ACTE TROISIESME
Le pourpre estincelant, Courbe à jamais ton eschine atterrée
Sous le Sort violent.
Tant de dommage et de tristesse amere Ne souffrit onc la Tantalide mère
En deux fois six enfants, Que toy d'un seul qui t'ombrageoit naguère
De chapeaux triomphants.
Cassandre.
Tu ne sçaurois désastreuse Cassandre De Niobé la froide forme prendre,
Car après les ardeurs D'un foudre aigu rien ne reste que cendre. Meurs donc pauvrette meurs.
Ha ! fille sans secours et sans ressource aucune ! Malencontreux destin ! détestable fortune ! Que maudit soit le jour qui premier me feit voir, Pour m'exposer après à si grand desespoir : Que feray-je ? où courray-je ? où suis-je ? ardente rage ! O cheveux sans valeur, infortuné visage ! Que deviendray-je donc ?
Chœur.
Bons Dieux quelle pitié ! Quels funestes effects d'une forte amitié ! Tout beau Madame, helas !
[III, 4.] Phulter.
Quelle esclatante plainte
1644 Ah I — 1646. ..qui me fut le premier, — 1647 Et maudit celuy-cy qui sera mon dernier. — 1648 Ah! quelle rage ! — 1649-50 O malheureux cheveux ! ô malheureux visage ! O sein, de mes tourmens principal receleur, due ne puis-je en t'ouvrant arracher ma douleur ! Ongles mal aiguisez...
1650-2 réplique du chœur supprimée.
Sonne tant en ce lieu ? J'en tremble tout de crainte.
Cassandre.
Foudroyé moy Jupin.
Phulter.
Et quoy, Madame, quoy ?
1655 Veillé-je ou si je songe ? Et qu'est-ce que je voy ? Donc quelle passion d'estrange violence Triomphe de vos sens et de vostre prudence ? Comment ! que faictes vous ? qu'ont fait ces fils déliez Mieux dorés que l'or fin qui pendent jusqu'aux pieds ?
1660 Pourquoy les brisez vous ? et ces pommes jumelles Pourquoy les plombez vous de froisseures cruelles D'où vient cest œil hagard, et ce front esperdu De coups d'ongles saigneux ?
Cassandre.
He he ! tout est perdu.
Phulter.
[mesme.
» Tout est perdu pour vous quand vous perdez vous 1665 Je sçay que ce grand dueil sort d'un malheur extrême Si que le sage instruit au porche Athénien Seroit un marbre froid s'il n'en ressentoit rien : » Mais quoy ? le trop est vice aux choses plus séantes, Se plaindre et se tuer, sont voyes différentes, 1670 » Par nous ny pour nous seul nous ne vivons'^icy.
x6'y4.(hémistiche de Cassandre) Changez-vous en rasoirs ! — 1656 De quelle passion l'estrange — 1657 Triomphe de vostre ame avec tant d'insolence ? — 1659 qui pendct 1608 — l'or mesme et pendans
1662-3 ...,ce nuage tendu
En rides sur ce front ? — C. : Eh 1 hé !... — 1664 si vous — 1665 vient d'un — 1666 Et qu'un sage en tel cas au porche Athénien — 1667 Seroit tout de metail — 1668 Mais le trop est blasmable aux humeurs mieux séantes: — 1669 sont choses