‹ Tyr et SidonChapitre 92 sur 166 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Meliane.

J'entends quelque rumeur.

Belcar.

C'est le Roy ce me semble.

Meliane.

Escarton nous d'icy qu'il ne nous trouve ensemble.

[I, 5.] TiRIBAZE, PhULTER.

Tiribaze.

Ja le Ciel amoureux à rechauffé d'amont

îo Le sein de sa Junon par un germe fécond, Elle est grosse de luy pour enfanter à ternie, Son muable visasse et sa couleur non ferme Esmeuvent dans les corps une guerre d'humeurs, Ja du cuisant Bore les Zephirs sont vainqueurs,

15 Ja le bélier astre qui le monde tempère

Desvest de son dueil blanc nostre fertile mère, Luy redonnant un verd, que le vieillard grison Renfermoit sous la clef d'une froide saison : Ja des bourgeois de l'air les gorges éveillées

o Caressent à l'envy les naissantes fueillees. Quoy ? tout est rajeuny, des Nymphes les chansons

377 C'est ma sœur, ce me semble. — 578 Elle rentre tout court, nous ayant veus ensemble,

[5./., II, 5 (3 dans]).] 379-80

Desja l'air amoureux a reschauffé le germe Dont nature s'esmeut pour produire à son terme ; 381-3 supprimés. — 384 Desjà des aquilons — 385-8 Et desjà le Bélier qui la froideur tempère Oste le voile blaiic à nostre grande mère Luy rendant l'habit vert que la mort des saisons Avoit caché trois mois au coin de ses tisons ; — 389 Desjà des oiselets

391 Et des nymphes de l'eau les bruyantes chansons

Resonnent sur les eaux délivres des glaçons, Mars s'est donné ce mois ; sa riante maistresse Rompt en tous animaux l'hyvernale paresse.

395 Donc qui me tient encor que je ne fay sortir De mes ports brise-flots les antennes de Tyr ? Pourquoy ja mille pins sur les plaines salées N'estendent-ils en l'air leurs voiles empouUees ? Eole nous semond d'un souffler oportun,

400 Je voy doux au montoir les Phoques de Neptun, Qui semblent convier nos carènes dormantes A seillonner son dos de rides escumantes. Que font tant de drapeaux qu'ils ne sont éventés Et voltigeans en plis sur les pouppes plantés ?

405 Mes fantassins crestés n'attendent autre chose,

Qu'une peau bourdonnante interrompe leur pause. Que tarde l'airain creux que de sons esclattans Il ne rassemble en un tous mes forts combatans, Qui frétillent des mains désireux de reprendre,

410 L'honneur que la Fortune à bien ozé deffendre ? Moy qui suis né guerrier nourry le fer au poin, Tousjours la gloire au cœur et en l'esprit le soin Qui or me fait chômer ? faut-il qu'une vieillesse En une oysive paix languissante m'opresse ?

415 Non, non, d'un froid hyver je n'ay rien que le teint,

392 Après un long combat triomphent des gkçons — 393 G Mars, voicy ton mois, Ja... — 394 L'a choisi pour douter... — 396 Du thresor de mes ports la puissance de Tyr ? — 397 Pourquoy mille sapins — 398 Ne font-ils égayer leurs toillesampouUées ? — leur voiles 1608

401 semble — 402 labourer son dos en — 404 montez — 405-6 Veu que mes fantassins impatiens n'attendent Sinon que des tambours les cordages se tendent ? — 407 son esclattans 1608 — 408 rassemble en gros mes braves 412 ...,en la teste — 413-4

Qui me peut amuser ? Faut-il que la vieillesse En trefve languissante avec honte me laisse ?

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