ACTE TROISIESME
» Un coup afflige plus quand il est incurable.
Eurydice.
1445 Lamentez, souspirez, non tant pour ce forain,
Mais bien pour vostre sang, vostre unique germain Que le fer a poussé sur le rivage blesme.
Meliane.
L'un n'estoit que mon frère et l'autre est un moy-mesme. Mon mal me grève plus que l'encombre d'autruy.
Eurydice.
1450 Patir avec Belcar !
Meliane.
Que ne puis-je pour luy !
Eurydice.
Les filles d'aujourd'huy n'ont gueres de prudence.
Meliane.
Les vieilles comme vous n'ont gueres d'asseurance
Eurydice.
La mort vient assez tost on ne doit l'avancer.
Meliane.
La foy c'est un un nœu saint on ne doit la fausser.
Eurydice.
4)5 La foy n'oblige pas à la chose impossible.
Meliane.
Un serment contre tout doit rester invincible.
Eurydice.
Le feu d'aveuglement tous vos sens esblouït.
145 1 prudence 1608 — 1452 de constance. — 1453 sans ainsi l'avancer. — 1454 Mais trop saincte est ma foy pour ainsi la — 145 5 point — 1456 Le vouloir pour le moins en doit estre — 1457 Le trouble du malheur vostre esprit éblouit.
Mais vostre jugement de peur s'esvanoûit.
Ma peur vient du péril ou courez sans contrainte.
Meliane.
1460 » Déz qu'on a tout perdu c'est erreur que la crainte.
Eurydice.
Quoy ? Meliane donc, tant humble auparavant, S'ira contre son père aujourd'huy souslevant ?
Meliane.
Eurydice, autrefois l'entretien de nos flammes. Bandera son projet à desunir nos âmes ?
Eurydice.
1465 Mes projets ont pour but vostre félicité,
Meliane.
Les miens n'ont pour objet que la fidélité.
Eurydice.
Vous offencez le Roy.
Meliane.
Vous trahissez un Prince.
Eurydice.
L'ennemy capital de toute la province.
1459 Je crain, vous voyant courre au péril sans — 1460 Quand on a 1461-4 Meliane, autresfois (austrefois J) complaisante à chaqu'un Devient donc sans respect et sans crainte d'aucun ? M. : Almodice, autresfoi (austrefois J) le soufflet de nos fiâmes Veut rompre la soudure où se joignent nos âmes ? — 146) Almodice a pour — vostre fidélité 1608 — 1466 Et moy je n'ay pour but — la félicité 1608 — 1467-8
A. : Fidélité rebelle aux volontez royalles.
M. : Fidélité contraire aux rigueurs desloyalles.