XXIV INTRODUCTION
la première analyse que nous connaissions, et la plus étendue; bien qu'il prétende que la pièce est écrite « en prose et en vers », ce qu'il en dit est en somme assez exact. Vers la fin de l'article il cite cinq vers pris dans le récit du messager. Quant à la tragicomédie, La Vallière n'en analyse que la première journée ; pour la seconde il renvoie à l'ouvrage de d'Anchères tout en se doutant aussi peu que Beauchamps de l'identité de cet auteur avec Schelandre. Celui-ci, dit-il, « a suivi absolument le même plan et la même intrigue, et il n'a partagé sa pièce en deux journées que pour rendre compte dans la première des amours de Léonte et de Philoline dont il n'est point(?) fait mention dans celle de d'Anchères. La seule différence qu'on y trouve est dans le nom des deux rois (et de la nourrice ?) et dans le dénouement. »
Au xixe siècle, Duputel % membre résidant de l'Académie de Rouen, s'occupe le premier de Schelandre en 1 831, Il possédait un exemplaire de la tragédie, selon le témoignage du catalogue de sa bibliothèque vendue en 1853. Duputel découvre enfin l'identité de d'Anchères et de Schelandre en reprochant à ses devanciers de ne pas l'avoir aperçue et en protestant contre l'opinion que Schelandre est un « plagiaire effronté ». Duputel démontre que les auteurs des deux pièces doivent être une même personne. D'Anchères avait promis à Jacques 1er de chanter ses louanges et Schelandre a composé en effet une Stuartide, de plus l'un de ces noms n'est que l'anagramme de l'autre, ce dont personne ne s'était avisé avant Duputel. Comme nous l'avons dit, c'est d'Anchères qu'il croit être le nom réel.
Douze ans après, en 1843, on lit dans le premier volume de la Biographie Universelle de Michaud : « Anchères (Daniel d'), né à Verdun à la fin du xvie siècle, était encore jeune quand il fit imprimer en 1608, à Paris, chez Jean Micard, une tragédie intitulée : Tyr et Sidon ou les funestes amours de Belcar et Meliane.
I. Notice bibliographique sur la tragédie de Tyr et Sidon. Précis analytique des travaux de l'Académie Royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, pendant l'année 1832, Rouen, 1852. — Le catalogue de la bibliothèque de Duputel a paru chez Techener, Paris, 1853.