ACTE TROISIESME
[36) Les morts ne sentent rien, quoy ne mourras ta pas Quand le cœur de ton cœur subira le trespas ? Ha ! nous sommes unis d'une chaine si ferme. Que la Parque à nous deux ne peut donner qu'un terme, L'heure qui de Belcar limitera les ans
;37o Doit faire voir mes os en la tombe gisants.
O Roy qui procréas ma sinistre naissance, De qui juste est le dueil, injuste la vengeance, Que ne sçais-tu ce nœu ? peut estre mon dessein Résolu de le suivre amolliroit ton sein.
375 Que ta raison, d'ardeur trop vivement attainte. Et mes discours, bridés de vergongneuse crainte Ne sont ils dévoilés? Afin qu'en cest endroit Tu peusses balancer, moy deffendre le droit : Je plaideroy comment celuy qui mit sur terre
380 Le prince plus parfait que la nature enserre, Si généreux, si franc, si noble, si bien né. Ne peut estre meschant comme il est soupçonné. De la coulombe sort la coulombe amiable. Du milan le milan, chacun de son semblable.
38) » Et des traistres humains les fils peu diferents » L'engeance participe aux meurs de ses parents : Je diroy que des loix la rigueur plus extrême
1365 Si tu n'es desjà morte, au moins mourras — 1367 Ou}' nous — 1369-70 Car, tiransl'un de l'autre et vie et mouvement,
Nous mourrons l'un et l'autre ensemble en un moment. 1371 O roy de qui provient — 1372 Puisque nostre destin despend de ta puissance, — 1373 en mon dessein — 1374 Q.ue ton propre interest amolliroit — I37S-8
O que mon cœur troublé d'une trop vive attainte Et mes propos liez de respect et de crainte, Ne sont-ils en franchise en faveur du bon droict, Comme pour disputer la raison le voudroit ? — 1379 mit au monde — 1380 Un prince en qui l'honneur infiniment abonde
1381 et si bien né — 1383 colombe.... colombe — 1386 La race participe — 1387 D'ailleurs mesme des loix
Ne punit d'un meffait que le malfaiteur mesme, Voire et si tu prétends à le rendre affligé
1590 De pareil traitement dont tu es outragé,
Je voudroy remonstrer d'une preuve bien ample » Qu'on ne doit establir le vice par exemple, » Que le parjurement d'un sacré-saint traité » Quelque excuse qu'il ait n'est qu'infidélité :
1395 Mais las ! c'est perdre temps, ta fureur animée Te rend l'esprit aveugle et l'oreille fermée. L'efFect en est conclu, dont te pourra sortir. Sinon le desespoir, au moins le repentir. Fille des flots salés, belle Royne d'Eryce,
1400 Qui fus de nostre amour favorable nourrice. De quoy nous a servi l'entretien des regards Des baisers des discours et des jeux si mignards, Qu'à nous faire sentir la perte plus poignante ? He ! puis qu'une infortune à rebours survenante
1405 Accable nos désirs, mesme avant que pouvoir Gouster les voluptés qu'un Hymen fait avoir : Pourquoy dans ceste cour, de façon familière Hanta le prisonnier qui me tient prisonnière ? Pourquoy le ciel en luy se monstra libéral
1410 De tant de raretés qui me tournent à mal ?
Pourquoi l'ai-je cognu ? Pourquoy dez sa venue Avalay-je à longs traits le poison de sa veiie ? Pourquoy ma simple oreille, agréant ses humeurs, Donna jamais entrée à ce larron de cœurs,
1389-93 Ainsi, quand on voudrait du père se venger.
Pourquoi le fils sans coulpe en la peine engager ? Enfin sans te dcsduire un plaidoyer plus ample. Le meurtre ne doit pas s'establir par exemple, Et toute infraction d'un solennel traictè
1394 qu'elle ait — 1395 car ton ame aveuglée — 1396 A tourne son bon sens en fureur (faveur J) dereiglée. — 1399-1418 supprimés.
1404 un 1608