‹ Ubu roi (volume 2)Chapitre 108 sur 138 · FA · texte numérisé non relu

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CorTicEe. — Âhl! je l'ai. (Une explosion retentit et l’ours tombe mort.)

Pire ET CoTicE. — Victoire!

PÈRE UBU. — Sed libera nos a malo. Amen. Enfin, est-il bien mort? Puis-je descendre de mon rocher P |

Pile, avec mépris. — Tant que vous voudrez.

PÈRE UBU, descendant. — Vous pouvez vous flatter que si vous êtes encore vivants et si vous foulez encore la neige de Lithuanie, vous le devez à la vertu magnanime du Maître des Finances, qui s’est évertué, échiné et égosillé à débiter des patenôtres pour votre salut,

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et qui a manié avec autant de courage le glaive spirituel de la prière que vous avez manié avec adresse le temporel de l'ici présent Palotin Cotice coup-de-poing explosif. Nous avons même poussé plus loin notre dévouement, car nous n'avons pas hésité à monter sur un rocher plus fort pour que nos prières aient moins loin à arriver au ciel.

Pie. — Révoltante bourrique | |

Père UBu. — Voici une grosse bête. Grâce à moi, vous avez de quoi souper. Quel ventre, messieurs! Les Grecs y auraient été plus à l'aise que dans le cheval de bois, et peu

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s'en est fallu, chers amis, que nous n'ayons pu aller vérifier de nos propres yeux sa capacité intérieure. |

PILE. — Je meurs de faim.

Que manger ? :

CorTice. — L'ours!

PÈRE UBu. — Eh! pauvres gens, allez-vous le manger tout cru? Nous n'avons sien pour faire du feu.

PILE. — N’avons-nous pas nos pierres à fusil P

PÈRE UBu. — Tiens, c’est vrai. Et puis, il me semble que voilà non loin d'ici un petit bois où il doit y avoir des branches sèches. Va en chercher, Sire Cotice. (Cotice s'éloigne à

travers la neige.)

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