‹ Uchronie l'utopie dans l'histoireChapitre 2 sur 80 · AVANT-PROPOS DE L’ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE L’ÉDITEUR

Le manuscrit latin du curieux ouvrage que nous donnons au public porte ce simple titre : Uchronia. La suite, en français, d’une autre main que le corps du livre, nous désigne comme l’auteur un moine de l’ordre des Frères Prêcheurs, dont la famille et la patrie ne sont point indiquées, mais qui serait mort à Rome, dans la première année du xviP siècle, victime de l’inquisition romaine, un peu après Giordano Bruno. Les caractères extérieurs du manuscrit, que son possesseur actuel a pu apprécier trèscompétemment, confirment celte date, et donnent celle du commencement du xviu0 au morceau le plus récent do la suite dont nous venons de parler. La première partie

de cet appendice explique l’origine de l’ouvrage, et la manière dont il vint aux mains d’un reformé, de famille française, établie en Hollande, qui nous raconte son histoire et les aventures de son père. L’ouvrage en lui-mèmc suppose. chez l’auteur une instruction libre et étendue, des notions en bien des choses de science, très-épurécs pour son temps, et des sentiments plus rares encore. C’est le seul motif que nous puissions admettre d’en suspecter l’authenticité, mais ce motif suffi l d'autant moins, que les idées de ce moine, extraordinaires en 1000, paraîtront encore étranges à la plupart de nos lecteurs.

Il s’agit de l’histoire d’un certain moyen Age occidental que l’auteur fait commencer vers le premier siècle de notre ère et finir dès le quatrième, puis d’une certaine histoire moderne occidentale qui s’étend du cinquième au neuvième. Mais cette histoire, mêlée de laits réels et d’événements imaginaires, est en somme de pure fantaisie, et la conclusion de ce livre singulier s’éloigne on ne peut plus de la triste vérité. L’écrivain compose une uchronic, utopie des temps passés. Il écrit l’histoire, non telle qu’elle fut, mais telle qu’elle aurait pu être, à ce qu’il croit, et il ne nous avertit ni de ses erreurs volontaires, ni de son but. Arrivé au terme seulement, il pose la liberté morale de l’homme, en guise de fondement et de réalité sérieuse

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