ACTE PREMIER
Dieu qui mieux que Jupin les peut éterniser Et paistre d'un Nectar qu'on ne scait espuiser, Roy non pas en Cythere, en Paphe, en Amathonde En Itale, en Erix, mais bien en tout le monde,
5 Le plus adroit tireur le plus ingénieux Le plus beau, le plus craint, le plus vaillant des Dieux.
Amour qui bien-heurant le malheur de ma prise A guidé mon espoir à si haute entreprise A si brave dessein que l'oser seulement
10 Me seroit trop d'honneur en tout événement : Il a d'une princesse emprunté les deux astres De qui les immortels se rendroient idolastres Et par eux si beau feu dans mon sein allumé Que j'ay trop de plaisir d'en estre consumé,
') Puis pour ravir mes sens d'une rare merveille Il a navré son cœur d'une flèche pareille Si qu'aujourd'huy je puis, ô mortel trop heureux ! Me dire autant aymé que je suis amoureux : Il ne reste qu'un point pour comble de ma gloire,
o II ne reste qu'un fort pour fin de ma victoire, La froide chasteté contre moy le deff^end. Si seray-je bien tost plainement triomphant, » Ce n'est rien du travail ny de la patience, » Quand on a de son but une ferme asseurance.
5 Voicy ma Meliane, ah céleste flambeau !
191 -4 supprimés. — 194 Italie 1608 — 196 le plus fort et le plus craint des dieux — 198 mes pensers