‹ Uchronie l'utopie dans l'histoireChapitre 3 sur 80 · AVANT-PROPOS DE L'ÉDITEUR. III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE L'ÉDITEUR. III

de son œuvre, mais sans quitter la fiction; car, supposant alors que certains personnages eussent pris d’autres résolutions qu’ils n’ont fait il y a quinze cents ans, et ces résolutions-là sont celles qu’ils ont véritablement prises, il montre en peu de mots les conséquences de leurs actes, il fait pressentir toute la suite des calamités possibles, interminables, qui en seraient sorties; et ces calamités sont celles qu’ont éprouvées nos pères et qui pèsent sur nous encore. On verra que l’un des auteurs de l’appendice a insisté, peut-être un peu lourdement, sur cet aperçu des faits réels. Le moine, auteur de 1 ’Uchronie, ne laisse ses passions s’y trahir qu’un moment. Partout ailleurs, vous diriez une sorte de Swedenborg de l’histoire. Visionnaire qui rêve le passé, il s’exprime avec la même assurance que ferait l’historien le plus sage et le plus attentif à expliquer la série philosophique des événements.

La publication de ce manuscrit eût été impossible il y a deux siècles ou plus. Ce n’est pas que les institutions aristocratiques ou monarchiques y soient attaquées violemment; la généralité du point de vue et l'élévation de la pensée éloignaient tout danger à cet égard. Ce n’est pas non plus que la religion catholique s’y trouve outragée : elle n’y est seulement point discutée. Mais supposer que le christianisme aurait pu ne pas triompher ancienne-

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