‹ Tyr et SidonChapitre 81 sur 166 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

[I, I.] Cassandre.

O le plus inhumain de la troupe divine Fils non pas de Venus, mais bien de Proserpine Ennemy capital des douces libertés, Fléau de la raison, tyran des volontés, 5 Redoutable voleur dont les intelligences Forcent en trahizon les plus fortes deffenses, Oui traittant le plus mal tes plus humbles subjets, Tients seul la guarizon des playes que tu fais, Avare en tes présents, prodigue en tes supplices,

10 Petit enfant de corps, vieux routier de malices : Helas ! jusques à quand au fond de tes enfers Sentiray-je tes feux, tes gesnes et tes fers ? Seront donc sans octroy mes prières plus sainctes ? Es-tu comme sans yeux sans oreille à mes plaintes ?

15 Achéve-moy d'un coup, rigoureux Cupidon,

[Seconde Journée,!, i.] i de la race — 2 Vray fils deTisiphone adopté, de Cyprine — 3 de toute liberté — 4 Tyran du jugement et de la volonté — 5-8 supprimés. — 5-10 intervertis. — 9 Avare de présens prodigue de supplices — 10 corps vieux 1608

II Jusques à quand, Amour, au fond — 13 Pourquoy repousses-tu mes prières — 14 sans oreilles aux plaintes — 15-16

Si les dieux sont cléments et tendres au pardon, Tu n'es pas un vray Dieu, rigoureux Cupidon.

Ou dy moy mon forfait, j'en demande pardon.

Depuis l'esclair subtil de tes flammes cruelles, Glissant de l'œil au cœur, et du cœur aux moûelles, Qui me fit adorer d'une folle amitié 20 Soubs un visage d'homme un rocher sans pitié, Comment traine-je encor ma languissante vie ? Comment puis-je porter si longue maladie ? Comment se peut-il faire helas ? qu'un tant de pleurs D'un cours continuel n'ayt tary mes humeurs ?

2) Qu'un brasier tant couvé ne m'ait réduite en cendre ? Que parmy tant de morts la mort ne m'ait sçeu prendre ?

Fut-il jamais en terre une fîlle de Roy Qui receut un destin si muable que moy ? Moy, dont les yeux brillants qui plantoient de leurs flesches îo Un pouvoir absolu dans les cœurs plus revesches, Sont ores tout ternis, et flambeaux abattus Sont, au lieu de rayons, de larmes revestus : Moy qui de gaye humeur, de maistresse et geôlière, Deviens melancholique esclave et prisonnière,

3) D'un thresor ou l'Amour receloit ses attraits. Une ordinaire bute ou se plantent ses traits.

Hélas ! que direz vous, ô Princes plus insignes Du terroir Syrien, que je n'ay trouvés dignes,

16 forfait! en 1608 — 17-20 refondus en / vers :

Depuis que par mes yeux un esclair de ton foudre

Mit en braise mon cœur, mes chastes vœux en poudre, etc.

21 encor mes membres sur la terre — 22 supprimé. — 25 Et comment s'est-il fait qu'un tel torrent de pleurs — 27 jamais au monde — 28-31 En qui le sort parust plus muable qu'en moy, Moy de qui les beaux yeux eschauffoient de leurs flammes Les lieux plus esloignez et les plus froides âmes. Sont ternis tout à coup, et, cierges retournez,

32 de pleurs environnez — 3 3-34

Moy qui, des plus francs cœurs maistresse recogneue. Me trouve d'un captif esclave devenue ;

— 3S assembloit — 36 butte ordinaire — 37 ô beaux et jeunes princes

— 38 Des plus grands que l'Asie eslève en ses provinces

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