‹ Tyr et SidonChapitre 63 sur 166 · INTRODUCTION LXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXV

y a çà et là des effets de lever ou de coucher de soleil, des effets de nuit et de lune :

Ja d'une fresche main le vigilant Phosphore Semoit de lis rosins tout le seuil de TAurore (I, i).

« Un large crespon sous l'Olympe » est tendu (IV, 2).

...La nuict aux moites aisles Semé l'azur des cieux de brillantes estoilles (I, 4).

...Le muable Croissant Alloit d'argent blafard la terre blanchissant (II, i).

Ces descriptions, un peu brèves pour nous, sont dignes d'être signalées, car, malgré toutes les réminiscences de Virgile, de Lucrèce ou des poètes alexandrins, ce sentiment de la nature dénote une imagination vive et colorée : cette imagination deviendra ensuite si rare que sa réapparition inattendue dans la tragi-comédie de 1628 enchantera de notre temps les historiens de la littérature.

Notons pour finir quelques comparaisons prises à la vie des laboureurs, des chasseurs et des bergers. De plus, Aristarque en exécutant des variations brillantes sur un lieu commun de l'antiquité (voyez par exemple le chœur à'Hippolytus : Minor in parvis fortuna furit, servat placidos obscura quies, pra^betque senes casa securos, etc.) fait un éloge si chaleureux de l'état de la nature qu'il peut être classé parmi les disciples de Montaigne, précurseur de Rousseau. — Il y a aussi quelques comparaisons assez insignifiantes ', prises à la vie des animaux, mais une fois au moins la vie des oiseaux inspire à Schelandre une image et une expression métaphorique dignes des grands poètes du xixe siècle. Belcar, dans le vaisseau, se hâtant d'ôter son accoutrement pour

I. Celles de Hardy valent davantage. Cf. les fourmis, Didon, III, i. Et surtout ce passage gracieux dans la Mort d'Achille (L i) : « Son esprit agité de contraires ressemble L'oiseau sur le sommet de la branche qui tremble, 11 voilette douteux, etc. » Ces comparaisons sont encore plus fréquentes dans les œuvres épiques de Schelandre : le cœur d'Adam « tout transporté se lève à petits bonds Comme on voit sauteler le peuple sans poulmons Sur les tiedes estangs » ; David, aux reproches de Nathan, « est figé de remords comme une perdrix d'un trait soudain »...

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