‹ Tyr et SidonChapitre 27 sur 166 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

M. Aulard avoue d'ailleurs ne pas avoir pu se procurer le travail d'Asselineau, et il se plaint que les historiens de la littérature soient « muets » sur Schelandre, sauf le « seul « Godefroy, dont il cite une notice « plus que sommaire ».

Asselineau reprend la parole en 1887, mais la notice qu'il écrit pour l'anthologie Crépet n'est point propre à dissiper l'erreur qu'il avait mise à la mode. Au contraire : « la tragi-comédie de Tyr et Sidon, imprimée pow' la première fois en 1608, reparut vingt ans après », nous dit-il, en évitant cette fois lui aussi de mentionner le nom de tragédie.

Peu à peu on va même jusqu'à douter de l'existence réelle de la « première édition » regardée comme introuvable et tout à fait légendaire, malgré Lacroix ou plutôt à cause de Lacroix dont les indications sont devenues suspectes. Le Catalogue Soleinne, seul ouvrage où l'on trouve la preuve de l'existence du volume de 1608 dans une bibliothèque, perd tout crédit relativement à Schelandre. Petit de Julleville ^ se met à la tête des sceptiques. « Une première édition, écrit-il, avait paru, croit-on, dès 1608; elle semble perdue, si elle exista jamais. » Petit de Julleville est d'autant moins disposé à y croire qu'Ogier n'y fait aucune allusion dans sa préface de 1628. Remarquons ici par parenthèse que ce fait s'explique assez facilement. Ogier, ardent révolutionnaire en matière théâtrale, jugeait prudent de passer sous silence que la pièce pabliée par lui comme le modèle du genre irrégulier, avait paru d'abord soumise aux règles sous la forme d'une tragédie classique. — M. Arnaud ^ marche en 1888 sur les pas de son maître à qui il emprunte la tournure même de ses phrases : « La tragi-comédie avait été déjà publiée, dit-on, une première fois en 1608. Cette première édition ne se trouve plus, si tant est que cette édition, dont tout le monde parle sans que personne (!) l'ait vue, ait jamais existé. » — M. Otto 5, l'éditeur allemand de

1. Petit de Julleville, Le théâtre en France, Paris. Cf. aussi son manuel.

2. Arnaud, Étude sur la vie et les œuvres de l'abbé d'Aîd>igiiac, Paris, 1888, pp. IS5-6.

3. Otto, Jean de Mairet, Sylvanire. Mit einer Einleitung und Anmerkungen, Bamberg, 1890, p. Lxix. Pour M. Otto lui-même la pièce de 1628 est seulement une erweiterte Neuaujîage.

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