INTRODUCTION XXXI
Mairet, en reprochant en 1890 ce scepticisme à M. Arnaud, n'invoquera lui-même que l'autorité d'un Graesse quand il aurait pu et dû invoquer le témoignage de La Vallière, de Duputel, d'Asselineau et surtout du catalogue du British Muséum.
Un an avant M. Otto, M. Rigal ' osa tenir pour un fait réel la publication de 1608, et prononcer de nouveau le mot tragédie. Il ne connaît pas cependant les Funestes Amours, ni ce qu'on en avait déjà écrit : il oublie même l'analyse de La . Vallière dont il a cependant si souvent feuilleté les volumes. Sans se laisser arrêter par ceux qui ont plus récemment parlé d'un nouveau dénouement, il confond les deux Tyr et Sidon conformément à l'usage devenu tradition ; de plus, il risque à ce propos une hypothèse des plus hardies, A l'entendre, la pièce de Schelandre « paraît une première fois en 1608, et, comme il est probable qu'en 1608 la tragi-comédie fleurissait déjà, mais sans avoir reçu des lettres de noblesse {par Hardy), elle paraît sous le titre de tragédie; en 1628, au contraire, la tragi-comédie domine et règne : Tyr et Sidon reparaît sous ce nouveau titre et la préface est le manifeste du genre en faveur ». — Trois ans après un savant allemand, M. Dannheisser ^, émet une autre hypothèse encore plus étrange. La seconde édition, réimpression pure et simple, serait due au manque de drames vers 1628 ! De plus, M. Dannheisser ajoute : « L'éditeur Ogier ne pouvait refondre l'ouvrage en une pièce régulière. Il l'a laissée telle qu'elle était. » C'est le comble où devait logiquement mener l'ancienne erreur.
Enfin, M. Rigal? annonce en 1897 l'existence d'un exemplaire de la tragédie à laBibhothèque de l'Arsenal. Il compare les deux pièces plus profondément que ses prédécesseurs qui, cette fois encore, ne sont pas mentionnés. Lui non plus ne connaît pas l'exemplaire du British Muséum. Par contre on ne prend guère note de sa propre découverte.