ACTE SECOND
Retournez à la court, cependant que je puize
Au fond de mes pensers un moyen qui nous duize.
Cassandre.
5 Ma mère travaillez, souvenez vous de moy, Il faut qu'un fer ou vous finissiez mon esmoy.
[II, 4.] Eurydice seule.
Qui te dégagera des charges malaisées (Impossibles plustost) qui te sont imposées, Malencontreuse vieille ! he ! que de maudissons
0 Pendent ja tous certains sur tes cheveux grisons ! Quelle route prens-tu ? d'une ou d'autre partie Te voila de Charybde ou de Scylle engloutie.
Que je sens de discours l'un l'autre séduisants ! D'irrésolus désirs l'un l'autre destruisants !
) Que de flots et de vents dont l'inconstant orage Submerge ma raison d'un terrible naufrage ! Bastiray-je un complot, pitoyable et cruel, Pour frauder les plaisirs et le feu mutuel Qui brusle avec Belcar nostre jeune princesse ?
) Ils s'asseurent en moy, seray-je donc traîtresse?
( Mais las ! mettray-je aussi Cassandre a nonchaloir,
' Ma plante que tousjours j'ayfait croistre et valoir Elle sèche à mon sçeu, faut-il que je l'endure ?
1045-8 Travaillez donc, ma mere^ et ne présumez point De vaincre par le temps la fureur qui me point. A. : Qui te peut amoindrir la charge mal-aisée Mais tout insupportable à ton dos imposée : — 1049-50 ...Eli que sur ton sommet
D'horribles maudissons ton dessein te promet ! 1053-4 Combien de faux projects, de mouvemens divers, Retournent tout à coup mon esprit à l'envers ! — 1055 d'un inconstant — 1056 Poussent mon jugement à deux pas du naufrage ! — 1058 et l'amour mutuel — - 1059 Q^^i joint avec — 1060 à mo}', leur seray-je traistresse ?
1063 Va sécher
J'ay engagé ma foy, seray-je donc parjure ?
1065 Que fera Meliane en sa juste rancœur
Si d'un si lasche trait je luy romps son bonheur ? Que dira son amant ? qui pour raison aucune Ne voudra transposer le but de sa fortune, De quel nouveau maintien le pourray-je aborder ?
1070 De quels termes choisis pour le persuader ?
Apres avoir longtemps dans leurs jeunes courages Fomenté deux braziers par mes propres messages, Me liguer encontre eux quelle infidélité ! Mais, voir mon nourrisson fondre a l'extrémité
1075 En pleurs continuels, voir sa fin toute proche Faute de l'assister ô dieux quelle reproche !
Avienne qui voudra, j'oubliray tout devoir. En faveur de Cassandre, et de tout mon pouvoir Tascheray d'assouvir les désirs qui l'affligent,
1080 C'est ou plus le serment et l'amitié m'obligent.
[II, 5.] TiRIBAZE, PhULTER, MaRMODON, LES ArCHERS,
Belcar, Thamys.
TiRIBAZE.
Tu as doncque brutal, violateur de foy. Contre toute divine et toute humaine loy Meurtri mon cher Leonte, et ta main desloyale
1064 Elle a receu... luy seray-je parjure ? — 1065 douleur — 1066 lâche tour je trame son malheur ? — 1067-8
due dira son Belcar ? Sa passion constante Ne souffrira jamais qu'un autre objet le tente. — 1069 Et mesme avec quel front — 1070 Qjuels seront mes discours 1071 par mes propres messages — 1072 Du trafic de leur cœur asseuré les passages — 1073 Leur rompre le chemin, — 1074 nourrisson dans telle extrémité — 107$ Se fondre toute en pleurs... — tout proche). — 1076 Le pouvant empescher, — 1077 Quoy qu'il puisse arriver — 1078 de ma fille — 1079 d'appaiser le tourment qui l'aflige — 1080 C'est où le naturel par contrainte m'oblige — Suivent levers nouveaux.
[S. /., II, 10 (8 dans J).] 108 1 Tu m'as doncques, tyran sans courage et sans foy — 1083 Massacré mon Leonte