‹ Tyr et SidonChapitre 23 sur 166 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

la pièce de 1608, mentionne celle de 1628 comme un tout autre ouvrage; les rédacteurs de la Bibliothèque du Théâtre François accusent Schelandre d'avoir sans vergogne pillé et dévalisé d'Anchères ; ils font de cet auteur qui oncques n'exista, le plus effronté des plagiaires. » Cette accusation n'a point été ainsi formulée par La Vallière ; c'est Duputel qui a employé l'expression soulignée. « Le fait est, continue B. T., que la première journée du volume de 1628 est, en effet, une pièce nouvelle, mais la seconde journée est la reproduction de la tragédie de 1608, sauf quelques changements dans les noms et une variante dans le dénouement (Cf. La Vallière) qui s'achève par un mariage, tandis que dans le principe il se terminait par un assassinat », expression peu exacte : c'est la première journée de la tragi-comédie qui finit par un assassinat proprement dit.

Après dix années de silence paraît, en 1854, l'article d'Asselineau qui ne prend point connaissance de ses prédécesseurs déjà oubliés à cette époque, et qui découvre véritablement Schelandre pour le xixe siècle. Asselineau a lu et utilisé la biographie de Colletet et il avoue n'avoir rencontré qu'un seul des ouvrages qu'elle mentionne : c'est c< Tyr et Sidon ou les amours de Belcar et Méliane, tragi-comédie », titre doublement inexact. « C'est la même, dit-il, que Schelandre « publia de nouveau en 1628 sans nom d'auteur ». Il ne parle cependant que par ouïdire du volume de 1608, puisqu'il regrette de ne pas avoir pu « découvrir les Mélanges » ; et, quoiqu'il emploie l'expression « la tragédie Tyr et Sydon », il n'a vu que la « deuxième édition plus complète (!) que la précédente et précédée d'une préface ». Son étude ne contient que l'analyse de la tragi-comédie, néanmoins il la termine par ces mots : « Telle est cette tragédie. »

En 1856, P. Jannet, dont l'attention avait été attirée sur Schelandre par l'article d' Asselineau, publie la tragi-comédie dans son Ancien Théâtre François. La Notice, dont Asselineau est la source unique, remarque à propos de la « première édition publiée à Paris en 1608 sous le nom de Daniel d'Anchères » : « M. de Soleinne en possédait un exemplaire dont nous n'avons pu retrouver la trace. » « La seconde édition, plus complète, est de

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