourroit toucher, enclos de toutes parts,

iiio Pluton de ses fossés, Jupin de ses ramparts, Vous Tirez enfoncer, ja la bande immortelle Demande vostre solde en si juste querelle, » Mars n'est point gouverné par un aveugle sort, » Le ciel pesé équitable et le droict et le tort :

III 5 Puis comment combattront d'inusité courage Vos braves bataillons piqués de cest outrage ? Je les voy ja courir sur leur ost cazanier Comme se précipite un torrent printannier Du forestier Liban, qui gros d'ondes soudaines

II20 Arrache, emporte, noyé, arbres, rochers, et plaines

Marmodon.

Très haute Majesté, si jamais un bon cœur Fut comme accravanté d'une amere douleur. Ne peut qu'un trouble grand de vos sens ne s'empare, La perte d'un tel fils jamais ne se repare. 112) L'estranger s'en estonne, et le peuple ennemi Forcé de son mérite en a mesme gémi : Seriez vous donc armé d'une froide constance Pour attendre ce choc de ferme résistance ? Vous qui, non sans subjet, vous promettiez le voir

P. : Mettez-vous en campagne et d"un sac carnacier Jettez dedans Sidon les fiâmes et l'acier ; Faites une vengeance aussi forte que pronte, Qui leur face expier les ombres de Leonte. — H09 ils pourroient — 11 10- 17

Et l'enfer de fossez et le ciel de remparts. Nous les enfoncerons. O que d'exploicts estranges Feront en leur fureur vos puissantes phalanges! Je les voy desjà fondre après ce casanier 1119 qui par ondes — 1 121- 52 reviplacés par 12 autres vers.

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