‹ Tyr et SidonChapitre 148 sur 166 · ACTE QUATRIESME I · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIESME I

Tesmoigne à mon seigneur que la vertu te plaist,

Ton silence est meurtrier, ton soufle salutaire,

Les Dieux (ne Tes-tu pas ?) n'aspirent qu'à bien faire.

Chœur des filles Tyriennes.

Sois partizan pour nous Hypotade éventé, 1415 Reprime tes vassaux en ton antre voûté, Si que nostre ennemy ne parcoure sa lice, Les Dieux (ne l'es-tu pas ?) sont amis de Justice :

Argond.

Justice ? d'attenter contre un enfant de Roy ?

Chœur des filles Tyriennes.

Qjai fausse les prisons, ses gardes, et sa foy.

Argond.

420 Ne peut-il à bon droit du trespas se deffendre ?

Chœur des filles Tyriennes.

Aussi peut-on sans tort l'essayer de reprendre.

Argond.

Guerroyer l'innocence est un fait indécent.

Chœur des filles Tyriennes.

, » Tout ce qui nuit aux Rois ne peut estre innocent.

i Argond.

» Rien ne nuit aux tyrans plus que la vertu mesme.

Chœur des filles Tyriennes.

^2) Blasonner un Monarque est une audace extresme.

Argond.

Assouvir son courroux n'est ce tyranniser ?

Chœur des filles Tyriennes.

Ne punir l'assassin seroit l'authoriser.

Argond.

Belcar n'a point commis ceste fraude inhumaine.

Chœur des filles Tyriennes.

La coulpe est à son père, à luy sera la peine.

Argond.

2450 Le père est-il garent d'un jaloux enragé ?

Chœur des filles Tyriennes.

L'un des princes captif pour l'autre est engagé.

Argond.

Pourquoy dans son meschef s'est eslancé le vostre ?

Chœur des filles Tyriennes.

Pourquoy (mais à son dam) chez nous se trouve l'autre ?

Argond.

Despouillez vous un peu de vostre affliction, 243) Jugez le différent desaine affection,

Lors filles vous verrez qu'il faut selon droiture Que seul pour son meffait le malfaiteur endure.

Chœur des filles Tyriennes.

Mais vestez pour un temps nos propres interests, Pesez nostre dommage, et vous mesmes verrez 2440 Si nous avons subjet (pour rabattre sa joye) De guerdonner Sidon de pareille monnoye.

Argond.

O peuple non mortel, dont le brillant pourprix Plante ses fondements sur l'etheré lambris, Dieux si vostre malice ou vostre négligence 2443 Souffre sans destourbier ceste inique vengeance, Je croiray désormais que vos bras eslevés Jadis pour le bon droit, sont ores dépravés, Et que voluptueux, yvres dans vos délices,

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