‹ Tyr et SidonChapitre 82 sur 166 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Qui par tant de devoirs à ma beauté rendus, 40 Tant de soupirs en vain, tant de pleurs espandus,

Et par tous les tourments de l'amoureuse rage,

(Tourments qu'or je cognois, et trop à mon dommage)

Apres mille travaux, n'avez rien emporté

Qu'un refroigné refus, portier de cruauté : 4) Que direz-vous de moy ? le feu qui me surmonte

Est espris d'un forain qui de moy ne fait conte.

C'est vengeance du ciel qui passe mon forfait ^/^.^^^

Je souffre plus de mal que jamais n'en ay fait,->/; ^y , /

*♦) C est patu' doublement que patir en cachettes, < , /

50 » Ce sont larmes de sang que les larmes secrettes. '" ' ^^^-^

Lors que mon cœur poussé de mouvement soudain

Prépare des discours pour fleschir son desdain.

Je tremble, je rougis, mon audace s'envole

Ma langue à mon palais immobile se cole. 55 Las ! si le voit-il bien, mes gestes seulement

Le descouvrent assés à son beau jugement,

Mais inhumain qu'il est, aveugle volontaire,

Il refuse à me voir de peur de me bien faire. Il est d'autres chaînons de long temps détenu 60 Mon œil est je le sçay d'un autre prévenu.

Ma sœur, ma sœur me nuit, et moins que moy craintive

D'un lien mutuel doucement le captive.

Ha regret nompareil ! que celle qui devroit

39 par devoir exact... rendu — 40 Par fidèle service et par sang espandu

42 (Qu'aujourd'huy je ressens, las, trop — 43 A la fin de vos maux n'en avez remporté — 44 confit en cruauté — 45 me consomme — 46-8 Provient d'un caillou froid qui ne tient rien de l'homme La vengeance du ciel surmonte mes rigueurs Car mesme elle deffend la plainte à mes langueurs — 49 C'est souffrir... que souffrir 51 mouvemens soudains — 52 ses dédains — 53 ma liberté — 55 Las ! si voit-il mon mal; ma mine seulement — 56 Ne l'expose que trop — 58 II ne veut pas me voir d'un regard salutaire — 60 d'un autre œil 63 Crève-cœur non pareil ! Celle qui me devroit

Me céder en tous lieux m'anticipe mon droit : 65 Ah ! fille sans respect, fille déterminée

Voudrois-tu supplanter ta mal-heureuse aisnee ?

Ouy je n'en doute plus, il seroit esbranlé

Par le premier soupir de mon sein désolé,

Eust-il dans la poictrine une roche glaçee 70 Si tes attraits larrons ne m'avoient devancée.

Mais deusse-je invoquant les plus aff'reux Démons

De son trosne arracher la Déesse à trois fronts

Y deusse-je employer de rage débordée

Les gobeaux Circeans, et les ars de Medée, 75 Deusse-je descendant aux antres de la mort

Conjurer les fureurs, le médisant discord,

L'envie au teint plombé, la forte jalousie,

Le soupçon mesfiant, la sombre frenaisie.

Et tout ce qui d'horrible en l'Averne est enclos 80 Je rompray vostre paix, guerre de mon repos.

» Qui veut bastir au seur il ne faut pas qu'il ente

Le nouveau sur le vieil, mais que tout il déplante

Le dessein précèdent pour y fonder le sien :

Et quand ces detourbiers ne m'aideroient à rien. 8) Plustost par un boucon je me verray vengée,

Qu'estre de ce martel à jamais affligée.

Tout-beau, folle Cassandre, a quoy te resous-tu ?

Comment s'est aujourd'huy ta si rare vertu.

Ton naturel accort, ta douceur tant aymee

64 Céder en toute chose anticipe... — 65 Ha !... à me perdre obstinée — 66 Oses-tu — 69 Eust-il le sein rempli d'une

71 appellant tout secours le plus prompt — 72 Arracher de son trosne Hécate au triple front ; — 74 Les gobelets de Circe — 75 descendante — 77 la noire Jalousie — 79 la forte Frenaisie — 79-80 Et tout ce que d'affrtux l'enfer conçeut jamais. Je vous feray la guerre en me donnant la paix. 84 tous ces efforts — 85 un poison — 86 Qu'estre toujours plaignante et jamais soulagée. — 88-9 ceste rare... Ce..., ceste douceur aymée

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