‹ Tyr et SidonChapitre 65 sur 166 · INTRODUCTION LXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXVII

plus grossier ayant obtenu dans la Première Journée une part indiscrète, ce qu'avait déjà remarqué La Vallière. Tout ferait croire que c'est là l'ouvrage d'un jeune homme, n'était la maturité de l'art qui paraît surtout dans le style ' corrigé ou refondu vers par vers, quoique ces corrections et refontes ne soient pas toujours plus heureuses que le texte original.

Comme on ne connaissait que cette tragi-comédie, Schelandre passait exclusivement pour un imitateur des tragi-comédies de Hardy. « Depuis 1608, dit récemment encore M. Rigal, Jeande Schelandre avait étudié Hardy, et c'est à l'imitation de Hardy qu'il avait remanié son œuvre », en « élève singulièrement habile d'un habile charpentier dramatique ». (Ce n'est pas de la tragicomédie que nous nous occupons et nous nous bornerons à remarquer que Hardy, sauf le Théagène et Chariclée qii huit journées, n'a publié que des pièces en une journée *, et que ses tragi-comédies les plus mouvementées sont d'une nature bien différente de Tyr et Sidon, sans parler de l'élément comique qui leur manque.) On n'a vu et l'on ne voit en Schelandre que le représentant le plus audacieux et le mieux doué en 1628 de la tragi-comédie 5 dont le goût régnait depuis une quinzaine d'années. A l'exemple de Petit de Julleville et de M. Rigal, on le place après Théophile et Racan, comme chef du théâtre irrégulier sous Louis XIII, justement à la veille de la renaissance de l'esprit classique.

1. Le Tyr et Sidon de 1628 a été étudié, au point de vue linguistique, par M. Dammholz : Studien ûher die franxpsische Sprache :(u Anfang des XVII. Jabrhunderts im Anschltiss an J. de Schelandre's Tyr et Sidon. Zeitschrift fur fran:(ôsische Sprache u. Litteratur, 1887 (pp. 265-313).

2. Les deux pièces en deux journées que Mahelot attribue à Hardy, Pandoste et Parthènie, sont perdues.

3. L'ouvrage remarquable de M. Henry Carrington Lancaster, The French Tragi-Comedy, its or ig in and devclopment from 1^)2 101628, Baltimore, 1907, thèse de Johns Hopkins University, ne s'occupe naturellement que de la tragi-comédie de 1628. Toutefois l'auteur renvoie à la tragédie de 1608, mais il se sert alors d'expressions si peu exactes qu'il semble ne pas bien connaître les Funestes Amours. Il dit, p. xviii : «...this v&ry première journée did actually appear alone in 1608; with its unh^Tppy dénouement :\nd wasthencalled a tragédie» ; la tragédie de 1608 serait donc la Première Journée publiée séparément. Singulier écho de la vieille erreur traditionnelle ! Et cependant, p. 139, on lit : « The second journée... represents the form of the play thatappeared in 1608. »

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