ACTE Q.UATRIESME I
Vous estes de vertu précipités aux vices,
0 Laissant à Thabandon sans règle ny compas Au gré du sort divers la conduite d'embas :
Ou que vous estes nuls, que toute vostre pompe N'est qu'un frivole nom dont le monde se trompe. Bref que l'homme s'abuse à bien vivre taschant, ;5 Si au despens des bons s'esgaye le meschant.
[IV, 6.] Chœur des serviteurs de Belcar.
Comme une belle Aube Qui du ciel dérobe Les astres à l'œil.
Levé une bruine io Dont la sombre mine
Combat le Soleil.
Mais si tost que grimpe Plus haut sur Olympe Ce Latonien, 5 La vapeur espaisse
S'escarte s'abaisse Et retourne à rien.
Ainsi la Fortune
1 Combat importune .0 La vertu qui naist,
Mais devenant forte Celle-cy l'emporte Et l'autre se taist.
Voire est nécessaire ^i Que quelque adversaire
La tienne en labeur, Craignant qu'une cesse
Cause la paresse Peste de l'honneur.
2480 Le genest dontable
S'empire à l'estable Par trop reposé :
Il n'est chose exquise Qui mieux ne se prise
2485 Par son opposé :
L'élément supresme Qui d'ardeur extresme Va tout dévorant, Plus aspre se monstre 2490 Ou plus il rencontre
Un froid reserrant.
Or des que l'envie Attaque la vie Des plus innocents, 249s Les Dieux qui tout voyent
Pour eux se desploient Par efFects puissants.
» Le destin ne souffre » Qu'un malheur engouffre 2500 » L'homme droit-marchant :
» Jamais nulle embusche » Ne fait qu'il tresbusche
)) Au gré du meschant : '
Ain s toute traverse 2505 Retombe et se verse
A confusion.
Sur celuy qui trame D'une si belle ame La perdition.