INTRODUCTION XXVII
1628. C'est un livre rare », nous dit-on, après avoir déclaré celui de 1608 à peu près introuvable.
Cependant la même année Asselineau annonce dans la troisième rédaction de son article qu'il a retrouvé le volume en question dont il énumère les pièces liminaires. Il se l'est procuré à la vente Bertin et il joint à son étude les vers intitulés Gayete:(. Il aurait bien voulu y joindre aussi la tragédie, dit-il, mais il s'est abstenu, « cette tragédie ayant récemment paru dans le tome VIII de l'Ancien Théâtre François ». On en croit à peine ses yeux lorsqu'on voit Asselineau continuer ainsi à confondre les deux pièces. S'il donne cette fois le sous-titre plus complètement {Funestes Amours'), il insiste sur son ancienne erreur en répétant que « c'est la même tragédie » que Schelandre « publia en 1628 sans nom d'auteur». Il ne donne toujours que l'analyse de la tragi-comédie, toujours terminée par ces mots : « Telle est cette tragédie. » Néanmoins il essaye d'esquisser une comparaison ■entre les deux pièces : « Dans l'édition de 1608, écrit-il, Tyr et Sidon ne compose que la seconde journée de la tragédie (lisez : tragi-comédie). Cette seconde partie reparaît dans l'édition de 1628 avec de nombreuses corrections et un autre dénouement. »
La nouvelle découverte d' Asselineau passa inaperçue. En 1858, Robiou % en parlant longuement, mais dédaigneusement, de la tragi-comédie, se borne à remarquer — d'après V Ancien Théâtre François — que Schelandre « crut devoir en publier une première édition sous un pseudonyme... mais il revit plus tard son ouvrage, le développa, en donna enfin (1628) une autre édition qui a été reproduite de nos jours ».
Les bibliographes et les biographes seuls n'oublient pas de m.entionner les Funestes Amours en les qualifiant de tragédie et en •distinguant la pièce de 1628 comme tragi-comédie.
Brunet, en 1864, dans son Manuel, reproduit le titre complet
I. Robiou, Essai sur l'histoire de la littérature et des mœurs pendant la première moitié du xvii' siècle, tome I, Paris, 1858. — Jolly ne parle point de Schelandre dans son Histoire du mouvement intellectuel au xvi* siècle £t pendant la première partie du xvii*, tome II (livre X : Le théâtre), Paris, 1860.