‹ Tyr et SidonChapitre 124 sur 166 · ACTE TROISIESiME 9I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIESiME 9I

Meliane.

» Jamais sans ennemis ne reignent les vertus, 470 » Les plus grenez espics de gresle sont battus, » Les Héros de valeur, de non coulpable vie, » Espreuvent sans mercy la fortune et l'envie : » Mais un amy loyal, au lieu d'estre estonné » De leurs coups furieux, en est aiguillonné,

47) Ressemblant, non Progné qui jamais ne mignarde Le couvert de nos toicts d'une voix gazouillarde, Que durant l'air serain, lors que sur les gazons Flore espand les bouquets de cent mille façons. Lors que le ciel nous rit, la mère à Persephone

1480 Fait blondir les sellions, l'aigre-douce Pomone Enrichit les vergers, et le père des vins Enferme sa despoûille en chesnes et sapins : Puis dez que la verdeur se pallit demi-morte, Quand le clair scorpion les frimats nous apporte,

48) Dez les moindres frissons, le passager oyseau Laisse nostre climat pour un autre plus beau :

Ainsplustost ressemblant une droite colonne Qui tant plus se roidit, et tant moins abandonne Le deu de son appuy, que tant plus elle sent 1490 Le sommier imposé sous le poix fleschissant :

Après 1468 quatre vers ajoutés dont le dernier est mis dans la bouche d'Almodice : Au fonds, sur l'ennemy l'avantage on doit prendre.

147 1 Les hommes de grand cœur et d'innocente vie, — 1472 Rencontrent sans — 1475 Mais lors un ami franc ...opprimé — 1474 s'en trouve confirmé : — 1475-8

Non pas comme l'on voit la fille de Terée Attendre pour nous voir l'absence de Borée, Lorsque sous l'air serein la prime des saisons Des affiquets de Flore esmaille nos gasons — 1479-82 supprimés.

1483 Puis, si tost que le verd se change en fueille morte, — i486 Quitte — 1487 Au contraire, un amy ressemble à la colonne

» Comme en l'ardent fourneau le plus fin or se treuve » Durant le temps fascheux une amitié s'espreuve.

Eurydice.

» Mais tel est des parents le droit et le pouvoir

» Qu'on ne doit rien aymer que suivant leur vouloir. 1495 Nature l'establit et le ciel l'authorise

» Qui d'un rebelle enfant jamais ne favorise

» Les vaines passions, mais destine tousjours *"

» Une funeste issue aux clandestins amours. Tu nous en fais leçon, folle infante de Crète, 1500 Qui, d'avoir depestré par ton aide secrette

Un jeune criminel, te trouvas pour guerdon

Deffloree au désert, seulette à l'abandon :

Et toy qui dérobas la perruque fatale

Pour faire triompher de ta ville natale i5o> Ton amant ennemy, n'en reportas sinon,

Prenant un corps plumeux, qu'un infâme renom :

O belle fleur de Tyr, soleil de la Phenice,

Il faut bien qu'un dessein par contrainte finisse

Quand le subjet finit, modérez vos regrets 1510 Si le ciel l'a perdu ne vous perdez après.

Meliane.

O tison de discorde, outil de perfidie.

1491 Enfin, comme au fourneau — 1494 que selon — 1496 le rebelle — 1497-8 Et les sœurs de Clothon ne forment les destins

Que de funeste issue aux amours clandestins — 1499 en fis — 1500-2

Lors que tu desployas ta ficelle secrette Pour un jeune estranger qui, payant ton amour, Despestré des deslours, te fit un mauvais tour. 1504 Pour l'amant ennemy de triompher 1608 — 1505-10 L'ayant fait triompher que t'en vint-il alors Qu'un desespoir en l'ame et des plumes au corps ? Il faut bien par contrainte, ô phénix de Phenice ! Lorsque l'object finit, que le dessein finisse :

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